L'épouvantail de la dette

Chronique de Pierre Gouin

Je comprend mal pourquoi Vigile contribue à entretenir la panique non fondée quant à la valeur de la dette du Québec en publiant le compteur de l'Institut économique de Montréal, d'autant plus que plusieurs économistes québécois ont bien remis les pendules à l'heure dans ce dossier. (le compteur a été enlevé de la page - ndlr)
Si cet organisme avait l'honnêteté de placer le compteur du PIB du Québec juste à côté de celui de la dette tout le monde pourrait constater que les deux valeurs avancent au même rythme, qui est ahurissant simplement parce que les chiffres sont gros. C'est pourquoi le ratio de la dette sur le PIB est en 2012, après une dure récession, au même niveau qu'en 2000, soit environ 55%.
Ce ratio reprendra sa tendance à la baisse dès l'an prochain.
Si la dette augmente rapidement malgré un déficit très modeste, c'est à cause des dépenses en immobilisations. Le gouvernement Charest fait de son mieux pour gonfler les factures liées à ces immobilisations mais heureusement cela n'a pas encore mis en péril notre santé budgétaire. Le seul danger réel c'est que les nouvelles structures commencent à s'effriter dans une vingtaine d'années.


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11 commentaires

  • Francis Déry Répondre

    22 mars 2012

    Je suis sensible à vos propos, mais c’est quoi le lien que vous faites avec l’indépendance de la patrie et la souveraineté monétaire du peuple québécois ?
    Rothschild Brothers of London, 1863. "Give me control of a nation's money and I care not who makes it's laws" — Mayer Amschel Bauer Rothschild. On retrouve cette citation sur plusieurs sites. Elle est vieille et je ne doute pas de son historicité.
    Il y est un groupe que l'on caractérise souvent comme une race ou une religion, voire les deux, mais qui ne sont qu'une secte dans une religion et qui trouvent des adeptes dans d'autres religion. Je les caractérise plus comme une caste s'occupant d'activités tabous comme l'usure et les trafics de toutes sortes (porns, esclaves, alcools, drogues etc..)
    Et non, ils ne sont pas tous Juifs. Mais la judaïté sert de belle couverture pour expliquer une différence de mentalité et que c'est immonde de les accuser d'être ce qu'ils sont.
    Tout comme l'amalgame de la Mafia aux Italiens. Je les regarde plus comme un clan de Hells Angels qui recherchent la légitimité de leurs entreprises en passant dans les activités de blanchissage. Je pourrais m'étendre là-dessus, mais par expérience, c'est trop long et on s'éloigne de la question initiale.
    Qu'est-ce que la monnaie ? C'est une unité de mesure de valeur dans un réseau d'échanges. On peut faire du troc à deux, mais les valeurs ne sont pas toujours égales. On peut faire du troc à plusieurs parties pour combler les différences de valeurs. Ou encore reporter à plus tard les valeurs restantes si les échangistes ont la notion d'honneur de leur parole. La monnaie sert pour la granularité de la valeur d'échange et pour la mémoriser.
    Ceux qui acceptent cette monnaie comme métrique d'échanges vont privilégier les échanges entre eux-même. Les clubs de troc connaissent la formule. Comme les échanges définissent une société, l'économie se façonne via une monnaie comme la culture se façonne via une langue.
    On peut utiliser plusieurs monnaies chaque jour tout comme on utilise plusieurs langues. C'est vrai surtout pour les traders de la Bourse et les banquiers. Mais là, on participent à plusieurs sociétés et une monnaie dominante ainsi qu'une langue dominante sont utilisées : le dollar américain et la langue anglaise. Le dollar est une pièce de papier. Sa force fut jadis sa garantie de représenter une quantité d'un ratio d'or et d'argent emmagasinés sécuritairement dans les voûtes du Fort Knox, propriété de la Federal Reserve. Le président Charles De Gaulle a brisé cette force en exigeant les paiements américains en or. Le président Nixon a dû retirer la parité sur l'or en faisant flotter le dollar américain parce que la demande du Français était irréalisable ou fragiliserait la puissance américaine. (Charles De Gaulle passe maintenant pour un antisémite et il tomba peu après malade.) C'était la fin des accords de Bretton-Woods qui n'ont pas vraiment trouvé de successeurs.
