Que font des souverainistes avec Coderre et sa gang?

Un maire Coderre incapable de régler la problématique du transport routier des marchandises à Montréal: le poids de certains amis lui lient les mains.

Tribune libre


J’ai été très surpris de voir certains souverainistes (Hadrien Parizeau, Elsie Lefebvre, etc) se joindre à Denis Coderre : multiculturaliste opportuniste, fédéraliste absolutiste et magouillard invétéré.


Encore dernièrement, nous apprenions que Denis Coderre reconnaissait, en avril 2017, qu’il avait reçu, en 2012, un don de 25 000 $ de la part du sénateur libéral Jean Rizzuto. Ce montant a servi à payer les coûts reliés à la poursuite de l’hockeyeur, Shane Doan. Dès 2010, Denis Coderre affirmait à Patrick Lagacé, à l‘émission Les Francs-tireurs, qu’il payait de sa poche ses frais d’avocats.


Que font nos souverainistes dans cette galère? Pensent-ils qu’ils vont changer l’homme et sa gang ?


Le transport routier des marchandises et ses impacts néfastes sur les citoyens.


J’aimerais illustrer par un exemple que cet homme s’est lié les mains en fréquentant des personnes et des associations qui ont beaucoup de pouvoir. Ce problème touche la majorité des Montréalais et Denis Coderre ne pourra jamais le résoudre : le transport routier des marchandises sur les grandes artères de Montréal et principalement sur la Métropolitaine. En plus de paralyser quotidiennement la circulation, le trafic lourd a des conséquences majeures sur la santé des Montréalais : pollution de l’air, pollution par le bruit, augmentation des accidents touchant les piétons, les cyclistes et les automobilistes.


Même si la Métropolitaine est de juridiction provinciale, les liens que Denis Coderre entretient avec les Teamsters du Canada et l’industrie du camionnage sont déterminants et dévoilent que ses actions pour mieux contrôler le transport routier des marchandises ne sont que de la poudre aux yeux. Face à cette grave crise, le maire propose de nouvelles consultations ou des solutions cosmétiques


Denis Coderre a été dénoncé pour des nominations d’amis en utilisant des contrats de moins de 25 000 $ : Robert Bouvier, Rick Leknner, etc.


Au-delà de ses engagements douteux, ces contrats démontrent que Denis Coderre est un politicien de la vieille école et qu’il n’a pas changé.. Sur le camionnage lourd de marchandises, sa politique est en fait une un encouragement à maintenir le cap; faire à tout prix de Montréal, la plaque tournante du transport routier des marchandises dans le Nord de Amérique.


En 2016, comme le faisait remarquer Luc Ferrandez, maire de l’arrondissement du Plateau Mont-Royal: «Dans son Plan de transport de 2008, la Ville devait revoir la grosseur des camions, les routes de camionnage, la logistique des transports et les heures de livraison. Huit ans plus tard, rien de tout cela n'a été fait et les collisions impliquant des poids lourds et d'autres usagers de la route continuent d'être fréquentes. Tout ce que Denis Coderre a l'intention de faire, c'est d'envoyer le dossier en commission. On s'en va en élection dans un an, c'est donc dire qu'il ne se passera rien d'ici les élections. La Ville n'a aucune idée des activités de camionnage sur son territoire, donc aucune idée si la réglementation est respectée».


En 2016, la compagnie Intrix inc faisait un palmarès des villes les plus congestionnées au monde (1064 villes). On peut lire dans ce rapport que « A new analysis of traffic congestion around the world found Montreal to be the most gridlocked Canadian city, (…).


Les amis de Denis Coderre et le transport routier.


En 2015, Denis Coderre a engagé Robert Bouvier, ancien président du syndicat des Teamsters Canada pour un contrat de moins de 25 000 $ qui se terminait le 31 décembre 2015. Bouvier a été engagé à titre de consultant. Cet ancien syndicaliste est un ami de Coderre. Il a quitté en avril 2015 la présidence des Teamsters Canada, qu'il occupait depuis 15 ans et quelques mois plus tard, Denis Coderre, son grand ami, l'engage. Depuis environ 1990, Robert Bouvier a aussi aidé et financé les élections de Coderre en tant que député du PLC et maire de Montréal. Robert Bouvier et plusieurs membres de l'ancien et nouveau conseil d'administration des Teamsters Canada sont aussi des proches de Denis Coderre: Phil Benson, lobbyiste des Teamsters Canada à Ottawa, Stéphane Lacroix, responsable des relations publiques chez les Teamsters, etc.


