L'héritage controversé de l'Église catholique canadienne-française

L'âme des peuples se trouve dans leur histoire

L’ÉGLISE-NATION
« L’État, c’était d’abord l’Église. Pourquoi en eût-il fallu un autre? »

- Fernand Dumont, Le sort de la culture, p. 257

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S’il est un objet d’étude qui ne laisse personne indifférent et pour lequel « l’intérêt de connaissance » semble tout à la fois irrégulier et intarissable, c’est bien l’étude de la religion. Pour les uns, la sécularisation poursuit son oeu­vre d’érosion de l’influence sociétale des Églises historiques; pour les autres, le monde n’a jamais été aussi « furieuse­ment religieux » qu’aujourd’hui; pour d’autres, à mi-chemin entre les schémas de la disparition et du retour du religieux, persistent une infinie recomposition de religiosités individuelles ainsi qu’une di­versité de rapports nationaux aux Églis­es; tout cela, bien sûr, en sus des clivages bien campés entre athées, agnostiques et croyants. Dans tous les cas, un consensus harmonieux sur l’état et l’avenir de la re­ligion n’est pas en vue.

Les mémoires divergentes de l’Église catholique

La francophonie canadienne ne semble pas faire exception à cette règle. Dans son cas, toutefois, c’est moins l’état actuel de la religion qui suscite l’attention des intellectuels que l’influence historique de l’Église catholique comme institution d’encadrement social du Canada fran­çais (1840-1960). Autrement dit, non pas l’Église catholique réfléchie du lieu de la vérité ou de la fausseté de son dog­me, ni de l’authenticité ou de la force de l’expérience spirituelle qu’elle ferait vivre – aussi importants soient-ils — mais, bien plutôt, du lieu des effets sociaux et collectifs de ses institutions et de ses valeurs. En francophonie canadienne, ce sont précisément ces effets qui sont tour à tour jugés considérables ou négligeables, bénéfiques ou désastreux, et ce, dans de multiples mémoires où l’interprétation régionale tient pour beaucoup1.

En effet, selon Gilles Viaud, la présence de l’Église catholique a été des plus bé­néfique pour les communautés franco­phones de l’Ouest canadien, au point où aucune institution contemporaine (pro­vinciale ou nationale) n’a su la remplacer depuis son affaiblissement : « Malgré son statut minoritaire et son éparpillement, et surtout grâce au leadership et au dy­namisme de l’Église, la culture française s’enracina à travers tout le territoire […] Le vide créé par la perte d’influence du clergé n’a toujours pas été comblé. »2 C’est une analyse semblable que l’on retrouve chez Gaétan Gervais, du lieu de l’Ontario français : « Si le clergé catholique, notamment par ses com­munautés religieuses, a joué un grand rôle dans la vie des minorités, c’est qu’il possédait les ressources financières et humaines nécessaires à l’établissement et au maintien des institutions scolaires, religieuses et culturelles. De tous les liens qui unirent les diverses commu­nautés françaises du Canada, aucun ne compta plus que le réseau clérical qui recouvrit l’ensemble du pays. »3

Au contraire, au Québec, selon Robert Mager et E.-Martin Meunier, la question du rapport à l’Église catholique se trouve circonscrite, depuis la Révolution tran­quille et les années 1960, à un « procès sociohistorique [où] le fait religieux, quel qu’il soit, [va] peu à peu être rapporté au vecteur unique de la tradition dont il fa[ut] désormais se débarrasser. »4 Cette tradition répudiée, c’est celle d’un Canada français « dominé par un clergé autocratique extrêmement jaloux de ses pouvoirs et opposé à la démocratie, à la modernisation ou au progrès social, [où] le Québec, disait-on, était un bled rural où régnaient la pauvreté, l’analphabétisme et le despotisme politique.»5 Ainsi, au Québec, l’Église catholique est présentée comme l’institution première d’un passé honteux, que le qualificatif « Grande Noirceur » évoque énergiquement. Elle aura été, en quelque sorte, l’institution dont on s’accommode tout au plus et qui aura surtout freiné l’évolution naturelle du Québec vers une plus grande autono­mie, un plus grand contrôle politique, économique et culturel6.

De manière idéal-typique, il semble y avoir deux grandes mémoires histo­riographiques de l’Église catholique, celle des francophones hors Québec et celle des Québécois7. Si la première ac­corde un rôle historique positif à l’Église catholique, la seconde y voit plutôt une tare sociohistorique. Si, pour la mé­moire québécoise, le déclin de l’Église catholique ouvre la voie à de plus grandes possibilités d’épanouissement individuel et collectif, pour celle des francophones hors Québec, le déclin augure plutôt la fin, non pas insurpassable, mais ter­minale tout de même, de projets et d’institutions nationales qui auront été bénéfiques. Comprenons-nous bien : tant dans les communautés francophones hors Québec qu’au Québec la rupture d’avec l’Église catholique comme institu­tion d’encadrement social est consom­mée et la laïcisation des institutions fran­cophones est achevée, le tout avec son lot de transformations attendues, dont la démocratisation des institutions et une définition plus inclusive de la collectivité.

