Le Manifeste du Rassemblement pour l'indépendance nationale

RIN - du pain sur la planche pour remédier aux incohérences

Chronique de Gilles Verrier

J’ai lu le Manifeste du Rassemblement pour l’indépendance nationale, une organisation nouvellement formée.
http://www.rassemblement-independance-nationale.org/manifeste-du-r-i-n/
Si je me suis senti assez en accord avec les huit premiers alinéas, je le suis beaucoup moins avec le paragraphe suivant, à l’exception de la portion que j’ai mise moi-même entre parenthèses :

«Nous voulons un Québec démocratique, pacifique, laïque, écologiste, un pays qui reconnaît l’égalité entre les femmes et les hommes, un pays dont la seule langue officielle sera le français, (un pays libre de ses choix politiques, économiques, et sociaux, libre de ses alliances et pleinement maître de son destin), le tout dans le respect des Premiers Peuples, en reconnaissant, notamment, la nécessité d’assurer la pérennité de leurs langues et de leurs cultures ancestrales.»

Ce paragraphe n’a tout simplement pas sa place dans le manifeste d’un groupe qui affirme par ailleurs ne pas vouloir former un parti politique, et qui précise ne pas être de gauche, de droite ou du centre. J’y vois là une contradiction, un manque de cohérence qui risque d’entraîner tôt ou tard le RIN dans la polémique politicienne, un terrain sur lequel il ne souhaiterait pas s’aventurer, si j’ai bien compris le motif de son existence. Je crois donc que les instances du RIN devraient se pencher sans retard sur cette contradiction qui risque de plomber la hauteur de vue de la démarche et de provoquer des divisions inutiles.
Pour ne pas critiquer sans rien proposer, je me suis appliqué à rédiger modestement quelques paragraphes de remplacement qui, selon moi, seraient davantage en phase avec la mission que semble se donner le RIN, soit de constituer un regroupement populaire et patriotique trans-courant.
«Le RIN lutte pour la proclamation de l’indépendance du Québec et pour assurer l’effectivité de celle-ci par une large reconnaissance intérieure, elle-même renforcée par la reconnaissance extérieure des pays du monde.»
«Le RIN préconise qu’à la proclamation de l’indépendance la Constitution québécoise prenne immédiatement effet et devienne la loi fondamentale du Québec. Toutes les autres lois en vigueur, d’abord maintenues intégralement, pourront dès lors être amendées, abrogées, reconduites, ou de nouvelles lois créées, en vertu du droit détenu désormais et exclusivement par l’État du Québec et ses institutions.»



«Advenant que la Constitution du Québec ne puisse prendre effet à la proclamation de l’indépendance, le RIN préconise que la Constitution canadienne, modifiée a minima pour rendre compte du remplacement de la souveraineté du Canada par celle du Québec, soit maintenue en vigueur à titre de Constitution provisoire pour assurer la stabilité des institutions et de la vie du pays, jusqu’à ce que la Constitution du Québec indépendant soit ratifiée dans les formes.»
«Le RIN laisse ses membres libres d’adhérer au parti politique de leur choix et n’exprime aucune préférence à ce sujet. Les membres du RIN consentent toutefois à n’accorder leur allégeance qu’au RIN, organisation populaire sans affiliation politique ou sociale, pour réaliser le passage de la province de Québec au statut d’État souverain. »

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Gilles Verrier136 articles

  • 213 572

Entrepreneur à la retraite, intellectuel à force de curiosité et autodidacte. Je tiens de mon père un intérêt précoce pour les affaires publiques. Partenaire de Vigile avec Bernard Frappier pour initier à contre-courant la relance d'un souverainisme ambitieux, peu après le référendum de 1995. On peut communiquer avec moi et commenter mon blogue : http://gilles-verrier.blogspot.ca





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4 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    27 avril 2011

    Puisque nous sommes dans les listes d'épicerie, si je puis dire. Pourquoi pas une mention dans la constitution qui déclarerait qu'un Québec souverain serait une démocratie directe?
    Voulons-vous réellement faire une copie du Canada? Ou au contraire quelque chose de plus excitant comme projet de société ?
    Parfois, j'ai l'impression que le problème de la souveraineté est qu'il ne fait pas rêver.
    Car soyons réaliste un instant. Le Canada est un endroit hostiles pour les francophones, mais ce n'est pas l'enfer. Nous offrons un projet qui offre une portion d'incertitude, mais qui semble sans grands avantages, en contrepartie. Il me semble que lorsque l'on regarde les choses avec un peu de recul, on doit admettre que l'offre actuelle n'est pas vraiment vendeur. Ou pas aussi vendeur que cela pourrait l'être.
    Et quelque part cela entretient une vision que nous sommes des 'pelleteux de nuage'.
    Il me semble que dans l'esprit de bien des gens la souveraineté se serait changer 'quatre trentes sous pour une piasse'.
    Suis-je le seul à avoir l'impression que l'on a beaucoup (trop) parler de souveraineté et de référendum. Et pas assez de projet de société ?