Plus grave encore, en 2014, Denis Coderre a engagé son ami et solliciteur de dons de Équipe Denis Coderre, Rick Leckner, fondateur et président de MaisonBrison Communications pour un contrat de moins de 25 000 $ en tant que représentant de la ville de Montréal au Comité technique sur la mobilité des biens et des personnes dans la grande région de Montréal mis en place, 2011, par le Ministre des Transports d’alors, Sam Hamad.


Actuellement, Leckner y siège encore mais, depuis 2015, sa participation serait bénévole. Ce comité a le mandat d'établir un plan global d'intervention, coordonner efficacement les travaux, proposer des mesures de mitigations des chantiers sur le réseau supérieur et sur le réseau municipal et de proposer un plan d'intervention métropolitain permettant de réagir adéquatement et de façon coordonnée lors d'imprévus majeurs soudains associés aux infrastructures de transports.


Cette nomination nous apparaît pour le moins étonnante et étrange. Monsieur Leckner a une entreprise de communications. Sa compagnie a un gros client particulièrement important dans le domaine du trafic routier des marchandises par camions: TF 1 International inc. : un des chefs de file nord-américain du secteur du transport et de la logistique, qui est présent partout aux États-Unis, au Canada et au Mexique par l’intermédiaire de ses filiales.


De plus, au Québec. TFI International est la première entreprise de camionnage de transport lourd de marchandises. TF1 International inc fonctionnait anciennement, sous la raison sociale de TransForce inc. Elle a son siège social situé au 8801 route Transcanadienne, bureau 500 dans l’arrondissement Saint-Laurent. En 2017, selon le Journal des Affaires, TFI International se situe au 51 ième rang des plus grandes sociétés au Québec. Elle emploie 3 000 personnes au Québec sur 14 550 travailleurs surtout au Canada et aux États-Unis. La compagnie Robert Transport inc arrive au 53 ième rang avec près 2 700 travailleurs au Québec.


Pourquoi la nomination de son ami Leckner par Denis Coderre, comme représentant de la Ville de Montréal, sur ce Comité très important alors que son travail de relationniste de la plus importante compagnie de transport rourtier des marchandises au Québec : (TFI international inc.) le place en conflits d'intérêts possibles ?


De 2011 à 2013, Leckner était déjà sur ce Comité. Nommé par Sam Hamad, Leckner était un un chroniqueur de la circulation à CJAD, qui devait représenter les intérêts de la population. Tout son travail de relationniste de la plus importante compagnie de transport de marchandises TFI internationnal était passé sous silence. Denis Coderre le nomme en 2014 représentant de la Ville de Montréal car il aurait une expertise dans ce domaine.


Dans son discours fait en septembre 2016, devant l’Association du Camionnage du Québec (ACQ), Denis Coderre, comme invité d’honneur, suggère simplement l’application d’outil technologique, Cargo M, qui permettrait aux camionneurs d’emprunter en temps réel le meilleur chemin. Il proclame que « Montréal doit, en Amérique du Nord, devenir la plaque tournante du transport de marchandises ».


Depuis le début, en 2011, l’ACQ siège sur ce Comité provincial. L’ajout de Leckner, dès 2011 vient ajouter une voix plus favorable au camionnage des marchandises dans la grande région de Montréal. En 2016, l’ACQ «(…) salue l'initiative de M. Coderre pour la mise en place d'une consultation à laquelle seront conviés plusieurs intervenants et qui contribuera à améliorer la sécurité et la fluidité du réseau routier métropolitain. Montréal est une plaque tournante de l'économie et il est essentiel de travailler en partenariat (…). Comme l'a mentionné le maire Coderre, le réseau routier doit continuer de progresser tout en tenant compte des modifications de densité et de l'augmentation du transport actif. » rappelle Marc Cadieux.  Dans son communiqué du 14 septembre 2016 que l'ACQ affirme : «  qu’elle sera donc présente afin de communiquer les enjeux de l'industrie et que la réalité de celle-ci soit prise en compte dans les discussions. »


Les nouveaux enjeux et la passivité de Denis Coderre.


Il est évident que le maire Coderre néglige ou ignore, comme Marc Cadieux, le fait que le transport des marchandises par camions a connu une croissance explosive, depuis les années 1995, due en partie à l’Accord de libre-échange entre le Canada (ALENA), les États-Unis et le Mexique. Selon les chercheurs Perreault et Bourque de l’IREC (Institut de recherche en économie contemporaine), dans leur document intitulé : ‘ Évolution du transport routier. Crise d’un paradigme parue en avril 2014, : « Le volume des échanges et le transport routier des marchandises augmentent tandis que le taux d’ouverture entre le Canada et les États-Unis sur les transactions courantes de biens et services passe de 18 % à 26 % du PIB canadien entre 1990 et 2005. Aussi, les entreprises ont de plus en plus recours à une logistique de type « juste à temps. Ce mode de gestion plus flexible transfère une partie des stocks des entreprises vers les camions. Conséquemment, de nombreux véhicules considérablement chargés suivent quotidiennement un itinéraire serré et accumulent les livraisons d’une entreprise à l’autre. »


Après la récession de 2007-2009, l’industrie du transport routier des marchandises a repris à croître. Les chercheurs indiquent aussi que selon les chiffres de la SAAQ, il y a eu une augmentation impressionnant des camions de marchandises entre 1978 et 2012. « le nombre de véhicules.


