L’occasion ratée de Mad Max

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Quel problème y a-t-il à dénoncer l'islamisation de l'Occident ?



Le Parti populaire de Maxime Bernier jure qu’il ne cherche pas à attiser l’intolérance à des fins politiques avec ses positions identitaires tranchées. Ceux qui en doutent ne seront pas rassurés suivant le premier congrès du parti.




La formation libertarienne tenait un premier grand rendez-vous depuis sa fondation, cette fin de semaine, à Gatineau.




Quelque 500 personnes ont fait le voyage, des quatre coins du pays. Une démonstration de force impressionnante, pour un si jeune parti.




Enflammé




Tous les ingrédients étaient réunis pour faire de ce rassemblement un véritable meeting politique : une grande salle feutrée dans un hôtel de luxe, des centaines de partisans, des litres de café et des bouchées.




Sans oublier les discours.




Le Parti populaire se vante de faire les choses autrement que les partis traditionnels représentés à Ottawa. Il n’a pas déçu.




L’orateur invité à réchauffer la salle, avant que Mad Max prenne la parole, s’est livré à une diatribe acerbe bourrée de référence à l’islamisation du Canada.




Maxime Bernier soutient depuis des mois que l’immigration de masse menace la cohésion sociale.




Benjamin Dichter en a rajouté une épaisse couche.




Le Parti libéral et le Parti conservateur sont selon lui « infestés par les islamistes » pendant que « l’islam politique » cogne à nos portes.




Dans sa conférence de presse de clôture, M. Bernier ne s’est pas dissocié de ces propos. Il n’a pas voulu, non plus, dire ce que signifie pour lui l’expression « islam politique ».




Il s’est contenté de renvoyer la balle dans les camps libéraux et conservateurs, qu’il accuse de se plier aux intérêts des groupes religieux.




M. Dichter affirme être un membre du Parti conservateur du Canada qui s’est récemment converti au PPC.




Extrême droite




Il a ensuite semblé faire des appels du pied à l’alt-right, en invitant la salle à convaincre famille et amis de « prendre la pilule rouge » (take the red pill).




Ce terme est utilisé dans les sphères alt-right, qui regroupe notamment les suprémacistes blancs, les néonazis et les conspirationnistes. Il s’agit d’un message codé qu’utilisent ceux qui souhaitent convertir leur entourage aux idéologies de l’extrême droite.




En point de presse, Maxime Bernier a rejeté du revers de la main cette théorie.




Le Beauceron flirte avec les franges les plus radicales de la société depuis qu’il a claqué la porte du parti conservateur il y a un an.




Mad Max assure qu’il n’y a aucune place chez lui pour les racistes, les bigots, les antisémites ou les adeptes des théories du complot.




Il a néanmoins dû composer récemment avec le départ en bloc de militants inquiets de voir ce genre de gens infiltrer le parti.




Maxime Bernier tente désespérément d’obtenir une place aux débats des chefs, ce qu’on lui refuse pour l’instant.




Comme carte de visite, son congrès a été à moitié réussi.