AFFAIRE LONDON

Une motion visant à « dénoncer les amalgames » rejetée à Ottawa

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(Ottawa) La Chambre des communes a bloqué l’adoption d’une motion bloquiste visant à « dénoncer les amalgames entre les évènements de London et une loi québécoise ». On n’a ainsi pu accomplir à Ottawa ce qui avait fonctionné du côté de Québec un peu plut tôt.


La députée Christine Normandin n’a pas obtenu le consentement unanime pour déposer sa motion, jeudi. On a entendu au moins deux fois « non » – libéraux, selon les bloquistes – retentir dans l’enceinte lorsque le président de la Chambre a demandé si on donnait le feu vert à la présentation de la motion.


Celle-ci stipulait que la Chambre « offre ses plus sincères condoléances à la famille de Salman Afzaal et de Madiha Salman, aux amis et à la communauté de London […] » et qu’elle « dénonce fortement toutes les formes de haine et de crimes violents ».


Mais elle visait aussi à « dénonce [r] les amalgames entre les évènements de London et une loi québécoise ».





 




Le Bloc québécois s’insurge du rapprochement qui a été fait entre la loi 21 québécoise sur la laïcité de l’État et l’attentat islamophobe qui a fauché les vies de quatre membres d’une famille de confession musulmane à London, en Ontario, dimanche dernier.


La controverse a tiré son origine dans une déclaration faite mardi par le premier ministre Justin Trudeau.


En conférence de presse, celui-ci a avancé que la pandémie avait pu changer l’opinion sur le port de signes religieux, puisque les Québécois se sont habitués à recevoir des services de personnes arborant un masque sanitaire.


« Ça ne me surprendrait pas que dans les semaines et les mois à venir, il y ait des réflexions à avoir sur le but et l’importance de la loi 21, en partie parce que ça fait un an qu’on passe beaucoup de temps avec des masques qui couvrent nos visages en obtenant des services de l’État, et aussi parce qu’il y a une réelle inquiétude par rapport à la montée d’intolérance et d’islamophobie », a-t-il déclaré.


L’Assemblée nationale dénonce « les amalgames »


Un peu plus tôt, à l’Assemblée nationale, les députés ont adopté une motion condamnant l’établissement d’un tel lien.


Son libellé se lit comme suit : « que l’Assemblée nationale dénonce fortement toutes les formes de haine et de crimes violents » et « qu’elle dénonce les amalgames faits par certains politiciens et médias du reste du Canada entre la tragédie de London en Ontario et une loi québécoise ».


La motion a été approuvée à l’unanimité par tous les partis qui siègent au Salon bleu.


« Ignoble et inacceptable », dit Legault


Le premier ministre François Legault a ajouté son grain de sel.


« J’ai vu certains éditoriaux, certains commentateurs du reste du Canada qui ont essayé de faire un lien entre ce qui s’est passé à London et la loi 21. Je pense que c’est ignoble et que c’est totalement inacceptable », a-t-il affirmé en point de presse.


« Ce n’est pas vrai qu’on va laisser des journalistes du reste du Canada venir casser du sucre et traiter les Québécois de racistes », a-t-il tranché.


Avec Hugo Pilon-Larose à Québec