LETTRE

Une formation générale instrumentalisée

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La mission de l'école réduite à l'utilitaire immédiat

La formation générale au collégial devrait permettre aux étudiants d’acquérir un fonds culturel commun, une vision intégratrice de leur démarche dans un programme d’étude et une ouverture à de nouvelles perspectives d’avenir avant qu’ils aillent sur le marché du travail ou à l’université.

Le rapport Demers rendu public la semaine dernière par le ministre Yves Bolduc propose une refonte majeure de la formation générale en suivant en cela un autre avis, celui du Conseil supérieur de l’éducation paru en mai 2014.

Le ministre Bolduc et la fédération des cégeps se sont déjà prononcés en faveur d’un remaniement de la formation générale pour la rendre plus souple et mieux adaptée à la réalité d’aujourd’hui. Certains de ces intervenants parlent même de diminuer la formation générale à un maximum de cinq ou six cours seulement afin de permettre aux étudiants de faire des choix dans un ensemble de cours complémentaires.

Certes, il n’y a pas de matières sacrées ou dépositaires exclusives d’un droit inaliénable à former des esprits dans le cadre d’une formation générale de qualité. Mais on peut s’interroger sur l’effritement de l’ensemble cohérent de connaissances et d’habiletés offert à la grandeur du Québec lorsqu’il n’y aura presque plus de cours commun dans le réseau collégial.

Quels sont les besoins réels des élèves qui atteignent les études supérieures collégiales ? Pour définir une formation générale qui porte bien son nom, on doit répondre à cette question en gardant à l’esprit qu’une tête bien faite est plus importante qu’une tête bien pleine. Surtout en ce moment où la fluidité continue des informations rend accessible une somme incomparable de connaissances.

Malheureusement, ce qui semble se dessiner de l’ensemble des interventions du ministre Bolduc et des autres acteurs du milieu, c’est une formation générale à la carte qui deviendra de plus en plus une formation d’appoint compartimentée et instrumentalisée pour répondre aux stricts besoins du marché du travail.


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