L'histoire nécessite des efforts et du temps

17. Actualité archives 2007



À propos des résultats du [dernier sondage sur l'état lamentable de nos connaissances en histoire->7424], Jack Jebwab, directeur de l'AEC indiquait qu'un des facteurs qui explique cette situation est le fait que trop d'énergie au Québec a été épuisée depuis des années à débattre des contenu des cours d'histoire et de leur reflet exact sur l'héritage collectif, négligeant par ailleurs l'essentiel, soit le niveau des connaissances à atteindre.
À mon avis, celui-ci aurait pu aussi souligner que ce débat lié à des préoccupations idéologiques et politiques, a sûrement affaibli l'intérêt des étudiants et du public pour cet aspect de notre culture. À l'époque, ce qui importait avant tout, c'était d'insister sur le rôle des facteurs responsables de notre élan vers la modernité, plutôt que de comprendre la complexité de notre passé jugé difficile et trop lourd à assumer. C'est donc dans ces perspectives nouvelle que l'histoire sera enseignée, perspectives qualifiées par certains de révisionnistes.
Les travaux des historiens issus de cette école visaient avant tout à mettre en évidence l'histoire contemporaine du Québec au détriment des périodes plus lointaines et les institutions qui ont façonné notre héritage. Pour schématiser, disons que pour y arriver ils ont eu à faire des choix, à construire des ensembles qui ont eu pour effet de négliger ou d'occulter des dimensions essentielles de notre évolution. À cet égard, Le Devoir il y a quelques mois, dans une polémique lancée par Denise Bombardier a mis en lumière les conséquences négatives d'une telle démarche pour toute une génération de Québécois, ce dont témoignent les résultats de ce sondage.
J'ajouterai enfin la considération suivante: l'histoire est à la fois un ensemble de connaissances souvent abstraites et une discipline qui a des exigences qui demandent du temps, de l'effort et un environnement stimulant. Cela doit se refléter dans l'école et dans la société. Or, l'école québécoise au terme de ses multiples réformes, c'est devenu un évidence, poursuit des objectifs d'un tout autre ordre. Il serait donc bien surprenant que le programme revu et corrigé prévu par la réforme puisse atteindre ces objectifs. Pauvre consolation, on vient d'apprendre par un sondage semblable que la situation est la même dans le reste du pays.
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Claude Poulin, Sillery


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