SANTÉ

Responsabilités des gestionnaires et des gouvernements.

Les morts s’accumulent dans les CHSLD

B4c3164ef86ece59d9165bf77247fe73

Tribune libre

Quelles sortes d’êtres humains êtes-vous chers gestionnaires des CHSLD, des CIUSS et de toutes ces énormes bureaucraties de la santé, que personne ne comprend, gracieuseté de Gaétan Barrette? Avez-vous vu ce qui se passe en dessous de vous? Avez-vous vu l’organigramme de votre organisation dans le journal de Montréal? Comment voulez-vous que les gens d’en bas puissent parler à ceux d’en haut? Je m’adresse ici à tous les gestionnaires-décideurs qui ont accepté de couper dans les services destinés aux personnes âgées. Je ne critique pas ici les gens sur le terrain qui sont au front pour tenter de sauver des vies. Je veux être bien clair.  


Comment des êtres humains normaux peuvent-ils décider de priver de soins de base des personnes âgées démunies en leur refusant le droit de manger de bon repas, d’avoir droit à des couches au besoin après avoir pissé ou chier dedans et, à pouvoir prendre un bain par jour surtout après avoir mijoté dans leurs propres excréments? Je ne parle pas des pauvres préposés qui travaillent dans ces lieux qui font tout ce qu’ils peuvent avec les moyens qu’on leur donne, mais je parle des décideurs qui coupent dans tout, en connaissant très bien les répercussions de leurs gestes autant pour leurs employés que pour leurs bénéficiaires. Vous, les gestionnaires êtes directement responsables de tous ces décès, au même titre que les pires meurtriers de l’histoire. En parlant d’histoire, j’espère qu’elle se souviendra de vous.


C’est payant d’avoir un CHSLD au privé, paraît-il! En plus de sous-payer vos employés, vous pouvez charger entre 3 et 10,000$ par mois à chaque résident pour un minimum de services de marde. Les décideurs ont bien su instrumentaliser le malheur des autres. Pourtant, tout le monde va devenir vieux, même vous qui prenez des décisions aux désavantages de vos clients. Comme les personnes âgées enfermées dans ces prisons de l’horreur ont peu de visites de leurs familles, personne ne peut être témoin de la tragédie qui s’y déroule. Le covid-19 est en train de le faire. Vous êtes tellement courageux que si un de vos employés ose vous critiquer dans les médias, vous le suspendez et s’il recommence, vous le congédiez. C’est la loi de l’Omerta. Quand nous ne sommes pas blancs comme neige, il faut bien faire taire les dénonciateurs. Vous pouvez bien vous cacher derrière votre grosse bureaucratie, bande de couillons. Petite question : Où va donc toute cet argent, si vous ne l’investissez pas dans les services à vos usagers? Je crois que nous l’avons vu ce matin dans le journal de Montréal, avec l’organigramme de la santé. Les politiciens n’ont même pas pris les avertissements d’un cataclysme en considération et ils étaient nombreux.


En 2006, après le SRAS, un rapport fédéral de 550 pages a été produit sur les préparatifs nécessaires en prévision d’une éventuelle pandémie. Il décrivait très bien les différentes phases du développement de la pandémie, telles que nous les vivons aujourd’hui : arrivée au Canada trois mois après son émergence ailleurs dans le monde; 70 % de personnes infectées; 15 à 35 % des Canadiens montrant des signes de la maladie; un grand nombre de personnes infectées ne présentant aucun signe de la maladie; le pic atteint de deux à quatre mois après son arrivée au Canada.


Une des signataires du rapport n’était nulle autre que le Dr Theresa Tam, qui a été nommée en 2017 au poste d'administrateur en chef de la santé publique du Canada et qui est actuellement chef de l'Agence de la santé publique du Canada.


En 2010, il y a eu un audit sur les problèmes de gérance des stocks d’équipements médicaux d’urgence.


En 2018, une évaluation des conséquences de la grippe porcine H1N1 a soulevé des préoccupations concernant une pénurie de ventilateurs.


En 2019, une étude menée par un groupe de scientifiques questionnait la capacité de plusieurs pays, dont le Canada, de prévenir, détecter et répondre à une épidémie majeure.


En septembre 2019, soit trois mois avant l’éclosion de la COVID-19 en Chine, un rapport conjoint de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale de la Santé prévenait des gouvernements de se préparer à une pandémie.


