Loi 78 et droits de l’homme

Québec en colère contre l’ONU

Ottawa donne son appui au gouvernement de Jean Charest

Crise sociale - JJC le gouvernement par le chaos


Antoine Robitaille , Hélène Buzzetti - Le 31 mai dernier, deux rapporteurs de l’ONU avaient soutenu que la loi 78 restreignait indûment le droit d’association et de réunion pacifique.
De Rio, Jean Charest a rabroué la haute-commissaire aux droits de l’homme hier, pour sa condamnation de la loi 78. Cette dernière, Navi Pillay, s’est dite « déçue par la nouvelle législation adoptée au Québec qui restreint les droits à la liberté d’association et de réunion pacifique ». Elle prenait la parole dans le cadre de la XXe session du Conseil des droits de l’homme (CDH), à Genève, qui s’ouvrait hier matin.
M. Charest, qui se trouve au Brésil, à une autre conférence de l’ONU - mais sur le climat - a qualifié d’« ironique » que Mme Pillay critique une loi exigeant un préavis de huit heures pour organiser une manifestation alors qu’à Genève, où la session du CDH se déroule, « le délai requis est de 30 jours ». « C’est donc plus sévère à Genève que dans la loi 78 », a insisté le premier ministre, selon ce qu’en a rapporté son entourage au Devoir hier. Jean Charest a ajouté que les « Québécois qui vivent cette situation-là » n’ont pas besoin de l’ONU. « Ils sont capables de juger. »
Au bureau de la ministre des Relations internationales Monique Gagnon-Tremblay, on s’est dit déçu que l’ONU n’ait pas attendu la réaction de Québec avant de formuler d’autres commentaires. Car déjà le 31 mai, deux rapporteurs de l’organisation avaient soutenu que la loi 78 restreignait « indûment le droit d’association et de réunion pacifique ». À ce moment, la ministre, s’était dite « insatisfaite » des propos des rapporteurs et avait promis de « mieux informer l’ONU », soulignant que le Québec avait 60 pour rendre sa réponse.
Flèches méritées
Au bureau de Jean Charest, on a soutenu hier que Mme Pillay, avait donc « mérité » les flèches envoyées par Ottawa hier. Car le gouvernement conservateur a profité de cette sortie de la haute-commissaire pour dénoncer l’ONU. Au dire d’Ottawa, l’organisation « gaspille » son temps et « sa crédibilité » à critiquer un pays démocratique comme le Canada. « On appuie le gouvernement du Québec. Ce qui se passe en Syrie, en Iran, au Bélarus, l’ONU ferait mieux de s’y attarder », a indiqué le ministre des Affaires étrangères, John Baird. Le Québec est démocratique, a-t-il ajouté, et les gens peuvent contester les décisions gouvernementales devant les tribunaux.
Le ministre de l’Industrie Christian Paradis a qualifié les remontrances onusiennes d’« étranges ». « Lorsqu’une assemblée démocratiquement élue vote une loi, c’est ça qui doit primer. » M. Paradis s’est toutefois gardé de commenter la loi 78 elle-même. Il reproche au NPD de s’ingérer dans les affaires du Québec dans ce dossier.
Le NPD a déploré quant à lui que Québec et Ottawa condamnent l’ONU dès qu’un rapport est critique à leur endroit. « C’est valide que l’ONU se penche là-dessus », a-t-il soutenu. M. Dewar n’a pas hésité à dire qu’il « n’aurai [t] pas déposé » une loi comme la loi 78.


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