Le Québec...nation-mémoire

La commémoration au service de l'identité québécoise

Tribune libre

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Un article paru dans Le devoir du 16 mars sous le titre [« Mémoire collective- Commémorer le Québec pour forger son identité »->46174] et signé par Chantale Trottier, présidente du Mouvement national des Québécois, mérite, à mon sens, qu’on s’y arrête et qu’on essaie d’y puiser les idées maîtresses qui pourraient raffermir les sentiment patriotique des Québécois. Aussi ai-je cru important de reprendre les réflexions et les propositions de Mme Trottier qui m’ont particulièrement intéressé dans l’intention de nous ouvrir à la nécessité d’établir une véritable « politique de la commémoration ».
D’entrée de jeu, la présidente du MNQ identifie le Québec, selon les termes de l’historien Pierre Nora, de « nation-mémoire », « une nation qui a trouvé historiquement dans la narration de son propre parcours les raisons communes nécessaires à la poursuite d'un destin singulier. »

Chantale Trottier évoque ensuite l’engouement des Québécois pour l’histoire en général mais aussi pour l’histoire du Québec en particulier : « Les Québécois sont friands d'histoire. Ce qui n'est pas surprenant pour une petite nation aussi attachée à son identité. Chaque année, la Fête nationale…nous rappelle à quel point ici le sentiment national n'est pas entretenu artificiellement et à quel point, aussi, il irrigue partout la culture populaire, dans ses nombreuses manifestations, qu'il s'agisse du cinéma ou des nombreux festivals qui valorisent d'une manière ou d'une autre les nombreuses dimensions de notre culture. »
Toutefois, afin de pallier les risques d’oubli véhiculés dans un passé
« muséifié », ou de « repentance » qui n’engendrent qu’une forme de
« culpabilisation identitaire », Mme Trottier suggère de « reprendre à neuf la question de la mémoire publique dans notre société, et situer cet enjeu à la lumière des pratiques commémoratives telles qu'elles existent dans la société contemporaine. Autrement, qui dit commémoration dit également politique de commémoration. »
À partir d’une étude qui comparait les pratiques commémoratives dans plusieurs sociétés ressemblant d'une manière ou d'une autre au Québec, le MNQ est parvenu à une évidence : sur le plan institutionnel, le Québec est un désert commémoratif. Si on trouve au Québec comme ailleurs des pratiques commémoratives, on ne trouve aucune politique de commémoration structurée susceptible de revaloriser l'usage public de la mémoire.
En conséquence, selon Mme Trottier, « il importe de développer une authentique politique de commémoration correspondant à la mission identitaire de l'État québécois. Car ce dernier a un rôle fondamental à jouer dans la préservation de la mémoire collective…C'est sa propre légitimité nationale que confirmerait l'État québécois en mettant de l'avant une politique de commémoration qui rappellerait ainsi qu'il représente non seulement une instance administrative parmi d'autres, mais l'incarnation politique d'un peuple, d'une expérience historique. »
Enfin, aux yeux de la présidente du MNQ, il est primordial de « convaincre l'opinion publique de l'importance vitale de la question de la commémoration dans la défense de l'identité québécoise…et les décideurs de la nécessaire ouverture du chantier de la commémoration dans notre société, …une politique qui correspondrait aux attentes les plus profondes de notre peuple. »
Henri Marineau
Québec

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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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