Fournier picore

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La commissaire à l'éthique bafouée par Couillard

C’est avec émotions que les observateurs aguerris de la vie parlementaire regarderont partir certaines figures historiques, tout en se disant à quel point l’air du salon bleu sera assaini quand Jean-Marc Fournier ne s’y trouvera plus.


« Si nous votions pour ce rapport-là, il y aurait une injustice de commise », a roucoulé le crépusculaire leader du gouvernement, se lavant les mains d’un rapport de la commissaire à l’éthique, nommée aux deux tiers de l’Assemblée nationale. Elle recommandait d’adresser un blâme au député Pierre Paradis et de lui réclamer la somme de 25 000 $.


Questions très dures


On vient de dire que la commissaire peut bien mener les enquêtes qu’elle veut, à la fin, c’est le gouvernement qui décide si les siens doivent être punis ou non. Il en avait été autrement lorsqu’il s’agissait de blâmer un indépendant.


Plus troublant encore, Jean-Marc Fournier se rallie aux explications fournies par Pierre Paradis. Peut-être sont-elles fondées, après tout, mais si c’est le cas, comment ignorer les questions très dures que le député de Brome-Missisquoi adresse à Philippe Couillard, qu’il accuse de l’avoir « abandonné, humilié et trahi », en l’écartant du conseil des ministres ?


Le député de Saint-Laurent ne peut pas picorer ainsi avec la réalité, puis nier qu’il se trouve ainsi à désavouer la commissaire. C’est pourtant le message qu’elle reçoit, comme elle le dit dans un communiqué.


Ultra-partisan


La nomination d’un officier responsable de l’éthique découle d’une promesse faite par Jean Charest en 2003. Pressé par les oppositions, il lui a fallu sept ans et deux autres élections pour y donner suite.


Voilà qu’en un coup de cuillère à pot, Jean-Marc Fournier relègue la commissaire à l’éthique à un siège de spectateur, après qu’elle eut montré les dents pour la première fois.


Il y aurait eu d’autres options, comme de lui réclamer des éclaircissements et de renvoyer la question à la prochaine législature. L’Assemblée est souveraine en la matière.


Tirer Pierre Paradis de son mauvais pas semblait toutefois urgent pour Jean-Marc Fournier, politicien ultra-partisan dont la sortie aura définitivement été à la hauteur de sa carrière.