Littérature

#dixpetitsnègres

La censure politiquement correcte

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Tribune libre

 


Le roman policier d’Agatha Christie, Dix petits nègres, un best-seller mondial qui s’est vendu à plus de 100 millions d’exemplaires, change de nom, amputé du mot «nègre» dans sa version française, pour «ne pas blesser». Le nouveau titre français devient Ils étaient dix. Mais il ne s’agit pas seulement d’un changement de titre. Le mot «nègre», cité 74 fois dans la version originale du récit, n’apparaît plus du tout dans la nouvelle édition. Et, comble de paradoxe, c’est l’arrière-petit-fils de la romancière britannique, James Prichard, dirigeant de la société propriétaire des droits littéraires et médiatiques des œuvres d’Agatha Christie qui a révélé l’information à la radio RTL.

Parmi les nombreuses réactions provoquées sur les réseaux sociaux à la suite de l’annonce du changement de titre du roman d’Agatha Christie, je retiens celle du philosophe Raphaël Enthoven publiée sur son compte Twitter : « Il y a quelques mois encore, on était des milliers à rire de bon cœur des incultes qui s’indignaient de ce titre. Désormais, l’inculture triomphe et règne ».

Après Autant en emporte le vent, est-ce qu’on va retirer La vie est belle et La liste de Schindler des écrans pour éviter de choquer les juifs ? À partir de quand est-ce qu’un mot, parce qu’il est susceptible de vexer certains cœurs fragiles, doit disparaître complètement du vocabulaire ? Sur quelles bases doit-on taire un événement historique dont le souvenir heurte certains ?

Gommer une œuvre littéraire, ce n’est pas moins grave qu’effacer des portions d’un tableau de maître ou « photoshoper » des images d’événements historiques pour les rendre conformes à la version des vainqueurs. En 2020, est-ce vraiment le chemin dans lequel nous souhaitons nous aventurer ? Quelle tendance infantilisante que celle de toujours prendre tout le monde par la main de peur de blesser quelqu’un!

https://www.journaldequebec.com/2020/08/29/dix-petits-quoi


Henri Marineau, Québec

 


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Henri Marineau1473 articles

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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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