Ce qui nous intéresse ici c’est de tenter de comprendre la raison pour laquelle semblent exister deux mémoires et deux récits de l’Église catholique. Car, pen­sons-nous, comprendre ce qui unit et distingue ces mémoires, c’est peut-être mieux comprendre la diversité des défis de la condition francophone canadienne.

Genèse et oeuvres de l’Église-nation canadienne-française

C’est suite à la Rébellion des Patriotes (1837-1838), et surtout à l’Acte d’Union (1840) que l’Église catholique connut un essor certain. En effet, l’échec des Rébel­lions8 conduisit une bonne part des élites politiques libérales, parlementaires et marchandes, à être écartées, marginali­sées ou exilées du pays, laissant l’Église catholique seule institution nationale francophone en Amérique du Nord. À ce vacuum des élites s’ajouta une péri­ode de précarité politique et institution­nelle : sous la recommandation de Lord Durham, mandaté par le gouvernement britannique, l’Acte d’Union (1840) est prononcé et le Haut et le Bas-Canada sont unis sous un même parlement où l’exécutif est nommé par la Couronne et où le législatif se compose à égalité de députés francophones et anglophones malgré la prépondérance démographique des premiers. L’objectif est clair : élimi­ner définitivement les ambitions nation­alistes des Canadiens français en suppri­mant les institutions qu’ils avaient en propre, en les plaçant directement sous un gouvernement britannique, et ce, al­ors même que s’intensifie l’urbanisation et que débute l’exode démographique des Canadiens français vers les États-Unis et l’ouest du pays. Sans institutions dis­tinctes, les Canadiens français sont sous l’influence directe d’un milieu urbain et/ou provincial dominé par les élites économiques et politiques anglo-protes­tantes et risquent l’assimilation9p>

C’est notamment en raison de ces facteurs contextuels, où certains lieux et certaines activités (l’économie, notam­ment) sont dominés par la population anglo-protestante, que l’Église catholique conservera une frilosité avouée face à certains processus dits de modernisa­tion (urbanisation, industrialisation, démocratisation, individualisation, étatisation), tout autant de vecteurs et de milieux potentiels et souvent avérés de l’assimilation des Canadiens français catholiques : « tout semble dit comme si la ‘référence nationale’, qui s’élabore dans les années de désillusion à la suite de la défaite de 1837-1838 et à l’Union forcée des deux Canada, prenait au pied de la lettre l’incompatibilité affirmée par Durham entre la nationalité canadienne-française et les valeurs de la civilisation moderne. ‘Si la modernité est dommage­able à notre nationalité, semble-t-on dire, refusons-la.’ »10 À une définition plus politique de la nation, véhiculée notamment par les Patriotes, sera pré­férée une définition culturelle ou soci­ologique « caractérisée par l’unité de la religion, de langue et de coutumes, la nation, aux yeux du clergé, ne doit pas sa perpétuation à l’État, mais à sa cohé­sion interne et à une volonté farouche de préserver ses traits culturels et ses insti­tutions. »11

Ce sont ces préférences pour la campagne plutôt que la ville, pour les études classiques plutôt que l’économie ou la science, pour l’Église plutôt que l’État, pour la concertation nationale des élites plutôt que la démocratie individu­elle, qui lui seront reprochées plus tard. Notons toutefois que ces préférences n’éliminaient aucunement l’existence, voire le développement de ces autres do­maines, au Québec comme à l’extérieur du Québec; seulement, ils n’étaient pas activement prisés par l’Église12.

Ainsi, le contexte de précarité col­lective qui suivit l’Union rendit le rôle de l’Église catholique, comme institu­tion francophone nationale, viscéral : « désormais, [la culture canadienne-française] se transforme sensiblement sous la double impulsion du renouveau religieux et de l’institutionnalisation ec­clésiastique, affichant une formidable aptitude d’adaptation à un moment cri­tique de l’histoire des Canadiens fran­çais. La religion devient la clé de voûte de la culture canadienne-française. »13 C’est ainsi qu’« écarté du pouvoir poli­tique, le Canada français s’organisa, sous la tutelle cléricale, pour créer un réseau privé d’institutions. »14 En marge d’institutions dominantes qu’elle craint15, en marge des lieux et activités dominés par les Canadiens anglais, dont le com­merce et les villes, l’Église construit, bâtit et institutionnalise les communautés francophones du Canada à l’aide d’une main-d’oeuvre religieuse qui ne lésine pas sur les heures de travail et qui de­mande pour seule rémunération le lo­gis et le pain quotidien.

Toute dévouée, elle construit et gère « les centres d’hébergement et les bureaux d’emploi pour jeunes femmes seules, les hospices pour vieillards et infirmes, les écoles et asiles pour handicapés, les hôpitaux et centre d’accueil pour filles-mères, les orphelinats et les garderies. »16 Surtout, l’Église catholique met sur pied un im­portant réseau d’enseignement, allant du primaire à l’universitaire, qui assure une éducation et une socialisation fran­cophone et catholique dans l’ensemble du Canada. Tout au long du 19e et 20e siècles, d’ajouter l’historien Roberto Per­rin, l’Église catholique multipliera et di­versifiera ses institutions pour s’adapter aux nouvelles réalités industrielles de la société.