En octobre 2019, un rapport du Global Health Security Index de l’Université John Hopkins jugeait que les 195 pays évalués, dont le Canada, étaient insuffisamment préparés à faire face à une pandémie.


Le 30 décembre 2019, une alerte scintillait sur le réseau ProMED, un système monitorant les maladies émergentes, utilisé par tous les hôpitaux du monde. Le libellé était : « Message urgent. Pneumonie de cause inconnue ». Le message a été relayé aux 800 000 membres du réseau ProMED, qui est administré par la Société internationale pour les maladies infectieuses. Il prévenait les institutions médicales de la férocité du virus et leur demandait de prendre des moyens de précaution en conséquence.


Mais, malgré tous ces avertissements, le 29 janvier 2020, soit un mois après le déclenchement de l’alerte à Wuhan, le Dr Theresa Tam, l'administratrice en chef de la santé publique du Canada et chef de l'Agence de la santé publique du Canada, déclarait à des parlementaires à Ottawa que « les risques au Canada étaient beaucoup, beaucoup plus faibles que dans plusieurs autres pays ». C’était quatre jours après l’arrivée à Toronto en provenance de Wuhan de la première personne infectée au pays. 


Depuis que Gaétan Barrette et ses libéraux de malheur ont entrepris leur dévastatrice austérité en 2015, le sort de nos aînés s’est dangereusement dégradé. L’ancien ministre de la santé a été l’instigateur de cette maltraitance organisationnelle, comme l’a décrit la protectrice du Citoyen Marie Rinfret dans son rapport annuel de 2019. Au comble de l’absurdité, c’est lui qui était même venu justifier les motifs de ses coupures en vantant les avantages de se faire décrotter à la débarbouillette en expliquant faussement que c’était plus efficace qu’un bain ou qu’une douche. Que dire de son spectacle de bouffe molle dégueulasse où il a essayé de nous faire croire qu’il était en train d’implanter de la haute gastronomie dans les CHSLD, avec sa gang de clowns qui utilisaient des onomatopées de plaisir en ingurgitant les restitues d’agneau en mou. Il faudra débarretisé le système si on veut arriver à rétablir cette catastrophe. Que les médias arrêtent de donner du temps d’antenne à ce personnage arrogant qui fait semblant d’être empathique, sûrement pour se refaire un nom. En plus, il se défend de ne pas être responsable de ce chaos. Avez-vous déjà vu quelqu’un avouer s’être tromper au parti libéral? Il offre maintenant ses services pour aller éteindre le feu qu’il a lui-même allumé.


C’est pathétique de voir les gouvernements en réaction aux morts dans les CHSLD, répétant qu’ils sont en pensées avec les familles éplorées. Fuck you!  Quand le malheur frappe, les politiciens viennent pleurer devant les caméras comme l’ont fait certains ministres à Granby, lorsque la petite martyre a été tuée. Ils vont se recueillir devant les toutous, apportés par le gens, avec une caméra pas trop loin pour filmer leur peine immense. Est-ce que les choses ont changées à la DPJ après ce drame? Non. Il en sera de même s’ils font une commission d’enquête sur les CHSLD. Ce sera la faute du système.


Les gouvernements ne sont jamais intervenus auprès des gestionnaires de CHSLD même s’ils agissaient comme des membres de la Gestapo. Ils traitent leurs employés et leurs résidents comme des moins que rien avec l’approbation silencieuse du ministère de la santé. Personne n’est imputable de rien dans ce groupe de « pousseux » de crayons.   


Je me souviens quand j’étais jeune, je regardais des reportages sur Joseph Mengele, le médecin nazi qui avait torturé des enfants et des vieillards juifs emprisonnés dans les camps de concentration pour étudier les réactions du corps à la souffrance. J’avais trouvé cela odieux, mais c’était des crisses de nazis inhumains d’une époque révolue. Pour moi, les gestionnaires des CHSLD sont aussi pires que ces bêtes nazis du passé. Ils connaissent très bien les répercussions de leurs décisions. 


Le gouvernement fait toujours des études pour, supposément, tenter d’améliorer le système. Ça fait des années que Jean Bottari et Me Claude Brunet, deux experts en la matière s’époumonent à les avertir de ce qui se passe à l’intérieur de ces établissements, en leur proposant des solutions viables. Les gouvernements font la sourde oreille. Les soldats au front avaient besoin de renfort à tous les niveaux. Trudeau leur a envoyé 125 militaires. That’s it.  


