Amnesty International accuse Israël de «crimes de guerre»

Israël - sionisme et lobby


DAMAS NE VEUT PAS DE LA FINUL
Agence France-Presse
Beyrouth
Israël a été accusé mercredi par Amnesty International de «crimes de guerre» au Liban, alors que la composition de la force internationale qui doit consolider la trêve entre l'État hébreu et le Hezbollah se fait attendre, au dixième jour d'un calme toujours précaire.
Le président syrien, Bachar al-Assad, a pour sa part indiqué qu'il considérerait comme un acte «hostile» à l'égard de Damas un déploiement de cette Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) élargie à la frontière libano-syrienne, réclamé par Israël.
«La destruction extensive de centrales électriques, d'usines de traitements des eaux ainsi que d'infrastructures routières indispensables pour le transport de la nourriture et de l'aide humanitaire était délibérée et faisait intégralement partie de la stratégie militaire» d'Israël dans le sud du Liban, accuse Amnesty International dans un rapport.
Et beaucoup de ces attaques ciblées contre des structures civiles, «des attaques aveugles et disproportionnées», «sont des crimes de guerre», a insisté Kate Gilmore, secrétaire générale exécutive adjointe d'Amnesty.
À l'appui de ces affirmations, Amnesty rappelle une déclaration de Dan Haloutz, le chef d'État major israélien: «Rien n'est à l'abri (au Liban), c'est aussi simple que cela», avait affirmé cet officier lors de l'offensive militaire israélienne au Liban.
Dans le sud du Liban, où la trêve reste fragile, un soldat israélien a été tué et trois autres ont été blessés dans l'explosion d'une mine au passage de leur char mercredi, selon les chaînes satellitaires Al-Jazira et Al-Arabiya.
En Israël, l'armée n'avait pas réagi à cette information dans l'immédiat.
Les ambassadeurs de 25 membres de l'UE se réunissaient mercredi à Bruxelles pour examiner les contributions des États membres à la Finul et les conditions requises pour assurer le succès de l'opération, avant une réunion des chefs de diplomatie vendredi en présence du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan.
L'Italie s'est proposée pour assurer le commandement de la Finul élargie chargée de veiller à l'application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU qui a mis fin mi-août à plus d'un mois de conflit entre Israël et le Hezbollah.
La résolution prévoit, après le retrait des troupes israéliennes du sud du Liban, le déploiement de l'armée libanaise, l'envoi de 3500 Casques bleus d'ici à la fin du mois, puis jusqu'à 15.000 hommes à terme contre 2000 actuellement.
Mais l'ONU estime que les contributions à la Finul, annoncées jusqu'ici par les pays de l'UE, sont insuffisantes. Nombre de pays veulent des précisions quant au mandat et aux règles d'engagement de la mission.
Entre-temps, l'armée libanaise, qui a entamé son déploiement dans le sud jeudi 17 août, pour la première fois depuis la fin des années 1960, a poursuivi son mouvement, prenant le contrôle de positions abandonnées par l'armée israélienne aux Casques bleus, a indiqué mardi l'ONU dans un communiqué.
Mais le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz, a prévenu que ses forces continueraient d'occuper leurs positions stratégiques dans le sud du Liban jusqu'à l'arrivée des renforts de la Finul.
Il a également indiqué que les soldats libanais ne seraient pas autorisés à se déployer à moins de 2 km de la frontière avant le déploiement des Casques bleus.
Et malgré la cessation des hostilités le 14 août, Israël maintient son blocus maritime et aérien imposé depuis un mois au Liban. Le premier ministre israélien, Ehud Olmert, a conditionné la levée du blocus au déploiement de la Finul à la frontière libano-syrienne et dans l'aéroport de Beyrouth, lors d'un entretien mardi avec l'émissaire de l'ONU Terje Roed-Larsen,
Israël réclame un tel déploiement pour faire cesser les transferts d'armes au Hezbollah.
Pour le président syrien Bachar al-Assad, un tel déploiement serait un acte «hostile» et «un retrait de la souveraineté libanaise». Il appelle le gouvernement libanais à «assumer ses responsabilités et à ne pas entreprendre d'action qui nuirait aux relations avec la Syrie», dans une interview devant être diffusée mercredi par la télévision de Dubai, dont l'AFP a obtenu des extraits.
La résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU demande au gouvernement libanais de renforcer ses contrôles aux frontières afin d'empêcher l'entrée illicite d'armes. Elle demande aussi à la force multinationale de prêter assistance au gouvernement libanais s'il le demande.
La «Finul renforcée aura deux grandes missions: elle sera là pour permettre à l'armée libanaise de se déployer et pour bien s'assurer de l'embargo des livraisons d'armes au niveau de toutes les frontières du pays. Je répète, au niveau de toutes les frontières du pays», a déclaré mercredi le chef de la diplomatie française, Philippe Douste-Blazy, à la chaîne de télévision France 2.
M. Douste-Blazy, qui devait rencontrer à Paris en milieu de journée son homologue israélienne Tzipi Livni, a dit qu'il lui demanderait de lever le blocus du Liban qui «ne peut pas continuer».
«Si le Liban veut se reconstruire, si le Liban doit repartir économiquement, il faut la levée de ce blocus», a souligné le ministre français.


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