Autrement dit, et en reprenant le vo­cabulaire de l’État-nation, l’Église-na­tion contribue à l’institutionnalisation, à l’homogénéisation culturelle et à la territorialisation (du moins au Québec) de la nation canadienne-française en s’assurant du partage de référents et de valeurs semblables et distinctes dans l’ensemble de sa population dissémi­née au Canada. D’ailleurs, de dire Gilles Viaud, « le modèle de peuplement fa­vorisé par le clergé francophone dès les débuts de la colonisation de l’Ouest fut calqué de toutes pièces sur la paroisse rurale québécoise. […] On importa dans ces villages toutes les institutions ou as­sociations chères aux colons québécois; les sociétés Saint-Jean-Baptiste, les as­sociations catholiques et de jeunesse canadienne-française et bien d’autres groupements de ce type fleurirent sur les sols accueillants de l’Ouest »17, sols que l’Église catholique, dans multiples cam­pagnes de colonisation, encouragera à occuper et à exploiter, notamment pour freiner la migration vers les États-Unis et les villes18.




Pour une réappropriation nuancée de la mémoire de l’Église-nation

Comment comprendre à la lumière de ce processus nationalitaire sensiblement uniforme dans l’ensemble de la franco­phonie canadienne l’apparente diver­gence des mémoires consacrées à l’Église catholique? N’ont-elles pas toutes béné­ficié du même travail de « nation-build­ing »? Proposons une hypothèse.

Pour les francophones hors Québec, démographiquement et politiquement minoritaires sur leurs territoires provin­ciaux, la participation à l’Église-nation catholique les intégrait à un projet de société national qui permettait, de facto, de faire société. En effet, la participation à un projet sociétal plus vaste aurait ex­trait, en quelque sorte, les francophones hors Québec de leur statut minoritaire, à tout le moins sur le plan identitaire, ré­férentiel et institutionnel : par un prodi­gieux renversement de perspective, de minoritaires démographiques à majori­taires nationaux, le projet canadien fran­çais faisait des francophones hors Québec le fer de lance de la nation canadienne française en Amérique : ils devenaient l’avant-garde d’une nation francophone majoritaire, conquérante, dotée de nom­breuses institutions, elles-mêmes au­réolées de la gloire romaine. Rattachés à des institutions et des projets nationaux, les Canadiens français hors Québec par­ticipaient et réalisaient, symboliquement et concrètement, une intention nationale.

Pour les Québécois toutefois, dé­mographiquement majoritaires sur leur territoire mais minoritaires sur le plan du contrôle des principaux leviers de la prov­ince, l’alternative étatiste et laïque, où les institutions québécoises ne relèveraient plus de Vatican mais uniquement de Qué­bec, ne pouvait faire autrement que de rester une option. Dès lors et paradoxale­ment, à mesure que l’Église catholique parvenait à éduquer, à conscientiser et à nationaliser le territoire québécois, donc à amener les Canadiens français à obtenir un statut correspondant à leur poids dé­mographique, et plus le projet de faire so­ciété devenait plausible et plus les limites historiques et identitaires que posait le clergé pour atteindre ces buts semblaient indues. Pour reprendre Michel Brunet, néonationaliste québécois, « la nation canadienne-française du Québec fait face à une échéance qu’elle n’a pas la liberté de reculer. Continuera-t-elle à subir presque sans réagir les tragiques déterminismes de son histoire depuis la Conquête? Ou saura-t-elle utiliser efficacement tous les moyens d’action dont elle dispose pour les dominer dans la mesure où elle en a en­core la liberté? »21

Ajoutons à cette volonté renouvelée de maîtrise du milieu québé­cois qu’au Québec, l’influence de l’Église catholique ne pouvait faire autrement que d’être davantage ressentie que chez les francophones hors Québec : le statut monopolistique de l’Église catholique lui donnait davantage, en quelque sorte, les coudées franches, au risque avéré de rendre sa présence plus pesante. Sché­matiquement, ce sont en quelque sorte ce poids et ces possibles qui auront fait céder le Québec aux alentours de la Révolution tranquille et qui auront teinté autrement les mémoires collectives.

Ainsi, bien loin d’être un démenti aux oeuvres de l’Église catholique, l’étatisation et la « politisation » du Québec au tour­nant des années 1960 ne démontrent, nous semble-t-il, que le lent et fastidieux travail préalable d’institutionnalisation et de nationalisation des Canadiens fran­çais. Un travail préalable qui aura doté les anciens colons français d’institutions assurant leur reproduction distincte, en plus de leur insuffler une conscience, une intention et une référence nationales qui pousseront à la défense et à la promotion de la nation canadienne-française par­tout en territoire canadien; mieux, elle aura fait de l’existence des francophones en Amérique du Nord la mission naturel­le, prédestinée, de la nation canadienne-française. Oublier le rôle joué par l’Église catholique, tant chez les francophones hors Québec que chez les Québécois, c’est oublier la genèse des communau­tés francophones au Canada, ainsi que les raisons et les stratégies, complémen­taires et différentes, de l’intention na­tionale des francophones au Québec et hors Québec. C’est notamment le risque d’oublier, pour les francophones hors Québec, l’importance d’institutions na­tionales, proprement trans-provinciales, et pour les Québécois, c’est peut-être le risque d’oublier que la francophonie a été, et demeure encore, un combat de longue haleine. In fine, souvenons-nous que « l’Église [catholique des Canadiens français] ne s’est pas contentée de prêch­er. Elle a également agi. »22


