Liberté, égalité, transcendance

Laïcité - Débat québécois



Dans son texte publié le vendredi 31 août 2007 ([«Se recentrer sur la place de la religion dans l'espace public»->8569]), Daniel Baril répète encore une fois son désir de voir la religion bannie de l'espace public et remplacée par des repères «humanistes fort développés», telle «l'égalité pour tous».
Or, en bon darwiniste, M. Baril sait fort bien que les humains ne sont pas égaux (même si nous sommes semblables, pour ne rien dire de notre grande ressemblance avec les chimpanzés). En l'absence des plus forts, la notion de survie des plus forts -- et, a fortiori, l'évolution -- aurait été impossible. De quelle égalité M. Baril parle-t-il donc? Est-ce une illusion utile, adaptative et cynique, découlant de la sélection naturelle, ou quelque chose de vrai qui transcende nos inégalités génétiques et organiques? En fait, l'égalité des êtres humains n'est un concept ni scientifique ni nécessairement rationnel mais plutôt, dans un sens large, un concept religieux, issu du christianisme. Si M. Baril ne veut pas entendre parler de religion, qu'il cesse donc de parler lui-même d'égalité. À le croire, d'ailleurs, il faudrait alors exclure du discours public d'autres concepts transcendants comme la liberté, l'amour et la justice.
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Nicholas Newman, Montréal


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