Pour une écriture modernisée

La langue française

Pourquoi ne pas mettre le français à niveau pour en exclure les archaïsmes, comme on l'a fait pour l'espagnol, en le simplifiant? Il n'y a pas de honte à moderniser une langue quand on se rend compte que son usage change. Toute la science linguistique n'est-elle pas basée sur l'étude de cette évolution des langues modernes? Pourquoi ne pas initier tôt les jeunes aux petits miracles des correcteurs informatiques en en montrant les limites pour certaines règles?
Dans ces querelles entre les anciens et les modernes autour de l'utilisation optimale du français sans fautes, il faudra bien que quelqu'un, quelque part, mette à jour toutes les ressources pour éviter les fautes de français ou propose autre chose qu'un apprentissage sclérosé de la grammaire d'une langue complexe qui ne résiste pas, pas plus que d'autres moyens d'expression, à l'évolution des technologies.
Au Québec, nous sommes passés du vieux Larousse des collèges classiques au Petit Robert moderne, mieux adapté aux pièges de la langue et renouvelant l'histoire des mots qu'est l'étymologie. Y a-t-il déjà eu plus que maintenant autant d'ouvrages pour la correction du français? Il est peut-être temps de se mettre à l'heure des changements technologiques et de cesser de s'alarmer de l'utilisation plus facile, quand même normalisée, d'une langue. Le français restera sans doute l'instrument de prédilection de notre identité nationale puisqu'elle s'apprend, dès le plus jeune âge, sous le contrôle d'une famille aussi en évolution. Mais comme le livre, durable invention du Moyen Âge dont l'ordinateur facilite maintenant la conception au lieu de le faire disparaître, la langue française, bien plus vieille encore, perdurera si elle sait se réformer à temps pour se servir à son tour de l'évolution technologique comme d'un cheval de Troie, lui assurant la pérennité des deux conquêtes les plus prestigieuses de l'humanité, la parole et l'écriture.
Comme on l'a entendu dernièrement: «Pour inventer l'ampoule électrique, nul besoin de perfectionner la chandelle!» Pour raffiner l'habilité à se servir d'une grammaire ou d'un dictionnaire, nul besoin de fixer les règles d'apprentissage de la langue dans les vieilles méthodes du par coeur et de l'écoeurement généralisé des jeunes cerveaux, malgré tout ouverts aux sciences. Un petit doute sur la rectitude de l'écriture d'un mot, d'un accord ou d'une tournure de phrase sonnera l'alarme et portera à vérifier à la source sans cette accumulation, si jeune et si stérile, de vocabulaire et de règles de grammaire. Une saine habitude de lecture comblera plus facilement la mémoire des mots et des règles. C'est grâce à ce patient travail de forgerons de notre langue que les jeunes prendront goût au perfectionnement de leurs capacités d'écrire correctement sans en faire des criminels coupables au début de leur apprentissage. Encore faut-il commencer tôt, et avec les moyens appropriés.
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Guy Roy, Lévis


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