Références

1 Voir notamment les travaux de Ronald Ru­din, « Revisionism and the Search for a Nor­mal Society : A critique of Recent Quebec His­torical Writing », Canadian Historical Review, LXXIII, no 1, 1992, pp. 30-61 et Gilles Bourque, « Histoire, nation québécoise et démocratie ou ne nous en sortirons-nous jamais? », p. 189, dans Les impasses de la mémoire. Histoire, filiation, nation et religion, E.-Martin Meunier et Joseph Yvon Thériault (dirs.), Fides, Mon­tréal, 2007.
2 Gilles Viaud, « La géographie du peuple­ment francophone de l’Ouest », dans Joseph Yvon Thériault (dir.), Francophones minori­taires au Canada – l’état des lieux, Moncton, Les Éditions de l’Acadie, 1999, pp.88-94
3 Gaétan Gervais, « L’histoire de l’Ontario français (1610-1997), dans Joseph Yvon Thé­riault (dir.), Op cit., p. 153.
4 Rober Mager et E.-Martin Meunier, « In­troduction. L’intrigue de la production moder­ne du religieux au Québec », dans La religion au Québec. Regards croisés sur une intrigue moderne, Robert Mager et E.-Martin Meunier (dirs.), GLOBE. Revue internationale d’études québécoises, vol. 10, no 2 et vol. 11, no 1, p. 15.
5 Hubert Guindon, « Le Québec et la ques­tion du Canada », dans Tradition, modernité et aspiration nationale de la société québécoise, Éditions Saint-Martin, Montréal, 1990, p. 172.

6 Voir notamment Les impasses de la mé­moire. Histoire, filiation, nation et religion, E.-Martin Meunier et Joseph-Yvon Thériault (dirs.), Fides, Montréal, 2007, 385 pages.
7 Voir notamment pour un diagnostique semblable Linda Cardinal, « Le Canada fran­çais à la lumière des États généraux : critique de la thèse de la rupture », dans Les États gé­néraux du Canada français, trente ans après, Marcel Martel et Robert Choquette (dirs), CRCCF, Université d’Ottawa, 1998, p. 216. Ce qui ne veut pas dire pour autant que l’un ou l’autre soit plus religieux aujourd’hui. Seule­ment, le rapport à la mémoire de l’Église ca­tholique diffère. Au contraire, ils sembleraient aussi religieux, à tout le moins dans le rapport identitaire et culturel à l’Église catholique. Voir E.-Martin Meunier, Laniel, Jean-François et Jean-Christophe Demers, « Permanence et recomposition de la religion culturelle : aperçu socio-historique du catholicisme québécois (1970-2005)», Religion et modernité au Qué­bec, Robert Mager et Serge Cantin (dirs.), Québec, PUL, 52 pages (Accepté. À paraître automne 2009).
8 Notons que l’Église catholique aura incité ses paroissiens à ne pas participer à l’insur­rection, qu’elle aura excommunié certains Pa­triotes, et qu’elle aura reçu en échange le droit d’augmenter ses effectifs et d’acquérir davan­tage de propriétés privées. Toutefois, de noter de manière nuancée Fernand Dumont, l’auto­rité de l’Église en matière nationale n’était pas indue. Autrement dit, la population partageait probablement, en quelque sorte, son jugement politique. Voir Fernand Dumont, Genèse de la société québécoise, Boréal, Montréal, 1993, pp. 177-189. Voir également le débat sur le re­nouveau, réveil ou acculturation religieux au tournant des années 1840 entre René Hardy et Louis Rousseau.

9 Roberto Perrin, Ignace de Montréal. Arti­san d’une identité nationale, Boréal, Montréal, 2008, p. 54.

10 Joseph Yvon Thériault, Critique de l’amé­ricanité. Mémoire et démocratie au Québec, Québec Amérique, Montréal, 2005, p. 296- 297.

11 Lucia Ferretti, Brève histoire de l’Église catholique au Québec, Boréal, Montréal, 1999, p. 86.
12 Voir notamment les travaux de E.-Martin Meunier et Jean-Philippe Warren, Lucia Fer­retti, Roberto Perrin ainsi que Ronald Rudin quant aux activités « modernes » de l’Église catholique.

13 Roberto Perrin, Op cit., pp. 127-128.

14 Gaétan Gervais, Op cit., p. 151.
15 Hubert Guindon, « La Couronne, l’Église catholique et le peuple canadien-français ou les racines historiques du nationalisme québé­cois », dans Tradition, modernité et aspiration nationale de la société québécoise, Op cit., pp. 135-154.

16 Roberto Perrin, Op cit., p. 92-93.

17 Gilles Viaud, Op cit., p. 88.

18 Lucia Ferretti, Op cit.

19 Roberto Perrin, Op cit., p. 175.

20 Fernand Dumont, Op cit., p. 92-93.

21 Michel Brunet, « Trois dominantes de la pensée canadienne-française : l’agricultura­lisme, l’anti-étatisme et le messianisme », dans La présence anglaise et les Canadiens, Beau­chemin, Montréal, 1964, p. 166.

