Préparer l'indépendance

En gouvernant la province avec conviction

Tribune libre

J’attends le candidat à la chefferie qui va promettre qu’un gouvernement du Parti Québécois réduirait le nombre annuel d’immigrants à 25000 et éliminerait les écoles passerelles. De telles propositions seraient attaquées par des indépendantistes qui rejettent l’approche identitaire mais la course à la chefferie est justement l’occasion de mener ce débat entre deux grandes orientations.

Il y a un danger, souvent rappelé sur Vigile, que l’establishment du PQ et le chef choisi, se contentent du petit pouvoir d’un gouvernement provincial et reportent toujours à plus tard le combat pour l’indépendance. C’est à surveiller. Le Parti Québécois doit certainement expliquer son projet et en démontrer les avantages, ce qu’il n’a pas beaucoup fait depuis 1995.

Cependant, il ne peut pas se limiter à parler à la population de son projet et des modalités de sa mise en œuvre. Il doit aussi annoncer comment il va gouverner le Québec en attendant l’indépendance et en quoi cela sera différent de la gestion libérale. Les gouvernements de Charest et de Couillard ont mené une attaque en règle contre le modèle social québécois et ouvert toutes grandes les portes à la marginalisation de la culture québécoise et de la langue française au Québec. Il ne manque pas de thème pour lesquels un gouvernement péquiste peut faire tout le contraire de ce que fait le gouvernement Couillard. J’en mentionnais deux, l’immigration et la langue. Comment peut-on prétendre qu’il ne s’agit là que de petite politique provinciale insignifiante?

Quand l’équipe de Pauline Marois a été portée au pouvoir après des années de gouvernement libéral, je m’attendais naïvement à des annonces spectaculaires. J’ai réalisé que cela aurait été difficile puisqu’en campagne électorale on n’annonce jamais rien de peur de ne pas être élu. C’est encore pire pour le dossier de la Charte qui n’avait même pas été discuté de façon approfondie dans les instances du Parti. On s’est lancé sans consensus dans l’aventure de la Charte, un dossier trop complexe et dépendant de la bénédiction du fédéral. Tout pour se mettre en position de faiblesse, même si cette Charte était très pertinente.

N’ayez pas peur de perdre chers candidats et candidates, défendez des propositions audacieuses avec conviction. Félicitons madame Ouellette pour sa position catégorique sur Énergie-Est. Les militants choisiront entre les orientations proposées et on verra enfin de quel bois se chauffe ce parti.


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2 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    13 mai 2016


    Bien d'accord avec vous, monsieur Gouin. Le PQ devra aussi informer les Québécois sur ce qui les intéressent au plus haut point, soit de leur programme . De ce qu'il adviendra de nos institutions (santé, éducation, etc., économie, notre langue) que le PLQ est en train de démantibuler. Que ce soit une province ou un pays, un gouvernement doit gouverner. Les citoyens votent selon leurs propres intérêts, c'est pourquoi il faut leur démontrer ce qu'ils y gagneraient.

  • Pierre Cloutier Répondre

    13 mai 2016

    Vous dites : "Cependant, il ne peut pas se limiter à parler à la population de son projet et des modalités de sa mise en œuvre. Il doit aussi annoncer comment il va gouverner le Québec en attendant l’indépendance et en quoi cela sera différent de la gestion libérale".
    Et voilà que repart la vieille salade qui est loin d'être fraîche. Le même mantra de la "chouveraineté ronronnante et mollassonne" qui nous a fait fuckailler avec le puck avant d'aller s'écraser sur la bande.
    Assez, c'est assez. On a assez donné. C'est terminé. Un pays et rien d'autre. On propose et le peuple dispose. Si le peuple dit non, on retourne chez soi et on se reprend à la prochaine élection.
    J'en ai plus que marre de voter pour des petits politiciens provinciaux professionnels, carriéristes et opportunistes, qui viennent faire 3 petits tours et puis s'en vont avec leur fond de pension.
    Si vous êtes maso, moi, je ne le suis pas.