Éducation

Au sujet de l’école privée

Privé contre public

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Tribune libre

 


 


Le débat public sur la pertinence du maintien d’un réseau d’écoles privées au Québec ne date pas d’hier. Parmi les arguments récurrents de ceux qui prônent l’arrêt des subventions aux écoles privées, arrivent au sommet de la liste les subventions qui leur sont versées par le gouvernement et la clientèle « sélectionnée ».

Les subventions

La subvention versée à l’école par le gouvernement du Québec correspond à 60 % de ce qui est versé à l’école publique pour un élève régulier pour les services éducatifs. Par ailleurs, les écoles privées, étant dans l’obligation de fournir elles-mêmes les bâtiments et d’en assumer l’entretien, le mobilier et les différents services aux élèves, ne reçoivent pas les différentes allocations supplémentaires allouées aux écoles publiques. Ainsi, la subvention réelle du gouvernement représente environ 40 % du coût total d’un élève à l’école privée.


Par conséquent, étant donné que l’État ne paie qu’une partie des coûts réels de l’élève, l’autre partie étant assumée par les parents, ces écoles permettent au gouvernement de réaliser des économies substantielles qui peuvent être réinvesties dans le réseau des écoles publiques.

Selon le rapport de la Commission permanente de révision des programmes du gouvernement du Québec (2015), la diminution ou l’abolition des subventions augmenterait de façon importante le budget que le gouvernement devrait allouer à l’éducation compte tenu que l
es écoles privées, sans leurs subventions, vont perdre une part substantielle de leur clientèle, qui se retrouvera inévitablement dans le public et alors, l'État paierait alors 100% de la formation des élèves car il n'y aurait pas de contribution parentale.


La clientèle

Il ne faut pas se fier à certaines rumeurs qui disent que seuls les élèves qui ont de la facilité à l’école sont admis dans les établissements privés. Malgré la croyance populaire, les écoles privées accueillent des élèves qui ont des profils variés. Certaines écoles privées ont mis en place des programmes avec appui pédagogique ou des mesures adaptées pour amener les élèves qui ont des défis particuliers à la réussite.

Par ailleurs, les établissements d’enseignement privés sont autonomes et chaque école présente son propre système d’admission. La grande majorité des écoles privées se fie d’abord aux bulletins de 5e année pour l’admission au secondaire et ne fait pas passer d’examen d’admission. On parle plutôt de test de classement afin d’équilibrer les groupes ou encore pour déterminer l’accès à différents programmes (sports-études, international, enrichi, etc…). 


Le secteur privé compte un peu moins de 125 000 élèves répartis dans près de 270 établissements. Le préscolaire regroupe environ 5 % de ces élèves, le primaire 25 % et le secondaire 70 %. Douze de ces établissements accueillent exclusivement des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA), alors qu’une vingtaine offrent la formation professionnelle.

Les fondations

Enfin, pour pallier les difficultés de certains parents d’assumer une partie ou l’ensemble des frais de scolarité, plusieurs écoles privées ont mis sur pied des fondations et offrent de l’aide financière à quelque 8000 élèves québécois provenant de familles à faibles revenus. Fait à noter, ces bourses ne sont pas attribuées en fonction des résultats scolaires. De plus, les familles de tous les élèves admis à l’école peuvent faire une demande si leur situation financière correspond aux critères de la fondation.

Effets collatéraux du réseau privé

Il existe, à mon avis, une saine compétition entre les réseaux public et privé au sein des établissements scolaires du Québec. Et de surcroît, certaines initiatives, telles l’instauration de programmes particuliers (sports-études, arts-études, etc…), et la mise sur pied d’une structure d’encadrement via la création de responsables de cycles, figurent parmi les virages positifs inspirés du réseau privé et entrepris par le réseau public au cours des dernières décennies.


Henri Marineau, ex-enseignant et ex-directeur d’une école privée

 


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Henri Marineau1514 articles

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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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