22 Hubert Guindon, Op cit., p. 150.


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16 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    9 février 2012

    Le combat pour la justice et la vérité se déroule aussi dans l'Église.
    http://www.journal-la-mee.fr/16800-benoit-xvi-theologie-de-la
    Il faut sortir de l'anachronisme de la révolution tranquille quand on s'exprime sur l'Église catholique, cette époque est révolue. Plusieurs le comprennent, d'autres semblent incapables de se distancier de leurs crispations à l'emporte pièce, un peu décevant...
    GV

  • Oscar Fortin Répondre

    9 février 2012

    La nostalgie d’un passé, la résurgence d’une Église que Vatican II ainsi que de nombreux théologiens et croyants ont remise en question, me laissent avec plus d’interrogations que de réponses. Il n’y a pas si longtemps je publiais une réflexion qui portait le titre « Et si l’humanité était église quels en seraient les sacrements? » http://les7duquebec.com/2011/11/27/et-si-lhumanite-etait-eglise-quels-en-seraient-ses-sept-sacrements/
    Je suis croyant et en même temps je pense que tous les bouleversements qu’a connus l’Église catholique tout au long des 50 dernières années ne peuvent que la rapprocher d’avantage, non pas d’elle-même, mais de l’humanité pour laquelle elle est porteuse d’un message de justice, de vérité, de solidarité, de compassion. Le jour où elle retrouvera sa liberté évangélique la rendant capable de dénoncer, haut et fort, l’hypocrisie qui enveloppe ceux et celles qui décident du destin de nos vies et de nos peuples de même que les mensonges par lesquelles ils nous manipulent et nous endorment, nous pouvons alors dire qu’elle commence à retrouver son âme. Je pense que ceux et celles qui liront ma réflexion donnée en référence verront ce qu’il en retourne de l’Église.
    Je ne voudrais pas offenser personne par ce bref commentaire et encore moins l’auteure de ce texte que je devrai sans doute relire.

  • Archives de Vigile Répondre

    9 février 2012

    Message à J.C.Pomerleau
    1 - Le texte de ce monsieur essaie de nous ramener l'Église catholique dans le décor. En ce qui me concerne, on l'a assez vue. La religion c'est de la boulechite et Dieu c'est une arnaque.
    2 - L'État doit appartenir aux citoyens. Dans la démocratie de représentation actuelle, il est contrôlé par une petite élite aristocratique au service de l'Argent et des riches. Si on n'a pas le courage de remettre en cause la démocratie de représentation, l'élection et les élus, on perpétuera cet état de fait. Remplacer Jean Charest, par François Legault ou Pauline Marois, c'est changer 4 trente sous pour une piastre.
    Pierre Cloutier

  • Jean-Claude Pomerleau Répondre

    9 février 2012

    "Hors tout, la thèse de l’Église Nation n’est qu’une réédition contemporaine d’extrême droite d’idées réactionnaires, obscurantistes et antidémocratiques, tout comme l’est, d’ailleurs, celle de "l’État organique" dont les promoteurs cachent la véritable affiliation idéologique et méprisent au plus haut point la volonté des citoyens."
    ...
    Cette récusation péremptoire ne passe pas le test de la réalité historique.
    UN . L'Église de Rome a joué un rôle de premier plan comme institution politique dans notre histoire. C'est à partir de ses capacités de structurer les États (1) que nous avons pu garder notre cohésion nationale comme nation française en Amérique. Simple constat de géopolitique 101.
    DEUX : L'État organique, nous vient d'Aristote : L'homme est un animal politique. Hors de l'État, il est soit une brute ou un Dieu (Aristote : Notes politique). Dans ces même notes il ramène la doctrine d'État à l'essentiel : Qui contrôle l'État et au profit de qui. L'intérêt plutôt que les "idées" explique le politique.
    JCPomerleau
    P.s L'idéologie mène à une distorsion cognitive. Laquelle vient avec une certaine dose d'humeur.
    ....
    (1) "L'Église-institution profitait d'une union organique avec l'État" (Histoire de l'Église Catholique au Québec; éd. Fides, p 81)

  • Archives de Vigile Répondre

    9 février 2012

    Dans la même veine : Dieu est une arnaque
    Voir ici : http://www.dailymotion.com/video/xg775z_george-carlin-dieu-est-une-arnaque_fun
    Y vont pas nous remettre cela. C'est pas vrai.
    Notre Père
    Qui êtes au ciel
    Restez-y
    Et nous nous resterons sur la terre
    Qui est quelques fois si jolie
    Avec ses mystères de New-York
    Et ses mystères de Paris
    Qui valent bien ceux de la Trinité
    .....
    (Jacques Prévert)
    Pierre Cloutier

