Des ex-péquistes au franc parler

Politique 101

Laissons la chance aux coureurs!

Tribune libre


Depuis plusieurs années et plus particulièrement au cours des derniers mois, la classe politique, de tous partis confondus, est mise à rude épreuve au sein de l’opinion publique. Dans le but de rattacher la locomotive aux wagons et de les remettre sur les rails afin de permettre au convoi de rouler vers sa destination, j’ai cru pertinent de vous livrer quelques extraits d’une entrevue réalisée par un magazine auprès de Bernard Landry qui, en plus d’avoir acquis une vaste expérience en politique active, s’est vu reconnaître depuis longtemps ses lettres de créances à titre de pédagogue émérite. Donc un personnage crédible pour nous offrir ce cours de « Politique 101 ». Le sujet de l’entrevue portait sur les qualités essentielles à tout politicien probe :
« D’abord, la motivation fondamentale d’un élu doit être l’attachement au bien commun. Le pouvoir pour le pouvoir ou l’intérêt personnel ne peuvent conduire qu’à la catastrophe. Pour les indépendantistes du Québec, il est clair que l’idéal est à la base de tout. Est-il un devoir plus noble que de vouloir libérer sa nation?… Pour faire honnêtement de la politique, il faut aussi profondément aimer les gens. Cela est essentiel pour bien les servir…
En politique, on ne doit pas être motivé par l’argent. Il n’est pratiquement aucun métier moins payé à l’heure : on y travaille douze à quatorze heures par jour, à Québec en semaine, et dans le comté le reste du temps…Dans ce métier, il faut aussi dire la vérité…Enfin, il est malhonnête de faire passer les intérêts du parti avant ceux de la patrie… »
Source : La Semaine, vol. 6, no 50 , 29 janvier 2011

À mon sens, tout citoyen engagé dans le débat politique devrait tirer parti de ces réflexions. Les qualités essentielles à tout politicien, prônées par Bernard Landry, auraient avantage à être transposées dans les attitudes et le discours de ceux et celles qui défendent une idée. En agissant de la sorte, peut-être pourrions-nous élever le débat au niveau des véritables enjeux du politique, soit les intérêts du citoyen avant ceux du parti.
En conclusion, je me permets d’ajouter un autre ingrédient à la recette de Bernard Landry, soit la détermination, le carburant nécessaire pour permettre à la locomotive de démarrer et de tirer le convoi « vers sa destination »!
Laissons la chance aux coureurs!
Ces derniers jours, le vieux proverbe « Il y a anguille sous roche! » a ressurgi à la suite des nominations de Diane Lemieux à la tête de l’organisme gouvernemental du conseil de la construction du Québec et de Lucien Bouchard à la direction générale de l’Association des industries pétrolières et gazières du Québec, deux ex-péquistes très influents!
Imaginons maintenant que les libéraux aient nommé ou appuyé à ces postes des personnes ayant frayé dans le giron libéral! Gageons que le dicton « Les dés sont pipés ! », utilisé à maintes reprises lors des auditions de la commission Bastarache, serait ressorti de son antre!
Admettons que ces nominations ne sont pas sans émerger d’une certaine dose de stratégie politique, ne pourrions-nous pas tout au moins laisser la chance aux coureurs en leur permettant de prendre leur départ avant de les disqualifier?
Henri Marineau
Québec

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Henri Marineau1555 articles

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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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