Gérald Larose honoré par l'Académie française

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Il recevra la Médaille de vermeil

Une figure connue du syndicalisme québécois reçoit les grands honneurs pour sa contribution au rayonnement de la langue française au Québec et au-delà de ses frontières.



Gérald Larose, qui a présidé la Confédération des syndicats nationaux (CSN) pendant 16 ans de 1983 à 1999 est honoré par l'Académie française qui lui décerne le Prix du Rayonnement de la langue et de la littérature françaises. Ce prix est décerné à des personnalités françaises ou étrangères ayant rendu à la langue et aux lettres des services particuliers.


M. Larose recevra la Médaille de vermeil au cours d'une cérémonie le 5 décembre, en compagnie de quatre autres personnes, dont la cinéaste israélienne Nurith Aviv et le poète tunisien Tahar Bekri.


« Je l'ai appris en même temps que vous ! », a-t-il confié lorsque joint au téléphone par La Presse canadienne samedi quand il se trouvait justement à Paris.


 


« Je ne connais pas les promoteurs de ma candidature. Peut-être en saurai-je davantage plus tard, mais ça me réjouit que l'Académie ait été attentive à ma contribution » a affirmé M. Larose d'un air détendu, mais dont la bonne humeur était perceptible.


L'ancien syndicaliste, travailleur social et professeur québécois a toutefois indiqué qu'il s'agissait d'un pur hasard s'il se trouvait en France, lors du dévoilement du Palmarès 2019 de l'Académie qui compte 64 lauréats, dont quatre qui reçoivent le Prix d'Académie (le poète Michel Collot, les auteurs René Hénane et Denis Lalanne et le sociologue Dominique Schnapper).


Une grande surprise


Il raconte avoir reçu la bonne nouvelle, vendredi, « par courrier électronique tout simplement », à sa grande surprise.


« Une réaction de surprise, mais en même temps c'est un grand honneur pour moi. C'est la première fois qu'on me reconnaît une certaine contribution à la promotion et à la défense de la langue française et que ce soit l'Académie française qui a eu cette attention et cette intention, ça m'honore beaucoup dit-il. J'avoue que c'est une dimension de ma contribution que je ne croyais pas serait mise en valeur de cette manière-là. »


Et justement, comment est-ce qu'une personne qui a contribué à la défense des droits des travailleurs peut se retrouver ainsi aux côtés d'écrivains et d'autres personnalités, surtout françaises ? L'ex-président de la CSN y va de cette interprétation :


« La question de la langue, chez nous en particulier, c'est d'abord une question de justice sociale. C'est en fait défendre le principal outil de la majorité, qui est une majorité ouvrière, travailleuse, et donc on n'est pas obligé de s'expatrier dans une autre langue pour pouvoir gagner son pain. »


Gérald Larose croit toutefois que ce n'est pas un hasard si ce qui se passe au Québec retient l'attention en France et ailleurs dans la francophonie.


Politique et francophonie


« C'est une question évidemment politique au sens où c'est l'affirmation en Amérique du Nord d'une minorité, mais qui a construit l'Amérique ! », lance spontanément M. Larose.


« Défendre cet héritage, c'est éminemment important et d'avoir été mis à contribution pour réaliser ce projet, ça me réjouit que ce soit reconnu. »


Gérald Larose oeuvre aujourd'hui pour le Forum international des dirigeants de l'économie sociale et solidaire (ESS Forum international), dont il est le vice-président. Cette association est née des Rencontres du Mont-Blanc, qui valorise et promeut l'économie sociale et solidaire.


Il est en France pour participer à un forum de deux jours sur l'économie sociale et solidaire. Il fera aussi un détour par Genève où il assistera à un autre forum.


L'Académie française est une institution basée à Paris dont la fonction est de normaliser et de perfectionner la langue française.


Les distinctions de l'Académie française récompensent surtout des auteurs ainsi que des artistes des milieux de la musique, du cinéma et du théâtre.


Le Grand Prix du Roman sera quant à lui décerné à l'automne, comme le veut la tradition.