Chers gestionnaires, n’avez-vous pas des parents âgés? N’éprouvez-vous pas de l’amour pour des êtres humains dans votre famille? N’avez-vous pas un cœur? Quelle différence y-a-t-il entre vous et les nazis d’Hitler qui laissaient leurs prisonniers mijotés dans les pires conditions sans aucune empathie? Je vous blâme, vous, ainsi que nos gouvernements qui n’ont rien faits pour mieux tenter de protéger nos aînés. Ça doit être réconfortant de pouvoir faire ce qu’on veut sans ne jamais subir de conséquences à nos erreurs? J’en suis même rendu à me demander si nous ne sommes pas en train d’assister à un génocide gériatrique. Votre manque d’humanité me dégoûte.


J’ai perdu confiance en nos gouvernements parce qu’ils ont fermés les yeux sur cette tragédie annoncée depuis longtemps. Ce qui fait que JAMAIS PLUS, je n’irai voter. Je ne participerai plus jamais à cette honteuse comédie électorale, car la vraie vie n’est jamais ce que ces élus nous promettent. Nous en avons eu la preuve pendant la pandémie. Des promesses, des promesses, des promesses jamais tenues. Vous vous servirez de mon bulletin de vote pour vous l’enfoncer bien creux.   


À tous ceux qui ont des parents dans des CHSLD, je vous lance un cri du cœur. Quand la pandémie sera terminée, s’ils sont encore vivants, sortez-les de ces établissements! Allez les chercher et amenez-les chez vous. Ce n’est plus une question d’argent, c’est une question de vie ou de mort. Engagez des gens pour s’en occuper, mais de grâce, ne les laissez pas dans ces trous à rats. Ne les laissez plus aller dans ces mouroirs où les gestionnaires n’ont aucun respect pour la dignité humaine. Si le gouvernement veut vraiment régler le problème, qu’il investisse pour des soins à la maison. Les CHSLD sont devenus pires que des camps de concentration. Si vous aimez vos parents, sortez-les de ces établissements!


Pour ma part, je suis un homme de 62 ans. Je vois venir la vieillesse à grand pas. Jamais, je n’accepterai d’aller vivre dans un CHSLD. Je n’ai pas l’intention de finir ma vie dans un endroit où je ne pourrai pas voir mes enfants et où je serai traité comme un déchet de l’humanité qui ne sert plus à rien. Je n’accepterai jamais d’être à la merci de nazis inhumains qui s’en mettent plein les poches avec ma fragilité. Je crois que j’aimerais mieux m’enlever la vie que d’aller y vivre, en souhaitant qu’il me reste un soupçon de lucidité pour le faire. Je le répète, ma missive n’est pas destinée aux préposés, infirmières et médecins, elle est destinée aux rapaces de gestionnaires de cette immense structure bureaucratique inhumaine qui ont pris la décision d’investir dans la mort au lieu d’investir dans la vie.


Veuillez agréer, chers gestionnaires de CHSLD et chers politiciens, de mon mépris le plus totale.   


Featured f8673cb092102f4c1f4b4a992a443180

Alain Patenaude81 articles

  • 674 561

Je suis un Gatinois indépendantiste dans l'âme au-delà des idéologies poiitiques et non pas un vieux péquiste des années 70 du genre qui détestait les anglais parce que c'était cool. Je ne déteste personne. Je parle anglais et français et je trouve primordial que le Québec protège sa langue française, au détriment de ce que peuvent penser mes amis anglophones. Je suis originaire de St-Jean sur Richelieu et je vis dans l'Outaouais depuis 2010. J'ai vécu à Granby,, St-Hubert et Contrecoeur. Je crois que nous devrons, un jour, quitter ce beau grand Canada qui ne nous aime pas, pour voler de nos propres ailes. Nous sommes comme des adolescents qui doivent quitter le foyer familial pour fonctionner par eux-mêmes et ce, même si les parents ne veulent pas nous laisser partir. Je suis désillusionné de la politique d'ici et du fédéral. Écrire me permet d'évacuer mes frustrations et de structurer ma pensée. 





Laissez un commentaire



Aucun commentaire trouvé