  • Jean-Pierre Bélisle Répondre

    9 février 2012

    Lorsque votre Église catholique abandonnera la doctrine papiste et se séparera du Vatican pour devenir authentiquement québécoise;
    Lorsque votre Église catholique mettra fin à sa collaboration historique avec la Couronne d'Angleterre, le colonialisme canadien, les puissants du monde et de notre petit monde;
    Lorsque les croyants et fidèles de votre Église catholique pourront élire leurs pasteurs, évêques et autres chefs en y incluant les femmes;
    Lorsque votre Église catholique québécoise "libre" limitera à ses seuls fidèles l'application de ses principes idéologiques plutôt que d'essayer de les imposer à la nation toute entière par l'État, ses appareils et les partis politiques;
    Lorsque votre Église catholique fera son "mea culpa" historique auprès des Nations autochtones et aidera concrètement celles-ci à reprendre leurs rites religieux ancestraux;
    Lorsque les communautés religieuses de votre Église catholique utiliseront leurs fortunes historiques, plutôt que de quémander l'aide de l'État pour restaurer les lieux de culte abandonnés par ses anciens fidèles;
    Lorsque ces conditions minimales et bien d'autres encore auront été réunies, pourrons-nous alors nous pencher avec ouverture d'esprit sur l'évaluation du véritable et circonstancié rôle historique de l'Église catholique au Québec et faire honnêtement la part des choses.
    Hors tout, la thèse de l'Église Nation n'est qu'une réédition contemporaine d’extrême droite d'idées réactionnaires, obscurantistes et antidémocratiques, tout comme l'est, d'ailleurs, celle de "l'État organique" dont les promoteurs cachent la véritable affiliation idéologique et méprisent au plus haut point la volonté des citoyens.
    Jean-Pierre Bélisle

  • Archives de Vigile Répondre

    8 février 2012

    Je reconnais que l'Église catholique a pu jouer un rôle important dans notre histoire, mais ça s'arrête là.
    Pour le reste, en ce qui me concerne, la religion c'est de la boulechite.
    Regardez ce qu'en dit l'humoriste américain George Carlin ici :http://www.dailymotion.com/video/x6enkb_religion-foutaise_fun
    Ni Dieu ni Maître. Voir ici : http://www.paroles-musique.com/paroles-Leo_Ferre-Ni_Dieu_Ni_Maitre-lyrics,p11252
    Pierre Cloutier

  • Laurent Desbois Répondre

    8 février 2012

    Pontiac Québécois et le role de l’Église
    http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2002/les-sacrifies-de-la-bonne-entente.html
    LES SACRIFIÉS DE LA BONNE ENTENTE
    Lundi 18 novembre 2002
    Les Sacrifiés de la bonne entente raconte l'histoire des francophones du Pontiac. Mais l'anglicisation fait des ravages. Deux institutions vont assurer l'assimilation des francophones: l'école et l'Église. L'institution scolaire pontissoise, gérée majoritairement par des commissaires irlandais, refuse d'offrir un enseignement français à la hauteur du poids démographique des francophones, allant même jusqu'à appliquer dans ses écoles le règlement 17 ontarien de l'ORDRE D'ORANGE qui réclame l'enseignement « en anglais seulement », et des catholiques irlandais dirigés par l'évêque FALLON de London.
    Les gens désireux de se procurer le livre de M. Bouvier peuvent le commander sur le site Internet de L'Action nationale au http://www.action-nationale.qc.ca/index.php?option=com_leboutique&Itemid=65&task=product_list&catid=5

  • Laurent Desbois Répondre

    8 février 2012

    Règlement 17 en Ontario
    http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=f1SEC855425
    http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0005945
    La question des écoles de l'Ontario porte sur l'utilisation du français dans les écoles primaires de la province. C'est le premier grand débat scolaire axé sur la langue plutôt que sur la religion. Les anglophones, tant catholiques que protestants, s'opposent ici aux francophones catholiques. Décrété matière obligatoire en 1885, l'anglais devient, en vertu d'un autre règlement de 1890, la langue d'enseignement dans les écoles ontariennes, sauf où cela s'avère impossible. En 1910, les Franco-Ontariens, devenus alors plus nombreux, fondent l'Association canadienne-française d'éducation de l'Ontario afin de promouvoir les intérêts du français. Ils se heurtent à l'opposition de l'ORDRE D'ORANGE qui réclame l'enseignement « en anglais seulement », et à celle des catholiques irlandais dirigés par l'évêque FALLON de London.
    Michael Francis Fallon, évêque catholique
    http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0002714
    À sa mort, il est considéré comme un héros par beaucoup d'Irlandais catholiques, mais comme un démon par les Franco-Ontariens.