    La question de l'or contre le pétrole est le déclencheur de l'opération contre Mouammar Khaddafi. De même, l'Iran est surtout fustigé depuis que Mahmoud Ahmadinejad veut transiger le pétrole iranien dans une monnaie différente du dollar américain.
    Si on revient à une monnaie locale, on favorise l'autarcie dans les échanges. La mainmise d'un groupe particulier ou clique sur cette monnaie assure la maîtrise de l'économie locale. On se souviendra de ces familles comme les Jerseyiens qui opéraient des comptoirs de commerce en région de manière monopolistiques avec leur propre monnaie (comme celle de Canadian Tire) et qui appauvrissaient les autres familles (pêcheurs, chasseurs, agriculteurs, Amérindiens). La monnaie ne doit pas dépendre d'une clique dans un château quelconque, ni d'entités extérieures à la société, sinon elle connaîtra le même sort que les cartes signées par le gouverneur sous le régime français.
    Quand on se fonde sur une clique pour financer nos opérations, celle-ci appliquera l'usure (l'équivalent d'un tribut) sur le montant prêté sur foi. Il n'est pas dit que le banquier a tous les montants de ses prêts en dépôt. Il opère son propre stratagème de Ponzi, modéré par des règles de statistiques et de probabilité pour éviter de vider complètement sa banque (bank run, banque-route ou rupture de banc).
    L'argent est le nerf de la guerre. La guerre est la formule la plus ultime de perte de valeurs d'une société. Elle génère la dette. Et la dette sous usure mène à l'esclavage (ou asservissement).
    Quand Washington a besoin d'argent, il n'augmente pas de lui-même sa masse monétaire. Le Trésor Américain émet des bons d'obligation (T-bills). Jadis acheté par des particuliers américains via des courtiers, ce sont les états étrangers qui prirent la relève puisque la masse des souscripteurs américains est appauvrie. La Chine et le Japon sont les principaux créanciers étrangers, mais maintenant ils veulent réduire leur exposition à la devise américaine ainsi qu'aux bons du Trésor. Washington est forcé de passer au syndicat bancaire constitué derrière l'agence de la Fed. Lequel syndicat émet de la monnaie pour acheter les bons du Trésor.
    Lloyd Blankfein de Goldman-Sachs affirmait que l'activité bancaire est l’œuvre de Dieu.
    Goldman Sachs CEO Lloyd Blankfein: "I'm Doing God's Work."
    http://www.huffingtonpost.com/2009/11/07/goldman-sachs-ceo-lloyd-b_0_n_349620.html
    Trouvez-vous une Bible et lisez l'histoire de Joseph dans la Genèse. Le bancarisme mène ultimement à la possession entière des ressources en capital et en compétences d'une société. Du communisme non-étatique. La clique qui s'affirme Juive cherche à réaliser une promesse divine de l'Ancien Testament. Soit la possession de la Terre entière par les descendants d'Abraham. Bien sûr, cela ne surviendra pas sans révolutions et contre-révolutions.
    Une monnaie doit être sous le contrôle de l'ensemble d'un groupe d'échange, soit l'État ou une entité parallèle à l'État. L'expérience de Guernesey démontre la faisabilité économique pour une économie naturelle grandement autarcique.
    http://en.wikipedia.org/wiki/Guernsey_pound
    Une des causes de l'indépendance américaine fut l'interdiction du colonial scrip et l'obligation de payer ses impôts en pièces d'argent à l'Angleterre.
    C'était simplement inacceptable pour les colons américains.

