Une «trahison» mobilisatrice

Quelques milliers de personnes manifestent contre le projet de loi 115

Écoles passerelles - Loi 115


Mélissa Guillemette - «Français! Français! Français!», scandaient quel-ques milliers de personnes massées devant le bureau montréalais du premier ministre Jean Charest, hier soir. Ils protestaient contre le projet de loi 115, ancien projet de loi 103, qui devait être adopté au petit matin, sous bâillon. Les orateurs de la soirée promettent que ce n'est qu'un début de la mobilisation populaire dans ce dossier.
«Charest, on va se battre jusqu'au bout ou la prochaine fois, on va s'en choisir des meilleurs», a déclaré à l'ouverture de la «manifestation-spectacle» le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Mario Beaulieu. L'événement organisé par la Coalition contre la loi 103 a attiré plus de participants que lors du spectacle le 18 septembre, où 3000 personnes s'étaient présentées, selon les organisateurs.
Après une minute de silence pour souligner le bâillon, les manifestants ont assisté aux discours de défenseurs du français et à des prestations musicales à saveur politique, comme ce poème de Gaston Miron, Retour à nulle part, que le concepteur des albums 12 hommes rapaillés, Gilles Bélanger, a interprété.
Matière à réflexion
L'acteur Julien Poulin, comme bien d'autres, a écorché le premier ministre, encouragé par une foule bruyante. «Ce n'est qu'un petit. Il n'est pas digne du peuple québécois qui a des rêves», a-t-il dit. Ce terme de «petit» faisait écho aux échanges corsés entre le premier ministre et la chef de l'opposition Pauline Marois d'hier matin. La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a quant à elle appelé le premier ministre à «faire marche arrière». «On va se souvenir, si le gouvernement va de l'avant, de cette immense trahison. Pire encore, cette trahison va nous mobiliser.»
La présidente de Québec solidaire, Françoise David, estime que le Parti libéral du Québec perd des votes avec ce projet de loi 115. «Je crois qu'il y a, même chez les fédéralistes, des nationalistes sincères très attachés à la langue française, et je pense qu'avec ce bâillon, qui s'ajoute aux scandales de corruptions de ce gouvernement, un certain nombre d'entre eux qui vont réfléchir.»
Pour la manifestante Hélène Dufresne, c'est l'histoire qui se répète. «Ça fait des années que je manifeste pour la langue, et je trouve ça triste qu'on soit toujours obligés de sortir dans la rue [pour défendre notre langue]. On a de petites victoires et ensuite des reculs importants.»
Une manifestation de petite envergure avait lieu au même moment à Québec, devant l'Assemblée nationale.


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