La BN mise à l'amende

Quand les coupables sont récompensés

Tribune libre

Ainsi la Banque Nationale est condamnée à 75 millions de $ d’amende pour son rôle dans la saga des papiers commerciaux. Fort bien, mais qui va payer? Les quelques dirigeants qui ont pris les décisions, appâtés par la perspective de profits générateurs de bonis? Non, ces messieurs-dames s’en tirent avec les bonis malgré la débandade.
Non, ceux qui vont payer, ce sont les actionnaires et les déposants. (J’avoue que j’ai quelques actions de la BN, rebaptisée National Bank depuis son inscription forcée à Toronto.) C’est donc toute une masse de plusieurs milliers d’individus qui n’ont rien à voir avec l’exaction qui vont payer pour l’incurie de quelques haut-placés qui, eux, ont empoché.
La justice dans tout cela? Y a-t-il une justice quand il est question de capitalisme, en particulier de capitalisme bancaire? Non, nous sommes dans un système de privilèges. Si vous ne faites pas partie de la caste de privilégiés, bien à l’abri derrière une législation complaisante, oubliez toute idée de justice. Vous n’avez que le droit de vous plaindre, comme je le fais.
Mais la plupart des gens sont tellement anesthésiés qu’ils ne se plaignent plus. Ils laissent faire et le système perdure. Vive les privilèges bancaires, vive les paradis fiscaux, vive les gouvernements lobbyisés! Vaut-il la peine de se souhaiter l’espoir pour 2010?


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1 commentaire

  • Gilles Bousquet Répondre

    22 décembre 2009

    M. Richard écrit : «nous sommes dans un système de privilèges » C’est vrai ici et un peu partout dans le monde entre ceux avec des contacts et ceux qui n’en ont pas ou peu. Avant les PPP, il y a eu Duplessis et avant Duplessis…même chose. Faut juste tenter de contenir le problème le plus possible en votant pour les moins pires.
    Il ajoute : «Mais la plupart des gens sont tellement anesthésiés qu’ils ne se plaignent plus.»
    On se plaint ici et chez le voisin et à la maison et, en lisant le journal et principalement en votant mais trop de citoyens demeurent à la maison parce qu’ils se disent que ça ne vaut pas la peine. Oui, ça vaut la peine parce qu’un gouvernement qui reste au pouvoir trop longtemps devient plus tentés par les mauvais coups.
    M. Richard demande : «Vaut-il la peine de se souhaiter l’espoir pour 2010 ? »
    Oui Monsieur, où il y a de la vie, il devrait y avoir de l’espoir, même pour les habitants immigrés des taudis insalubres de Montréal, qui passent dans les nouvelles, depuis quelques jours.