La Caisse de dépôt investira dans les infrastructures quuébécoises

Même l’agence de notation DBRS applaudit

Le milieu des affaires accueille favorablement cette nouvelle mission confiée au gestionnaire

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Endossement suspect. DBRS avait été la seule agence de notation à valider le papier commercial de Coventree pour la Caisse

La participation de la Caisse de dépôt et placement dans le développement futur des infrastructures québécoises, résultat d’un souhait que l’établissement ne se cachait pas pour exprimer, est vue par le milieu des affaires comme un vecteur potentiel de relance économique.

Alors que la Fédération des chambres de commerce du Québec, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, les Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ) et l’agence de notation DBRS ont salué l’annonce, les partis d’opposition ont cependant ranimé le débat concernant l’indépendance de la Caisse par rapport au gouvernement.

« Les projets d’investissement qui seront sous la responsabilité de l’institution financière permettront d’encourager l’activité économique au Québec, dans le secteur de la construction en particulier, mais également pour tous les fournisseurs du secteur manufacturier », ont estimé les MEQ.

« La qualité de nos infrastructures est une source première de productivité et de compétitivité. MEQ invite donc le gouvernement du Québec et la Caisse, dans la foulée de cette annonce, à accélérer également les projets relatifs au transport de marchandises », a ajouté le représentant du milieu de la fabrication.

La Caisse, dont l’actif net était d’environ 215 milliards au 30 juin 2014, gère l’argent de plusieurs déposants, comme la Régie des rentes du Québec, l’épargne des employés du secteur public, la CSST, la SAAQ et le secteur de la construction.

Le créneau Infrastructures atteignait 8 milliards au 31 décembre 2013, conséquence d’une construction de portefeuille à laquelle s’est appliquée la Caisse depuis 2010. Parmi ses investissements des 15 dernières années ont figuré des participations dans Gaz Métro, dans l’autoroute à péage 407, au nord de Toronto, dans les aéroports britanniques de BAA et, plus récemment, d’un morceau de 25 % du parc éolien en mer London Array, le plus important au monde.

Efficacité et rendements

Le double argument présenté repose sur une « réalisation performante et efficace » des projets et de rendements pour la Caisse. La présence de celle-ci fera en sorte que les projets seront tenus à l’écart du bilan financier du gouvernement. La cote de crédit AAA dont bénéficie la Caisse auprès des agences de notation, d’ailleurs, lui permet d’emprunter à plus faible coût que Québec dans le marché obligataire.

« L’entente s’inscrit dans la stratégie de la Caisse de faire croître ses placements privés, notamment en infrastructures, dans un contexte de faibles taux d’intérêt », a écrit l’agence de notation DBRS dans une analyse transmise au Devoir. Elle ne voit aucune menace à l’autonomie de la Caisse. « De plus, cela permet à la Caisse de maximiser sa vision du marché québécois et de répondre aux besoins en infrastructures au Québec. »

Les deux premiers projets évoqués sont ceux d’un lien de transport en commun entre le centre-ville, l’aéroport Montréal-Trudeau et l’ouest de l’île, et la construction d’un nouveau pont Champlain. L’échéancier serait de cinq ans et le financement est estimé à 5 milliards. Québec et la Caisse auront chacun un rôle à jouer dans la planification, mais la réalisation, le financement et l’exploitation appartiendront à la Caisse.

L’annonce, qui doit maintenant passer par un vote à l’Assemblée nationale pour modifier le plafond de 30 % qui limite les investissements de la Caisse dans les projets, pourrait bénéficier à plusieurs firmes québécoises, selon un analyste de Valeurs mobilières Desjardins.

« Si les projets proposés vont de l’avant, nous croyons que les bénéficiaires initiaux pourraient être des entreprises comme WSP (ex-Genivar) et Stantec (ex-Dessau) »,a écrit l’analyste Benoit Poirier dans une note aux clients de Desjardins. Il a également mentionné le Groupe Aecon et SNC-Lavalin, qui a participé aux systèmes légers sur rail à Vancouver et à Ottawa, et le spécialiste ferroviaire Bombardier.

Le président de la Caisse, Michael Sabia, a déjà parlé très ouvertement du rôle que la Caisse proposait de jouer dans le secteur des infrastructures. En juin 2012, lors d’une allocution au Cercle canadien, il a clairement décrit ce souhait.

« La Caisse est très intéressée au projet du nouveau pont Champlain. Notre idée est simple. Nous pourrions en financer la construction. Et en transitant par le pont, par le péage, des centaines de milliers de personnes contribueraient à faire fructifier leurs régimes de retraite. Chaque jour. Ce qui serait bénéfique pour les rendements de nos déposants. Et pour l’économie québécoise », avait dit M. Sabia.


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