Décrochage : le français en cause

Une majorité de décrocheurs en cinquième secondaire ont échoué en français

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Pas surprenant, on n'enseigne plus le français correctement





Pour la majorité des élèves qui décrochent en cinquième secondaire, c’est leur échec en français qui les éloigne de leur diplôme.


C’est l’une des conclusions du document intitulé Les décrocheurs annuels des écoles secondaires du Québec, mis en ligne récemment sur le site du ministère de l’Éducation.


«Ça consacre l’idée que le pire retard est celui en lecture. Ça finit par affecter la pensée», affirme Égide Royer, spécialiste en adaptation scolaire et professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval.


La publication dresse notamment un portrait des 22 % de décrocheurs qui abandonnent l’école alors qu’ils étaient inscrits en cinquième secondaire et permet d’identifier ce qu’il leur manque pour obtenir leur diplôme.


Dans 64 % des cas, ces décrocheurs avaient échoué à leur cours de français. Ils ont aussi du fil à retordre avec la langue de Shakespeare, puisque 49 % d’entre eux n’avaient pas réussi leur cours d’anglais.


«On peut affirmer que, dans plusieurs cas, c’est la réussite en langue d’enseignement et en langue seconde qui les sépare du diplôme d’études secondaires», peut-on lire. Pour trois décrocheurs sur dix en cinquième secondaire, il ne manque qu’un à deux cours pour réussir. Égide Royer croit qu’on pourrait en réchapper plusieurs en rendant l’école obligatoire jusqu’à 18 ans. «Et c’est une mesure qui ne coûte rien», souligne-t-il.


Décrochage en baisse ?


Depuis quelques années, le taux de décrochage est en «légère diminution» au Québec. Il est passé de 20,3 % en 2007-2008 à 16,2 % en 2011-2012. «Cette diminution est attribuable à l’augmentation des qualifications décernées», peut-on lire dans la publication.


Il s’agit de nouveaux parcours mis en place au secondaire, comme le certificat de formation à un métier semi-spécialisé et le certificat de formation préparatoire au travail. Dans ces deux cas, il n’est pas nécessaire d’avoir réussi la deuxième année du secondaire pour y être admis.


Égide Royer trouve le phénomène très préoccupant. «On vient consacrer la sous-scolarisation des garçons en difficulté», qui obtiennent en grande majorité ces certificats. Si on exclut ces nouvelles qualifications qui ne sont que de la «fausse représentation», le taux de décrochage au Québec fait du surplace, souligne cet expert.



22 % des décrocheurs se rendent jusqu’en cinquième secondaire



  • 64 % d’entre eux sont en échec en français

  • 49 % d’entre eux sont en échec en anglais

  • 30 % d’entre eux doivent réussir un à deux cours pour obtenir leur diplôme d’études secondaires



Décrocheurs hors-norme

Près de 16 % de décrocheurs présentent un profil atypique, c’est-à-dire qu’ils n’ont aucune caractéristique que l’on retrouve habituellement chez ceux qui abandonnent l’école: ils n’ont pas de retard scolaire, ne sont pas en difficulté d’apprentissage ou d’adaptation, ne viennent pas d’un milieu défavorisé et ne font pas partie des élèves immigrants ou autochtones. «Il est primordial de mieux connaître ces décrocheurs pour intervenir efficacement auprès d’eux», peut-on lire dans la publication du ministère de l’Éducation.

Source : Bulletin statistique de l’éducation, Les décrocheurs annuels des écoles secondaires du Québec, ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
 




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