Alors que la ville de Montréal est saturée et que cette congestion quotidienne a des conséquences néfastes sur la santé des Montréalais et sur son système routier. Avec les chercheurs de l’IRET, nous pouvons conclure de façon réaliste : le réseau routier de Montréal n’a jamais été prévu pour devenir la plaque tournante de tout le transport routier pour le Nord de l’Amérique. Selon la logistique « just in time », la circulation quotidienne des camions-entrepôts sur la Métropolitaine ira en augmentant dans les prochaines années. Déjà, nous constatons que l’ouverture de la 30 sur la Rive-Sud a eu aucun effet et que les congestions monstres sont quotidiennement au rendez-vous. Le trafic de transit vers l’Ontario et les villes américaines vient aggraver la congestion de la Métropolitaine. Cet état de la situation pousse les camionneurs locaux à déborder dans les rues de Montréal et à créer d’autres bouchons. Finalement, les cyclistes, les piétons et les automobilistes doivent souvent partager la route avec ces camions de 53 pieds; ce qui engendre de nombreux accidents.


En somme, Denis Coderre et les amis de Coderre, tant sur le plan des syndicats (Teamsters) que de l'industrie du camionnage, veulent encore plus de transport routier des marchandises malgré que les Montréalais considèrent le camionnage lourd des marchandises dans la région de Montréal, comme un problème criant.


Même sur la question du transports de matières dangereuses sur la Métropolitaine, le maire Coderre reste passif. La Ville de Montréal avait envisagé il y a près de 10 ans déjà d'imposer «dans les secteurs sensibles et vulnérables du territoire de l'agglomération» des restrictions horaires au transport de matières dangereuses.


L'engagement figurait dans le Plan de transport 2008-2012, un volumineux document publié à l'époque où Gérald Tremblay était maire de Montréal. La Ville, qui n'a pas compétence sur les autoroutes comme la Métropolitaine, ne semble toutefois jamais y avoir donné suite.


Le maire Denis Coderre a refusé de commenter, se bornant à indiquer qu'il fallait y aller «étape par étape» et qu'il aurait «l'occasion de faire d'autres conférences de presse». Il faut dire que l’Association du camionnage du Québec s’opposait à cette mesure si sensée. Le maire renvoie tout cela à dans un avenir indéfini.


Conclusion


Voilà un aperçu des relations de Denis Coderre avec des acteurs importants dans le domaine du transport qui peuvent expliquer la passiveté du maire quant à trouver de véritables solutions et à de vrais problèmes. Selon les chercheurs de l’IREC, la crise actuelle du transport routier et plus particulièrement du transport routier par marchandises exige un changement complet du paradigme qui a prévalu dans la conception du développement industriel. Il faut faire le choix du développement durable contre les intérêts des pétrolières, de l’industrie de l’automobile et du transport routier


À l’instar des chercheurs de l’IREC, « (…) Maintenant, il reste à favoriser une approche globale permettant d’articuler la production durable et la consommation durable, la responsabilité sociale des entreprises et la finance responsable, la mobilité durable et l’écologie urbaine, etc. Pour y contribuer, le nouveau gouvernement devra adopter un positionnement stratégique global et cohérent pour une articulation novatrice et volontaire entre la nécessaire reconversion de la structure industrielle, le renouvellement des infrastructures et les nouvelles pratiques de consommation dans le domaine de la mobilité durable(transport des personnes et des marchandises) pour insérer le Québec dans le paradigme du 21e siècle. »


Denis Coderre nous suggère toujours le même vieille vision d’une société soumise aux impératifs des intérêts économiques particuliers qui mettent en danger le mieux-vivre et la santé des citoyens de Montréal. Quotidiennement, nous sommes confrontés aux aspects nocifs de ce paradigme dépassé. La solution de Denis Coderre, c’est de répéter les mêmes recettes avec un soupçon de nouveauté.


Sans une nouvelle approche, le problème du transport routier des marchandises ira en s’aggravant.


Par ce simple exemple, je veux démontrer que les souverainistes ne doivent rien attendre de ce maire anachronique lié étroiteement à des intérêts particuliers. Comme dans les Fourberies de Scapin-Coderre, nous pouvons nous demander : Que diable allaient-ils faire dans cette galère ?



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