  • Archives de Vigile Répondre

    22 mars 2012

    M. Cloutier,
    Je comprend mal ce que devrait nous permettre la souveraineté monétaire. Les États-Unis paient des dizaines de milliards de dollars par année en intérêts sur leur dette, en bonne partie a des investisseurs étrangers, ils continuent d'emprunter sur les marchés et s'ils s'avisaient de laisser planer un doute sur leur volonté d'honorer leurs engagements ils se retrouveraient dans une situation semblable a la Grece.
    Le lien que je fais avec la souveraineté du Québec est dans mon commentaire ci-dessus.

  • Francis Déry Répondre

    21 mars 2012

    Cherchez les mécènes de l'Institut Économique de Montréal et vous saisirez mieux le sens du message.

  • Archives de Vigile Répondre

    21 mars 2012

    Je suis sensible à vos propos, mais c'est quoi le lien que vous faites avec l'indépendance de la patrie et la souveraineté monétaire du peuple québécois?
    Expliquez-nous cela. Nous sommes avides de vous lire.
    Pierre Cloutier

  • Pierre Gouin Répondre

    21 mars 2012

    Le compteur de l'IEDM est vite disparu du site de Vigile mais cette publicité de l'IEDM est envahissante sur le site du Devoir.
    La propagande de l'IEDM s'inscrit dans l'arsenal idéologique néo-libéral mais aussi fédéraliste en laissant entendre que le Québec ne serait pas capable de se gérer lui-même de façon responsable en dehors du Canada.

  • Archives de Vigile Répondre

    21 mars 2012

    Tout à fait d'accord, ce serait dommage que des progressistes colportent les faussetés de l'IEDM, Pour plus de détails sur l'ampleur véritable de la dette voir, la note de l'économiste Pierre Beaulne sur le blogue de Réjean Parent, président de la CSQ
    http://rejeanparent.ca/la-verite-sur-la-dette-quebecoise/

  • Francis Déry Répondre

    21 mars 2012

    M. Cloutier,
    Le Lobby qui n'Existe pas contrôle le système monétaire.
    En fait, c'est leur raison d'existence puisque le trafic d'usure est tabou dans les religions majoritaires (et non dominantes).
    Cherchez qui on ne peut critiquer et vous trouverez le Maître.
    Pour répondre plus prosaïquement, la province du Québec ne peut pas émettre sa propre monnaie. C'est un blocage constitutionnel. Même si nous étions indépendants, il nous faudrait être vigilants pour ne pas s'enfirouapper dans une loi à la Pompidou. En attendant, nous devons transiger avec un syndicat de shylocks.

  • Michel Patrice Répondre

    21 mars 2012

    M. Cloutier,
    J'ai lu récemment, mais j'ai oublié où, qu'environ la moitié de la dette du Québec serait due à des québécois.
    M. Gouin,
    Je ne suis ni calé en économie ni en informatique, mais il doit bien avoir quelqu'un chez les indépendantistes ayant assez de talent pour le faire ce compteur qui suit la croissance de notre PIB.
    Michel Patrice

  • Archives de Vigile Répondre

    21 mars 2012

    D'accord avec vous M. Cloutier.
    En effet, QUI? QUI?
    Moi aussi, je veux des noms. Nous aurons peut-être des surprises.

  • Archives de Vigile Répondre

    21 mars 2012

    Le meilleur commentaire est venu de Pierre Duhamel
    Service de la dette
    1999-2000: 16,3%
    2011-2012:11,4%
    La dette augmente, elle augmente même beaucoup, mais le service de la dette baisse parce que les taux d'intérêt sont bas. Comme le budget augmente, la proportion du service de la dette baisse donc, de 16,3% en 2000 à 11,4% aujourd'hui. Mais ca personne n'en parle. A part Duhamel.
    http://www2.lactualite.com/pierre-duhamel/2012/03/20/15-observations-sur-le-budget-bachand/

  • Archives de Vigile Répondre

    21 mars 2012

    Moi, j'ai une qui me titille l'esprit depuis longtemps : à qui doit-on tout ce argent? Qui sont nos créanciers? Je veux des noms.
    Et une autre : pourquoi le peuple est-il obligé d'emprunter sur les marchés privés alors qu'il est censé posséder la souveraineté monétaire?
    Pierre Cloutier