Pour des états généraux de la gauche québécoise

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La gauche divisée sur la question du multiculturalisme

Selon les derniers sondages, moins du tiers des Québécois voteraient à gauche lors des prochaines élections, soit pour le Parti québécois qui penche actuellement à gauche, soit pour Québec solidaire qui penche toujours à gauche.


En corollaire, plus des deux tiers des Québécois voteraient à droite, soit pour la Coalition avenir Québec, soit pour le Parti libéral, et reporteraient au pouvoir à l’automne un gouvernement de droite pour les quatre prochaines années, avec ses conséquences désastreuses pour bien des gens, et en particulier pour les plus démunis de notre société.



Cela voudrait dire que les deux tiers des Québécois penchent pour une réduction des impôts, une réduction de la taille de l’État et la poursuite de la privatisation de l’État. Cela voudrait aussi dire que les deux tiers des Québécois préfèrent se payer des services privés (en santé, en éducation, etc.), laissant à la classe moyenne inférieure et aux plus démunis des services publics réduits et de moins bonne qualité. Cela voudrait aussi dire que les deux tiers des Québécois désirent qu’on laisse le maximum de latitude à l’entreprise privée et le moins de contraintes possible, avec toutes les conséquences d’un tel choix.



Si nous en sommes là, c’est que la propagande de droite assénée depuis des décennies porte ses fruits et que l’individualisme est plus fort que jamais ici comme ailleurs. C’est aussi le constat que la peur de perdre ce que l’on a et le désir d’en avoir toujours plus ont fait leurs ravages. Et c’est aussi malheureusement faire le constat que le message de la gauche ne passe plus. Il est temps de se demander pourquoi.



Division déplorable



Le message de la gauche ne passe pas parce qu’il n’est pas clair et bien articulé. Le message de la gauche ne passe pas parce que nous avons beaucoup moins de moyens que la droite pour le faire passer. Le message de la gauche ne passe pas parce qu’il est fragmenté, comme notre courant de pensée est plus divisé que jamais en une multitude de groupes et de luttes, et dans un état de division déplorable. Il est temps que l’on se rencontre et que l’on se parle dans le blanc des yeux.



Nous avons manqué ces dernières années de belles occasions de faire reculer la droite et ses politiques d’austérité, et de mettre en avant un autre projet de société. Je pense à la lutte du Front commun en 2015, alors que nous avions le vent dans les voiles, et à l’échec plus récent d’une alliance électorale entre Québec solidaire et le Parti québécois. Chaque fois la division a été victorieuse et l’intérêt commun a reculé. On s’ennuie du Printemps érable, où les étudiants, après avoir uni une partie significative de la population derrière eux, ont gagné en 2012 le gel des droits de scolarité et la tenue d’une élection anticipée. Nous avons besoin de nouvelles victoires pour vaincre le désespoir et faire avancer le Québec dans la direction d’une société écologique, égalitaire et libre.



C’est pourquoi je propose la tenue d’états généraux de la gauche québécoise où seraient invités, sur une base personnelle et non d’organisations et de partis, tous les Québécois et toutes les Québécoises qui s’identifient à ce courant de pensée. 


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