Omerta à la CAQ

Et dire que ce parti est actuellement en tête dans les derniers sondages sur les intentions de vote des Québécois et pourrait même former un gouvernement majoritaire…

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Tribune libre

D’entrée de jeu, voici un extrait de la directive envoyée récemment par François Legault à l’ensemble des gens de la Coalition Avenir Québec (CAQ) : « …Rappelons que seuls le chef, les députés, les directeurs et les attachés de presse nationaux peuvent être autorisés à annoncer les prises de position officielles de la CAQ. L’utilisation des médias sociaux par le reste du personnel et des détenteurs de fonctions officielles à la CAQ, elle, doit se limiter à relayer ces messages, sans y ajouter de commentaires. Celles et ceux ayant des idées de commentaires et de lignes à véhiculer sur les réseaux sociaux sont invités à transmettre leurs suggestions à un attaché de presse ».


En termes clairs, les « low profiles » du parti sont muselés jusqu’à nouvel ordre, pas question d’intervenir sur les directives venues d’en haut. En bref, les chances de la CAQ de gagner la prochaine élection dépendent de sa capacité à respecter la loi de l’omerta.


Et dire que ce parti est actuellement en tête dans les derniers sondages sur les intentions de vote des Québécois et pourrait même former un gouvernement majoritaire…Une hypothèse pour le moins inquiétante eu égard à une ligne de parti draconienne qui brime outrancièrement toute forme de liberté d’expression!   


En terminant, je ne peux passer sous silence cet autre extrait de la directive du chef de la CAQ qui relaie dans le placard toute tentative d’intervention de la part de quelque membre du parti : «Les employés du parti et de l’aile parlementaire, de même que tous les détenteurs d’une fonction officielle à la CAQ ou auprès d’un(e) candidat(e) aux élections, doivent éviter d’intervenir sur un blogue, sur un site de nouvelles ou sur toute autre plateforme de médias sociaux comme Twitter et Facebook, sur des sujets politiques ou dans le cadre de débats partisans. Cette directive s’applique également au fait de relayer des articles ou des reportages en lien avec la politique (résultats de sondages, nouvelle candidature, erreur d’un adversaire, etc.) avant qu’un officiel de la CAQ l’ait commenté pour la première fois dans les médias ».



Henri Marineau,Québec


Référence :


journalmetro.com/opinions/in-libro-veritas/1690575/mieux-vaut-se-taire-et-avoir-lair-niaiseux-que/



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Henri Marineau1221 articles

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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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1 commentaire

  • Marc Lapierre Répondre

    29 juillet 2018

    Il faut y voir à mon avis un aveu d'incompétence. Sirois, Legault et la clique qui contrôle la CAQ, savent que la grande majorité de leurs candidats sont des opportunistes et ne vont pas en politique pour servir mais pour "se servir" et garnir leurs carnets d'adresses pour l'après vie politique. En outre, la plupart des candidats Caquetto-Libéraux ne connaissent rien à la géopolitique, la sociologie, l'histoire et leur culture générale est carencée.


    Gilles Proulx, dans ses années de radio, avait l'habitude de dire: "Pour être un libéral il faut que tu sois ignorant ou opportuniste". Le CAQ étant le club école du PLQ, on peut certes y appliquer ce constat. Sirois et Legault savent aussi que le fameux vernis "nationaliste" qui recouvre leur pseudo coalition, éclaterait si les candidats s'exprimaient librement sur certains enjeux. Il s'écrirait aussi beaucoup de conneries sur les sujets les plus variés. Dans un parti politique il est normal de vouloir livrer un message cohérent et si leurs candidats vont en politique pour les bonnes raisons comme la tête dirigeante nous le faire croire, les candidats devraient connaître le programme de la CAQ sur le bout des doigts et ça ne devrait pas être un sujet d'inquiétude pour la clique de Sagard.


    Ce contrôle excessif nous en dit long sur ce que pense réellement Legault de ses candidats et pseudo millitants.