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L'Action nationale a 90 ans

La Nation - bilan et stratégie

Nonagénaire depuis l'an dernier, la revue L'Action nationale n'a cependant rien perdu de son énergie militante et conserve une étonnante capacité de renouvellement. Dans un numéro-anniversaire qui clôt l'année 2007 (novembre-décembre), elle publie de très solides contributions qui n'ont en commun que le souverainisme de leurs auteurs. On y retrouve, notamment, Jacques Parizeau, qui traite de la pertinence de la souveraineté à l'heure de la mondialisation, et Pierre Vadeboncoeur, qui rappelle que la cause est exigeante et que sa résolution n'adviendra pas par la pensée magique.
Comme pour donner raison à Parizeau, qui affirme que la souveraineté du Québec n'est pas que le projet d'une génération, L'Action nationale donne beaucoup de place, dans ce numéro, au jeune Mathieu Bock-Côté, un des plus brillants intellectuels souverainistes de l'heure. Dans un riche dialogue avec l'historien Charles Courtois, Bock-Côté varlope avec brio l'idéologie multiculturaliste qui, selon lui, aurait dénaturé le nationalisme québécois. Fidèle à son point de vue conservateur, l'auteur de La Dénationalisation tranquille accuse la gauche d'être à l'origine de ce virage.
Pierre Dubuc, directeur de L'Aut'journal, réfute cette interprétation et affirme que Bock-Côté nuit à la cause souverainiste en la détachant de son volet progressiste, qu'il ne faut pas confondre avec le multiculturalisme.
Nationaliste de tendance républicaine, Charles Courtois, quant à lui, livre un pamphlet, costaud mais parfois injuste, contre l'approche postnationaliste de notre histoire défendue par Jocelyn Létourneau et reprise par le ministère de l'Éducation.
Au sommaire de ce numéro figurent aussi des textes de VLB, Guy Rocher, Bruno Roy, Myriam D'Arcy, Benoît Dubreuil, Gérald Larose, Claude Bariteau, Richard Gervais, Jean-Marc Léger, Rodrigue Tremblay, Robert Laplante et Denis Monière. Parfois de gauche, parfois de droite, ils démontrent bien que, si L'Action nationale est essentiellement souverainiste, elle n'en demeure pas moins, aussi, un essentiel et dynamique lieu de débats.
Collaborateur du Devoir


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