On achève bien les péquistes

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Le PQ seul face à son destin. Un destin incertain dont il est le premier responsable





Face à un adversaire gravement affaibli, il y a deux approches possibles. Soit qu’on ne tire pas sur l’ambulance. Soit qu’on en profite pour tenter de l’achever. En refusant tout pacte électoral avec le Parti québécois, Québec solidaire a choisi la deuxième.


Dans la foulée de deux sondages plaçant le PQ au troisième rang, la CAQ et QS en remontée, une forte majorité de militants solidaires réunis en congrès n’ont vu aucun intérêt à s’associer à un parti sur son déclin.


Les deux nouveaux porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois (GND) et Manon Massé, proposent plutôt la création d’un nouveau «mouvement politique et populaire». S’inspirant des Sanders, Macron et Mélanchon, ils misent sur le désenchantement ambiant face à des élites usées.


Détestation


Ce «mouvement», lance GND, devra reposer sur un «projet de société» plus juste. D’où cette méfiance de plusieurs solidaires envers le PQ qui, en fait, frôle la détestation. Les plus jeunes en ont contre la charte des valeurs et le biais propétrole de l’ère Marois. Les moins jeunes en ont aussi contre le déficit zéro sous Lucien Bouchard. Le chef péquiste Jean-François Lisée étant lui-même un produit des ères Bouchard et Marois ajoute d’autant à leur rejet du PQ.


En même temps, d’autres membres de QS sortaient du congrès découragés. Leur pire crainte est qu’en tournant le dos au PQ, les libéraux et les caquistes en soient les premiers bénéficiaires. Auquel cas, QS se retrouverait sans nouveau mode de scrutin – pourtant la clé de son expansion. Les effets nocifs de l’austérité ne seraient pas renversés. L’élection de candidats solidaires en régions n’en serait aussi que plus difficile.


Or, selon Radio-Canada, il y a quelques semaines, les partis souverainistes, dont QS et le PQ, auraient signé une entente sur une feuille de route commune sur l’indépendance. Gardée secrète à la demande de QS, sa publication aurait-elle changé le vote de son congrès? On ne le saura jamais.


Seul


À l’opposé, le désir de changement monte chez les Québécois, mais aussi pour des alliances transpartisanes. Selon le dernier sondage Léger/Le Journal-Le Devoir, une alliance QS-PQ rallierait 49 % des francophones, dont 87 % des électeurs péquistes et solidaires.


La décision de QS laisse le PQ seul face à son destin. Un destin incertain dont il est le premier responsable. Il y a toutefois de ces moments où l’intérêt national doit passer avant les intérêts partisans. Un pacte passager entre QS et le PQ aurait pu être un de ces rares moments.


Libérés d’une telle alliance, Philippe Couillard et François Legault ont dû sabrer le champagne. Le premier ne trouvera aucun bloc uni contre lui. Le second voit enfin poindre des «conditions gagnantes» aptes à le rapprocher de son but: remplacer le PQ comme solution de rechange aux libéraux.


À moins d’un revirement majeur, la CAQ et QS s’apprêtent à se faire un festin des électeurs péquistes déçus.




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