Un dollar québécois et une armée pacifique pour un Québec indépendant

Lisée dévoile quatre propositions contenues dans son livre à paraître le 31 octobre

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Un «coup de pub» fumant à résultat nul sur le plan politique

Sur le point de se porter candidat à la chefferie du Parti québécois, l’opiniâtre Jean-François Lisée propose qu’un Québec indépendant se dote de sa propre monnaie et d’une armée qui ne ferait pas la guerre.

Après une semaine de repos qui a suivi une semaine tumultueuse où il a remis en question le double statut d’homme politique et de baron de la presse de Pierre Karl Péladeau pour ensuite exprimer ses réserves ministérielles sur le projet de charte des valeurs, Jean-François Lisée a dévoilé quatre propositions contenues dans son livre, intitulé Le journal de Lisée, dont la sortie est prévue pour le 31 octobre.

Alors que lors des référendums de 1980 et 1995, les souverainistes envisageaient de conserver la devise canadienne une fois l’indépendance acquise, il est maintenant temps de considérer une autre possibilité, celle de la création d’un dollar québécois, estime-t-il. « Il faut se séparer de ce dollar canadien qui détruit nos emplois manufacturiers », a-t-il affirmé dans une entrevue accordée au Devoir. Le dollar canadien s’est transformé en pétrodollar, dont la valeur élevée est néfaste pour l’économie québécoise.

Des forces armées d’un Québec indépendant, il en a été question dans le passé, mais Jean-François Lisée en précise le rôle et la composition. Une garde nationale de 2000 à 3000 personnes serait créée et assurerait, notamment, la surveillance du territoire et assumerait les engagements du Québec envers l’OTAN et le NORAD. À cette garde nationale s’ajouterait une force de Casques bleus de 2000 personnes qui participeraient à des opérations de maintien de la paix de l’ONU. Enfin, un contingent de 2000 personnes — des Casques blancs — se consacrerait à l’aide humanitaire. Aux fins de comparaison, les effectifs de la force régulière du Canada s’élèvent à 68 000 personnes.

Selon Jean-François Lisée, cette armée, qui ne participerait à aucune opération guerrière, représente le « consensus québécois » duquel le Canada sous Stephen Harper s’est éloigné. Le Québec agirait à titre de médiateur sur la scène mondiale. « C’est ça notre créneau, n’étant pas une puissance coloniale ou impérialiste », a-t-il avancé.

Inspiré par l’Écosse

Inspiré par l’accord intervenu entre Westminster et Édimbourg pour le référendum sur l’indépendance de l’Écosse, le candidat putatif estime que Québec devrait proposer à Ottawa de s’entendre sur la mécanique du référendum et les suites à lui donner. « La communauté internationale préfère que les candidats au divorce s’entendent sur le processus du divorce », a-t-il fait remarquer.

« Le droit du Québec de décider de son destin, il est absolu », a prévenu Jean-François Lisée. Mais si une entente n’intervenait pas, « nous, on aurait essayé » et la communauté internationale en tiendrait compte.

En outre, le député péquiste propose une médiation internationale pour s’extirper du carcan de la loi dite sur « la clarté ». « C’est un poison pour la démocratie canadienne. Il faut trouver une façon de sortir le poison du système », a-t-il avancé.

Une autre proposition liséenne porte sur la citoyenneté québécoise. Dans le passé, le Parti québécois a soutenu que dans un Québec souverain, le citoyen québécois aurait tout le loisir de garder sa citoyenneté canadienne. « Il faut arrêter de dire ça, estime Jean-François Lisée. Ça semble dire que notre citoyenneté n’est pas assez forte parce qu’on veut s’appuyer sur celle du Canada. » Un Québec souverain reconnaîtrait cette double citoyenneté, mais ce serait au Canada de déterminer qui sont ses citoyens.

Enfin, Jean-François Lisée a remis un exemplaire papier de son livre à Stéphane Bédard. Le chef péquiste l’avait exigé afin de vérifier si l’ancien ministre avait violé, par sa prose, la confidentialité des délibérations du Conseil des ministres ou du caucus péquiste. Bien que déambulant sur une fine ligne, l’auteur n’a pas commis d’indiscrétion, a-t-on appris.


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