  • Archives de Vigile Répondre

    8 février 2012


    Chère madame Soriano,
    Lorsque je parle des Français, je ne parle pas du peuple français de France mais de nous Les Français du Québec.
    De plus ce n'est pas parce que la France a choisi la laicité que c'est une bonne chose pour nous. Comme petit peuple en danger, tout ce qui nous caractérise est important pour nous différencier des autres.
    Si nous n'avions pas été catholiques en 1763, nous n'aurions jamais eu l'appui structurante des communautés religieuses qui ont pris le relais de l'État que nous avions perdu.
    Personnellement je ne crois pas en la laicité car je ne crois pas que les humains puissent être complètement neutre dans la vie de tous les jours. Les hommes vivent leur foi et leur religion en pratique. On ne peut faire abstraction de l'humain, de ses jugements et de ses enseignements religieux. C'est impossible.
    Même dire que je ne crois en rien, revient à une idéologie et cela est autant une conviction que la conviction d'être un croyant catholique.
    Etre non croyant est une philosophie en soi comme le Christianisme est une philosophie également.
    Renier notre foi, c'est renier 2000 ans d'histoire, c'est renier notre identité, c'est renier notre passé. Pourquoi? Pour faire plaisir à des immigrants qui veulent nous imposer leur religion à nous par toutes sortes d'accomodements déraisonnables? Charité bien ordonné commence par soi-même.
    Je ne deviendras pas athée pour faire place aux musulmans ou juifs pour qu'ils imposent leurs traditions chez nous.
    Pour ce qui est de la femme, il n'y a pas seulement elle qui a souffert dans le passé. L'homme travaillait aussi sur les terres. Ne commencez pas avec votre féminisme à la con pour venir noircir nos débuts difficiles en Amérique. Autres moeurs, autres époques.
    Les parents canadiens français catholiques étaient deux pour travailler et élever leur famille. Sans ces familles qui se sont sacrifiés, nous ne serions pas ici pour discuter. Reconnaissons plutôt ces personnes travaillantes autant les pères que les mères qui ont travaillé pour un petit pain alors que les anglo saxons profitaient de nous pour pas cher.
    On n'a jamais été aussi près de perdre le contrôle de notre demi État-Nation alors que nous avons sabordé nous-mêmes notre Église- nation par la propagande libérale qui depuis 50 ans frappe tout ce qui est catholique.
    Je comprends l'Église d'aujourd'hui d'avoir abandonné tout débat dans la société. On se souviendra du Cardinal Marc Ouellet lorsqu'il a voulu intervenir publiquement sur l'avortement. On l'a rabroué rapidement au lieu de l'écouter ce qu'il avait à dire. Si personne ne prend le parti de la vie, qui va la défendre?
    Les Français du Canada ont le choix de se fondre dans la masse ou bien de se lever et de se battre. Cela commence par la reprise en main de leur langue française et de leur religion catholique.
    Ce sont les deux piliers de l'identité française canadienne et se priver volontairement d'un ou des deux c'est le suicide identitaire.
    Seules les cultures les plus fortes survivront.

  • Archives de Vigile Répondre

    8 février 2012

    Pour compléter mon premier commentaire, malgré tous les manques que j'ai soulignés à propos de l'Église catholique, je crois que ce qu'il ne fallait pas perdre au Québec, c'est la foi.
    C'est davantage la perte de la foi que l'identité catholique qui nous nuit présentement selon moi.
    Vous allez me trouver peut-être rétro, mais je crois au pouvoir de la prière fervente.`
    Les Québécois, il me semble, ont cessé de prier ou n'accordent plus beaucoup d'importance à la prière.
    Nos demandes n'étant plus entendues en Haut lieu, c'est peut-être la raison qui fait qu'on est pris avec des dirigeants qui nous pleument, qui vendent nos ressources à des étrangers, qui ne servent que les intérêts des ultra-riches.
    La prière éclaire. Ainsi la lumière venant avec la prière, l'illumination de ne pas voter CAQ ou libéral peut venir de cette façon.

  • Archives de Vigile Répondre

    8 février 2012

    Monsieur,
    Votre texte revêt un vif intérêt. Bien documenté. Je vais le relire à tête reposée...
    @Mme Maria Soriano
    Vous semblez confondre des choses différentes. La rancoeur alimente mal le jugement.
    Je dirai que ceci: tout de l'Ouest canadien-français a été perpétué grâce à la contribution des communautés religieuses, les lois anti-français ( loi 88 dans l'Ouest, TNO, etc, loi 17 en Ontario) faisait du français une langue proscrite des écoles, et du financement public..). Les communautés religieuses ont pris la relève de l'enseignement en français et des services hospitaliers et sociaux en français...
    Alors madame ne mélangez vos rancoeurs d'un discours féministe intégriste à une réalité toute autre... et respectez la mémoire de générations de religieux et religieuses de bonne foi qui ont consacré leurs vies à un idéal, au service de leurs communautés civiques ...
    Lisez aussi le livre de M. R. Gravel, 2010, si ma mémoire est bonne, sur les communautés religieuses...

  • Guillaume Labelle Répondre

    8 février 2012

    Je voudrais simplement pointer au fait qu'après 1837, toute la stratégie de développement et de colonisation canadienne-française était axée sur le développement de l'église catholique en Amérique. Résultat? Des centaines de "Petits Canada" à travers l'Amérique, qui aujourd'hui n'ont que leurs églises et leur prie-Dieu catholique pour se souvenir qu'ils descendent de Québécois. Tout le reste? Envolé en fumée.

