Une explication historique ?

Géopolitique du Proche-Orient



Dans son texte sur l'antisémitisme au Québec, publié dans Le Devoir du 11 août dernier, [Michel Gaudette->1373] se prononce en tant qu'historien sur les sources et les manifestations d'une supposée intolérance religieuse au sein de la population québécoise.

Les énoncés tout enrobés de formules dubitatives et conditionnelles n'éclairent pas vraiment en ce qui concerne la situation qui prévaut mais réussissent toutefois à révéler les faiblesses de sa démarche d'analyse. Entre autres, il oublie que, dans l'opinion publique québécoise, on précise souvent être contre les excès du sionisme et les positions guerrières du gouvernement israélien mais non contre le peuple d'Israël. De plus, il ne prend pas en compte le fait que la forte immigration au Québec en provenance des pays arabes francophones a sans doute permis de développer chez nous une plus grande sensibilité à la «cause palestinienne» avec ses milliers de personnes laissées dans des camps de réfugiés depuis 1949, en attente de leur propre État, promis dès la création de l'État d'Israël.
M. Gaudette fait un rapprochement plutôt énigmatique, sinon bancal, avec le conflit d'Irlande du Nord. Son texte prétend expliquer une particularité québécoise relevée par un sondage d'opinion. Tout porte à croire que l'auteur, déjà convaincu que le Québec est lourdement marqué par un antisémitisme véhiculé par l'Église, a été très heureux d'en trouver une autre «preuve» dans cette enquête et en profite pour diffuser sa thèse. Un contexte social tient de plusieurs facteurs, aujourd'hui comme hier, et il s'avère hasardeux de l'expliquer par un seul facteur, qu'il s'agisse de la religion ou de l'inconscient collectif. C'est ce que nous apprend justement la discipline historique.
Roger Girard
_ Québec, le 11 août 2006


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