Je n'appuie pas ON, mais j'apprécie ce très bon texte de Jean-Martin Aussant

et je poursuis ma réflexion à propos du PQ et d'ON

Tribune libre

« La souveraineté, c’est maintenant qu’il faut la faire » - Jean-Martin Aussant
http://www.optionnationale.org/la-souverainete-cest-maintenant-quil-faut-la-faire/

Je l'apprécie grandement devrais-je dire, c'est ce genre de pédagogie, entre autre, que je voudrais voir davantage. Mais c'est aussi un discours teinté continuellement d'arguments irréfutables et logiques, clair et compréhensible. Un discours animé, créatif, positif, qui devrait être traduit verbalement.

Mon bémol est sa perception du PQ.. même en y ayant été, il semble qu'il lui soit impossible d'imaginer le flou péquiste autrement que comme de la trahison idéologique. Alors que pour certains, ça devrait être un secret de polichinelle qu'on va réaliser le mandat premier du parti dès la prise du pouvoir, que la machine et les moyens vont se mettre en branle en ce sens.

Dire à la population « quoi qu'il arrive » c'est un argument qui n'a pas fait ses preuves auprès du peuple.. et Charest et d'autres ont développés tout un art très moderne pour anéantir ces prétentions. Nous ne pouvons espérer prendre le pouvoir avec ce discours, même en passant le plus beau message du monde, on n'a pas l'espace pour adresser le message. Donc nous n'entrons pas en contact avec le peuple. Ce n'est pas comme un combat ou nous aurions les moyens d'occuper tout l'espace nécessaire à cette réalisation qui est la première grande de tout peuple (même si elle survient après d'autres réalisations) Nous n'aurons jamais de moyens comparables à l'adversaire pour lutter. Ce qui nous mène à ce terrain ne nous mène pas vers la victoire. C'est la crédibilité notre allié. Si on rend non-crédible le parti qui représente tous ces acquis sociaux et ce combat pour l'indépendance, dans l'esprit des gens, on rejette autant le social que le nationalisme, que l'indépendance, c'est clair que c'est le phénomène principal auquel nous assisterions.

À ce niveau, nous entrons dans un emplacement où il ne faut plus le dire mais le faire. Ce niveau existe. C'est contre un régime qu'on lutte et il ne faut pas nier que pour vaincre, il doit y avoir une stratégie d'État et en partie secrète, parce que le régime auquel on fait face, il est plus secret à ce niveau qu'à tous les autres dans ses tactiques et ses agissements.. malgré ce qu'il veut bien laisser sauter aux yeux. Ce n'est pas une stratégie spécialement péquiste, à la limite, pas uniquement une stratégie d'État, c'est une stratégie populaire, une stratégie du peuple, qui est tout simplement celle de ne pas se dévoiler à l'adversaire. Est-ce que le peuple ne croit plus que le PQ va réaliser la souveraineté ? Un sondage ne répond pas à cette question. Toujours est-il que le message est passé.. peut-être continue-t-il de passer actuellement, le PQ, tous les dirigeants qui prendront des postes, auront pour priorité de réaliser la souveraineté, c'est un pré-requis maintenant qui rend le siège de chef du PQ éjectable. Arrêtons d'imaginer la situation au PQ pire qu'elle ne l'est. En le faisant, nous contribuons de façon majeur à une chute qui pourrait avoir lieu.

Il y a aussi le fait que nous ne soyons pas isolé, mais confondu dans une autre réalité. On ne peut pas tout dire, c'est récupéré et le discours contribue à augmenter un sentiment de crainte qui se propagerait facilement. On ne peut pas faire comme si ça, ce n'était pas une réalité, on répéterait des erreurs qui ont permis aux anglo-saxons de trahir la démocratie en 1995, au moment le plus crucial pour notre peuple. Même chose pour le premier référendum, on a fait peur aux gens. Le fédéral a installé un climat d'incertitude et il faut en tenir compte. Il faut être plus que tranchant, il faut être inspirant. Être inspirant, c'est d'abord être inspiré. Qui l'est vraiment ? Ceux qui désespèrent, qui ne croient plus en rien de ce qui s'est fait et se fait actuellement ? C'est ça être inspiré ? Mais plus personne n'a le temps d'être inspiré au Québec, c'est ça la réalité. On est très romantique cependant, ça oui!