  • @ Richard Le Hir Répondre

    17 avril 2011

    M. Verrier,
    Je vous remercie de vos bons souhaits.
    L'exercice que vous souhaitez est en cours.
    Vous comprendrez qu'il puisse y avoir quelques susceptibilités à ménager. Nous sommes très Gaulois (au sens Astérix du terme) dans nos réflexes politiques, et rien ne semble plus nous attirer qu'une occasion de nous chamailler.
    Mais je ne doute pas que nous parviendrons à démêler ces incohérences que vous soulignez dans un avenir très prochain.
    En attendant, vous êtes bienvenu à nous rejoindre.
    Richard Le Hir

  • Gilles Verrier Répondre

    17 avril 2011

    @ M. Racine
    Merci de votre commentaire. Je sens une certaine frustration chez vous de ne pas pouvoir compter sur une participation plus grande à des actions citoyennes que vous défendez. Vous le savez sans doute, mais je vais l'écrire pour le bénéfice de tous, il n'y aura pas au Québec de manifestation massive sortie de nulle part, comme cela a l'air, en apparence, de se produire ailleurs. Il n'y aura pas de financement pour ça ici, c'est clair, et les réseaux médiatiques du monde ne seront pas «invités» à titrer demain matin : «Vite une enquête de l'ONU pour faire la lumière sur le scandale des 40 000 millions disparus de la Caisse de dépôt». Il faudra donc être patient car les réseaux de pouvoir sont assez unanimes à vouloir garder le Québec là où il est. La situation économique qui est en voie de se dégrader pourrait changer la donne, mais les indépendantistes pourront-ils en profiter ?
    Vigile a pu en quinze ans, avec un seul timonier et quelques dizaines de rameurs se rendre là où il est. Ce qui prouve que des institutions nouvelles peuvent être construites en dépit de tous les obstacles. C'est un succès certes, mais il est hélas encore trop modeste compte tenu de ce qu'il faudrait. La défense de Vigile contre les poursuites dont il est l'objet et l'augmentation du nombre de ses lecteurs sont encore pour moi des priorités.
    Le Québec se cherche encore une voie praticable pour réaliser son indépendance. Ce que le RIN reconnaîtrait en affirmant ne pas vouloir laisser la réalisation de l'indépendance aux seuls partis politiques... Le rôle du RIN aura besoin d'être précisé, notamment sur la façon dont il compte articuler son action en rapport avec les partis politiques et mieux définir sa place indépendante(?). Ma tribune libre ne lui est donc pas hostile mais va dans le sens d'une contribution politique que je vise à partager, car ce dont je traite n'a pas de nature confidentielle. J'en profite d'ailleurs pour féliciter M. Richard LeHir et lui souhaiter bon succès à la présidence du RIN.
    GV

  • Archives de Vigile Répondre

    17 avril 2011

    Pourquoi publier votre article sur Vigile.net plutôt que de seulement écrire un message à info@rassemblement-independance-nationale.org et donner votre avis?
    En passant, http://ecoeurement.com/2011/04/16/bcia-yvan-delorme-nathalie-normandeau-jacques-dupuis-et-cie/
    Depuis 2003 que le peuple du Québec se fait baiser. Je ne comprends pas comment les gens attendent toujours les élections.
    Et les écolos pour un moratoire, il ne se passe TELLEMENT rien que sur la page Facebook, on parle des mobilisations, manifs en France.
    Pendant ce temps, Moratoire d'une génération demande 40$ pour faire des formations pour des actions citoyennes.
    bonne chance si 10 personnes s'y sont présentées cette fin de semaine.Imaginez, les gens n'ont pas le courage de faire des vigiles ou d'afficher, alors qui ira payer 40$ pour apprendre à faire des actions qui demanderaient beaucoup plus de témérité?
    Non, plus facile de critiquer les gens qui affichent et font des vigiles. Merde!
    4 personnes à la vigile à Québec la semaine dernière.
    M. Verrier, plus facile de critiquer les gens qui ont passé à l'action... Vraiment, bravo!