  • Archives de Vigile Répondre

    8 février 2012

    C'est à faire vomir. Qui a signé le Refus global, qui a fait la Révolution tranquille, qui est passé de la société "canadienne-française" à la Nation québécoise, fière de sa culture et accueillante pour ceux et celles qui veulent y participer, sinon des Québécois francophones (et certains autres qui ont intégré ce peuple?)
    "Éliminer cette philosophie, c’est vouloir enlever l’âme et le coeur des Français", dit monsieur Laniel. Et pourtant tout le monde sait que les Français et Françaises (de France) ont donné naissance à la laïcité moderne, et ne sont pas devenus anglo-saxones pour autant. Et malgré notre retard à cet égard, les femmes québécoises ont non seulement rattrapé ce retard mais sont des militantes de premier plan pour une société qui n'est pas soumise ni à un Dieu ni aux maîtres masculins à l'image de ce Père fouettard céleste.
    Quelques mots du manifeste Refus global:
    "D'ici là, sans repos ni halte, en communauté de sentiment avec les assoiffés d'un mieux-être, sans crainte des longues échéances, dans l'encouragement ou la persécution, nous poursuivrons dans la joie notre sauvage besoin de libération."
    Ce qui ne signifie aucunement de nier le rôle des institutions religieuses dans le développement des institutions sociales au Québec (citons les caisses populaires) ni la participation d'individus et d'associations de matrice catholiques, (Confédération des syndicats nationaux, Jeunesses ouvrières catholiques) aux mouvements progressistes québécois, ni à leur nature spécifique.
    Ni Dieu ni maître!

  • Jean-Claude Pomerleau Répondre

    8 février 2012

    L’Église nous a t elle trahi ou sauvé ?
    Pour répondre à cette question allons à l’essentiel : Qu’est-ce qui fut NÉCESSAIRE pour que ce peuple français en Amérique survive au vent contraire de l’Histoire : Un État pour conserver sa cohésion nationale.
    Géoplitique 101 : L’État et la cohésion nationale.
    De 1608 à 1759 l’État est en croissance organique. Grâce au rôle d’appoint de l’Église, il atteint une masse critique qui lui a permit de ne pas être anéantie par la victoire britannique. Cette contribution fut donc essentiel.
    Durant les 150 premières années, la cohésion nationale de ce peuple français qui reposait sur les assises de son État avec lequel elle était en adéquation n’était pas remise en question, sauf de l’extérieur.
    La victoire britannique viendra tout changer.
    La première conséquence est celle de voir les institutions politiques et l’appareil d’État (Nouvelle France) démantelés. Et le lien avec la France rompu. (Ce que consacre le Traité de Paris, 1763). Que reste il comme assise alors pour conserver notre cohésion nationale (peuple français) face à un Empire qui veut nous assimiler : L’Église.
    Elle fut la contrepartie de la couronne britannique dans l’Acte de Québec de 1774 (consentie parce que les anglais n’était pas dans un rapport de force si favorable face à un peuple qui avait atteint une masse critique et qui pouvait se joindre à la révolution qui menaçait au Sud).
    C’est cette institution (politique) millénaire dans ses capacités de structurer les sociétés, laquelle avait joué un rôle d’appoint nécessaire dans les premiers élans de notre État, qui va venir jouer un rôle "cardinal" pour la suite de l’histoire : L’Église va se substituer à notre État démanteler pour en assumer elle-même les fonctions essentiels : Peupler et mettre en valeur le territoire !
    C’est sur les assises de cette institution que va reposer nos espoirs réels (géopolitique) de conserver notre cohésion nationale. Elle s’est si bien acquitté de sa mission historique que, suite à 200 ans de gain de potentialité, ce peuple va passé de la puissance à l’acte en 1960 pour se doter d’un État moderne pour assurer sa cohésion nationale. Un saut périlleux pour les "canayens".
    Ce sera la Révolution tranquille : Maitre chez nous.
    Mais pas tout à fait. Très vite les acteurs politiques vont faire le constat que ce demie État annexé et réduit dans ses capacités d’agir n’offre pas toutes les garanties pour assurer la pérennité de la cohésion nationale. La quête de l’État souverain commence. Son élan sera brisé en 1995 ; depuis nous sommes dans le reflux de l’histoire. Le contrôle de notre demie État nous échappe complètement, conséquence du fait de la perte de notre cohésion nationale.
    Alors même que élites politique semblent ignorer l’urgence de la situation. Pour une première fois depuis 1759, nous sommes en danger réel de perdre notre cohésion nationale.
    Ce qu’il faut constater c’est que notre demie État semble sur le point de faillir là où l’Église avait réussi, c-à-dire sur l’ESSENTIEL : Conserver notre cohésion nationale. (L’ontologie je vous dis)
    Mis à part les anecdotes et les faux choix (républicains). L’Église à jouer un rôle cruciale dans notre existence de peuple.
    Simple constat géopolitique 101 : Non l’Église ne nous a pas trahie,au contraire elle nous a sauvé !
    JCPomerleau

  • Archives de Vigile Répondre

    8 février 2012

    L'Église catholique ne s'est pas toujours aidée. Elle ne parle pas fort lorsqu'on coupe dans l'assurance-emploi, dans l'aide sociale, lorsqu'on met des travailleurs à pied, lorsque l'on ferme des usines, lorsqu'on entre en guerre, etc... et même quelquefois elle semble prendre partie pour ceux qui appauvrissent le peuple.
    Pas surprenant que le peuple soit sceptique vis-à-vis l'Église.