Toujours est-il que le PQ, c'est plus que ses dirigeants, c'est un régime dont s'est doté le Québec pour en arriver à ce que seul un régime du peuple du Québec serve les Québecois. Ça représente avec certitude la première partie du parcours vers l'indépendance. Ce régime est actuellement incarné par un parti qui lui est incarné par des dirigeants mais surtout toute une base militante, des députés, un esprit, l'espoir du peuple et bien d'autres choses. Puis il y a une mouvance qui se plaint principalement de ne plus comprendre où s'en va le PQ, sa direction actuelle, principale. À la longue, la seule conclusion qui s'impose est qu'il ne va nulle part. Mais ceux qui luttent encore au PQ n'ont certainement pas cette perception. Ce qui est le plus étonnant c'est que ça arrive juste avant des élections déterminantes, spécifiquement pour le PQ (après presque une décennie dans l'opposition... et un passage dans la seconde opposition).

Un rebrassage de cartes! Au p'tit bonheur la chance!!

Pour revenir au texte de M.Aussant, la réalité pour moi est aussi que ce discours devrait en inspirer plus d'un au PQ, c'est inspirant, et plus d'un devrait se dire que le PQ a besoin de Aussant, moi c'est ainsi que je le prends, de Aussant et de tous les indépendantistes déterminés. Il faut que nos indépendantistes forment UNE ÉQUIPE DU TONNERRE, on s'attend à ce que Duceppe se joigne au bon moment, quelque chose se dessine, assurons-nous que ce soit la bonne chose. Dans cette équipe de ceux qui porteront le combat à terme, je suis sûr que Jean-Martin Aussant y sera. Pourquoi tout ça ne pourrait pas se faire au PQ ? Ce qu'on veut c'est que ça se fasse, et pour que ça se fasse, ça doit être MAINTENANT justement, comme le dit M.Aussant, et j'ajoute « avant des instabilités dans le monde qui viendraient rendre tout ça improbable.. » et MAINTENANT, ça veut dire en prenant le pouvoir MAINTENANT. ON ne peut pas offrir ça en ce moment et l'indépendance ne peut attendre.

Pour ce qui est d'une fusion, selon moi, ça doit être pour prendre le pouvoir et non pour se partager les restes dans l'opposition. Il faut d'abord admettre que l'indépendance ne peut pas reculer, puis admettre la solution la plus avantageuse pour la faire progresser jusqu'au pouvoir pour que là nous puissions inspirer le Québec vers la délivrance politique. Les gens n'ont pas envie d'entendre parler d'un projet qui se réalisera dans 20 ans, là-dessus tout le monde s'entend, et la seule façon de parler dans l'immédiat, c'est en prenant le pouvoir, pas en y laissant se déployer le contraire de nos aspirations. Même si nous demeurions dans l'incapacité de reprendre le pouvoir, il faudrait maintenir nos acquis politiques, ne pas espérer un improbable transfert de la mouvance indépendantiste de PQ vers ON. Quand on transporte gros, on en perd inévitablement une partie en route.. Le contexte qu'on laisserait naître l'obligerait.

Patrick Diotte

P.s. mon texte s'est transformé en réflexion, faut le voir ainsi, rien d'autre


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5 commentaires

  • Patrick Diotte Répondre

    13 décembre 2011

    « La Liberté » > vous ne croyez pas que je puisse appréciez ce qu'il dit et autre chose à la fois ? J'apprécie ses propos, il n'est pas le seul, fort heureusement. Ça va en prendre du monde intéressant pour en finir avec Ottawa!
    Serge Savoie > il ne s'agit d'une « timide ouverture à l’ON ». Je suis simplement sincère. Il y a beaucoup trop de mépris et de faux, je ne suis partisan que d'une chose, l'indépendance. Tous les indépendantistes font des choses qui me déplaisent, M.Aussant semble s'enligner pour en créer une, mais il est un camarade et nous nous rendrons au même port. J'essaie d'entretenir un discours minimalement sain entre camarades, même ceux que je respecte beaucoup moins. J'ai le sens d'une fraternité minimale et j'essaie de militer pour que la fraternité devienne plus solide.
    Et vous avez mal compris mes arguments, il n'y a pas de lien avec la blessure des autres référendums.. vous cherchez au mauvais endroit là.. d’ailleurs je ne comprends pas bien ce que vous cherchez avec ça.
    Pour le reste, j'ai déjà donné mon opinion clairement, inutile que je la répète. J'suis en désaccord avec la fin de votre intervention, je crois fermement que nous devons faire élire le PQ en y mettant la volonté et le détermination nécessaire, ce qu viendra ensuite est beaucoup trop loin pour en décider maintenant. Ce serait de se perdre dans la brume d'essayer.

