Louise Beaudoin presse la Francophonie d'agir

Géopolitique du Proche-Orient


La Francophonie doit se réunir d'urgence et poser un geste fort de solidarité à l'égard du Liban, qui subit les attaques israéliennes depuis plusieurs jours, estime l'ancienne ministre des Relations internationales du Québec Louise Beaudoin, qui presse aussi le premier ministre Jean Charest, en voyage en France, de se faire entendre au plus vite. «Si le G8 ne peut rien faire, peut-être la Francophonie peut-elle au moins poser un geste de solidarité et apporter son soutien à cette population attaquée et martyrisée. C'est au Québec de prendre l'initiative.»
De retour d'un voyage récent dans la région, l'ancienne ministre demande à la Francophonie de se manifester au Liban autrement que par un simple communiqué. «Si le premier ministre Dominique de Villepin s'est rendu à Beyrouth, le secrétaire général de la Francophonie peut certainement faire de même», dit-elle. Cela pourrait aussi prendre la forme d'une réunion d'urgence des ministres de l'organisation internationale, dont le sommet doit se réunir en septembre à Bucarest.
«L'OIF est une organisation politique qui parle beaucoup de prévention des conflits, elle ne peut pas oublier le Liban.» L'ancienne ministre rappelle que le Liban est un membre influent de la Francophonie depuis 1973. «Ce n'est pas un vague observateur d'Europe orientale. Notre solidarité doit se manifester concrètement.» En pleine guerre civile, l'ancien président libanais Amine Gemayel avait prononcé un discours mémorable au sommet francophone de Québec, en 1987. La ville de Beyrouth avait accueilli en 2002 le premier sommet de la nouvelle organisation politique rebaptisée Organisation internationale de la Francophonie.
En contact régulier avec plusieurs Libanais qui lui disent se sentir abandonnés, notamment à l'université Saint-Joseph de Beyrouth, Louise Beaudoin estime que «si une organisation peut aller plus loin, c'est la Francophonie». L'ancienne ministre presse Jean Charest de soulever la question avec le président français Jacques Chirac, qu'il rencontrera demain à Paris, et de réclamer une réunion d'urgence de l'OIF. «Je ne le demanderai pas à M. Harper, qui n'a même pas daigné rencontrer le secrétaire général Adbou Diouf lors de son passage à Paris.» Louise Beaudoin rappelle que le Liban est un pays en voie de démocratisation; or, la démocratisation est justement une des principales missions de la Francophonie.
«Si la Francophonie ne peut rien faire, qu'elle le dise! Nous ne pouvons pas nous cacher derrière un simple communiqué.»
Correspondant du Devoir à Paris


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