Indépendance: le PQ rattrapé par les déclarations de François Gendron

78ff5c786d587a2ac297015e3b1d5a10

Soudainement, des députés péquistes donnent raison à Martine Ouellet

Les députés péquistes réunis en caucus à Wendake ont vite été rattrapés par les déclarations de leur doyen, François Gendron, qui a laissé entendre dans une entrevue que le Parti québécois avait fait erreur en reléguant la souveraineté au second plan.


Dans une entrevue accordée à La Presse canadienne, alors qu’il s’apprête à tirer sa révérence après 42 ans de vie politique, M. Gendron reproche entre autres à son parti d’avoir renoncé, depuis le dernier référendum, à faire la promotion active de la souveraineté.


À son arrivée à l’Hôtel-Musée Premières Nations, où est réunie jeudi l’aile parlementaire péquiste, le député péquiste de Bourget, Maka Kotto, a affirmé que M. Gendron aurait été mal cité.


Propos «désespérés»


«Je suis étonné de l’écart de pensée, disons, qu’il y a entre ce qui est rapporté et ce dont on a souvent discuté. [...] C’est qu’il est mal cité. Tout est une question d’interprétation. [...] Moi, j’ai parlé au cheval à quelques reprises, et le cheval ne m’a jamais tenu de propos aussi désespérés.»


D’autres députés semblent toutefois partager le cri du cœur lancé par M. Gendron, qui brillait par son absence du caucus jeudi matin.


«Je pense que, si on le prend dans une perspective globale, effectivement, le Parti québécois a pu, pendant un temps, mettre un peu de côté la promotion de l’indépendance», a reconnu la députée péquiste de Marie-Victorin, Catherine Fournier.


La souveraineté méconnue chez les jeunes


La plus jeune députée de l’Assemblée nationale constate d’ailleurs que de nombreux électeurs de sa génération n’ont pratiquement jamais entendu parler de souveraineté.


«Ils ne sont pas nécessairement au courant», a dit Mme Fournier, expliquant que les jeunes n’ont pas grandi dans un contexte où le projet indépendantiste était à l’avant-plan.


Mme Fournier et sa collègue de Chicoutimi Mireille Jean s’entendent pour dire que l’échéancier dont s’est doté le Parti québécois avec Jean-François Lisée est désormais on ne peut plus clair.


«Maintenant, c’est clair, on veut faire la promotion de l’indépendance durant le mandat entre 2018 et 2022, pour qu’en 2022, bien, on puisse demander clairement aux Québécois le mandat de réaliser l’indépendance», a souligné Mme Fournier, à l’instar de Mme Jean.


«À mon avis, on n’en parle jamais assez, de la souveraineté, a dit Mme Jean. [...] Il faut en parler tous les jours.»


«Moi, j’aurais préféré qu’on en parle plus», a aussi laissé tomber le député péquiste Claude Cousineau, venu saluer ses collègues du caucus une dernière fois à quelques semaines de la retraite.


Préparer l'élection


«Je pense que tout le monde sait qu’on est souverainistes. Je pense que c’est assez acquis depuis la création du Parti québécois», a déclaré de son côté le leader parlementaire Pascal Bérubé.


Ce dernier a par ailleurs justifié la tenue de cette réunion du caucus péquiste, alors que les travaux parlementaires sont terminés depuis la semaine dernière.


«On fait ça lorsqu’on prépare une élection, a dit M. Bérubé. C’est une élection à date fixe, alors on va parler davantage, pas des travaux parlementaires, évidemment, mais de la préparation à l’élection. Je pense que c’est normal.


«Quant à moi, la bataille ne fait que commencer et [je suis convaincu] que, le 1er octobre, on va l’emporter haut la main», a déclaré en ouverture du caucus le député péquiste Nicolas Marceau, qui a annoncé mercredi qu’il solliciterait finalement un nouveau mandat dans Rousseau.