  • Archives de Vigile Répondre

    11 décembre 2011

    Bien sûr M. Diotte, je salut votre timide ouverture à l’ON. Vos inquiétudes sur les capacités de ce nouveau Parti à réussir là où le PQ a échoué est tout à fait légitime. Nous vivons une période transitoire pénible qui, je l’espère, aboutira rapidement. L’incertitude est difficile à supporter mais nous ne diluerons pas notre message pour se conformer au dictat du bras médiatique de l’Oligarchie. Nous pensons être en mesure, malgré tout, d’imposer notre discours. Les puissances ennemies sont loin d’être invincibles. Nous avons le dynamisme, la jeunesse, l’autorité, la détermination et l’intelligence pour toucher la conscience québécoise d’ici la prochaine élection. Le peuple est disposé à réaliser son indépendance beaucoup plus que vous ne le pensez. Notre message est très clair parce que l’ennemi ne nous impressionne absolument pas. Nous finirons par n’en faire qu’une bouché, M. Diotte. La seule stratégie d’État c’est le L-I-T. Contrôler toutes ses lois, tous ses impôts et tous ses traités EST l’indépendance. Le peuple nous suivra parce que c’est ce qu’il souhaite. Je vois dans vos arguments une profonde blessure résultant des deux échecs référendaires. Mais je vous demanderais, malgré tout, de garder confiance et de chasser votre peur et de passer à l’attaque. La prochaine fois, c’est maintenant. Il est plus important de lutter contre nos ennemis que contre les forces d’inertie du PQ. Nos précieuses énergies doivent être bien utilisées et bien dirigées. Pour terminer, je vous inviterais à vous débarrasser de vos chimères. Le PQ s’isole et ne veut pas d’union, la madame-en-question ne démissionnera pas et Gilles Duceppe ne viendra pas à la rescousse.

  • Archives de Vigile Répondre

    11 décembre 2011

    ''J'ai bien apprécié le bon texte de Jean-Martin Aussant, oui mais!''
    Cela sonne dans ma tête comme Bourgault qui disait: ''Michel Chartand, on l'aime bien, oui mais? Ce oui mais me rend malade!''
    Si vous appréciez ce que Jean-Martin Aussant dit monsieur Diotte, vous allez prendre vos antibiotiques antipéquiste et vous allez vous joindre à l'Option nationale.

  • Patrick Diotte Répondre

    11 décembre 2011

    M.Cloutier > Je ne souhaite pas qu'elle parte, je souhaite trouver ceux qui s'installeront à la direction du PQ avec l'intention de le mener dès la prise du pouvoir dans une démarche pré-référendaire.
    Duceppe semble plaire à la population. Quel est le meilleur moment pour le faire entrer en ligne de compte ? Maintenant?
    C'est là-dessus que le PQ ne peut que méditer, elle est là l'évidence en ce moment. Mme Marois n'est pas folle, ni désespérée.. elle sait très bien ce que signifient ces sondages.
    Maintenant, M.Duceppe seul, ça ne suffit pas. Même René Lévesque seul n'aurait pas suffit. Et on constate qu'il n'y a pas grand-chose au PQ de disponible actuellement. Mais sur le « Marché » indépendantiste, dans toute la mouvance, il y a des personnalités qui peuvent, qui devront, se rapprocher du PQ et de l'équipe.. celle qui aura pour ambition d'être déterminante pour l'avenir national des Québécois.
    M.Aussant, il s'agirait là d'un atout essentiel. Il y a aussi des gens au PQ qu'on voit peu mais qui graviraient quelques échelons.. il y a de bons éléments qui ne prennent pas beaucoup de place au PQ.
    Bref, moi je crois qu'il faut penser à ce cabinet à former dont M.Duceppe deviendra le chef. Si on l'acceptait, et qu'on y mettait toutes nos énergies d'indépendantistes convaincus, moi je crois qu'on pourrait voir naître une équipe très forte capable de nous faire faire les quelques pas qu'il nous manque pour être libre.

  • Archives de Vigile Répondre

    11 décembre 2011

    Pauline Marois est l'obstacle numéro 1 du Parti Québécois et de l'union des forces souverainistes/indépendantistes.
    Elle part et l'espoir renaît. Elle reste et le PQ s'en va dans le mur et il n'y a aucun espoir d'union.
    Cela ne prend pas un doctorat en science politique pour comprendre cela.
    Pierre Cloutier