Les Nordiques: du rêve à l'espoir

Les Nordiques de Québec, bientôt sur vos écrans plasma...

Quand le sport devient politique



Les gens qui rêvent de revoir les Nordiques à Québec peuvent passer au stade de l'espoir. Les choses progressent vite dans la Ligue nationale de hockey, et pas nécessairement dans le sens qu'aurait aimé Gary Bettman.
Oui, les propriétaires d'équipe et le commissaire se sont maintenant faits à l'idée qu'il va falloir vendre et déménager des équipes. Oui, Winnipeg et Québec sont les deux premières destinations qui pourraient recevoir une équipe en mal de partisans et la grande ceinture nord de Toronto serait une troisième possibilité.
Aux États-Unis, la Ligue nationale pense toujours à Seattle, mais rien n'indique que des groupes d'hommes d'affaires oeuvrent sur ce dossier.
Par ailleurs, Pierre Karl Péladeau a rencontré Gary Bettman et selon les informations recueillies, Bettman a été impressionné par ce que peut apporter Quebecor à son circuit.
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Je reviens d'un périple de neuf jours en moto dans le Nevada et en Californie. Et j'ai eu l'occasion de rencontrer des financiers et des présidents d'équipes majeures lors de soupers privés. On parle de conversations qui pouvaient durer trois ou quatre heures.
«Le plan de Gary Bettman lors des expansions dans les marchés ensoleillés américains a échoué, m'a-t-on confié lors de ces soupers. C'est difficile pour lui de le reconnaître publiquement, mais il n'a pu convaincre les grands réseaux de télévision de le suivre dans son projet. Au contraire, la visibilité et les revenus de la Ligue nationale à la télévision américaine ont reculé. La LNH se retrouve donc avec des organisations qui perdent jusqu'à 40 millions par année, comme ce fut le cas à Phoenix.
«Les Panthers de la Floride vivent une situation sans espoir et le projet de super grand centre commercial que les propriétaires espèrent construire est voué à l'échec. C'est une équipe qui devra quitter Sunrise. Il y a de l'espoir à Tampa Bay avec les nouveaux propriétaires et parce que l'équipe a déjà gagné la Coupe Stanley et compte sur de vrais bons joueurs. Mais c'est précaire quand même.
«Les médias vantent les résultats du plafond salarial gagné lors du dernier lock-out de la ligue. Effectivement, le plafond salarial a permis d'obtenir une parité intéressante sur la patinoire. Mais les conséquences perverses du plafond sont dramatiques. Avec le plafond est venu le plancher et des équipes qui pourraient survivre avec un budget modeste sont obligées de payer 44 millions pour leurs joueurs.
«Le plafond salarial a permis aux grands marchés comme Montréal, Toronto ou Detroit d'engranger des profits pharamineux mais sa contrepartie entraîne les petits marchés dans des déficits de plusieurs millions à chaque année. Même les Blues de St. Louis ont de sérieux problèmes.
«Troisièmement, dans la recherche effrénée d'investisseurs pour reprendre des concessions en difficultés, Gary Bettman a permis à des hommes d'affaires aux poches trop étroites de s'installer dans la ligue. Ces hommes d'affaires ont investi sur le court terme et quand les pertes s'accumulent, ils paniquent et ne peuvent suivre la parade. Pour survivre à long terme dans la Ligue nationale d'aujourd'hui, il faut avoir des poches très profondes pour encaisser sans broncher des pertes d'une dizaine de millions certaines années. Ou il faut être à la tête d'une entreprise diversifiée comme (Pierre Karl) Péladeau où le club de hockey devient également un produit pour son empire médiatique.
«Pour l'instant, tout indique que Winnipeg serait en avance pour obtenir le premier déménagement puisqu'on a déjà construit un nouvel aréna même s'il est un peu petit. Mais dès que Québec pourra confirmer la construction d'une patinoire adéquate, elle deviendra une priorité pour Bettman. Le commissaire était très choqué après le déménagement des Nordiques, mais son opinion a changé. Et il est maintenant ouvert au retour de cette équipe qui reste étrangement populaire après toutes ces années.»
Voilà qui résume ces heures de conversations à bâtons rompus autour d'une table.
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Lors d'une autre soirée, j'ai également renoué avec Tony Tavares. L'ancien président des Expos a gardé des souvenirs chaleureux de son séjour de trois ans à Montréal. Il était venu «fermer» l'équipe pour le baseball majeur et le bureau de son ami, le commissaire Bud Selig.
Il a travaillé toutes ces années avec Claude Delorme et il dit en souriant que Delorme ferait tout un directeur général pour une équipe de hockey à Québec.
Tavares est lui aussi au courant de ce qui se passe dans la Vieille Capitale puisqu'il a été également président des Mighty Ducks d'Anaheim. Il est celui qui a embauché Pierre Gauthier comme grand patron des Ducks au pays de Disney.
Il est bien informé en plus parce que Maxime Rémillard et son frère Julien, de Remstar et de la chaîne V, l'ont contacté il y a quelques mois pour tenter de l'impliquer dans une démarche concernant le retour des Nordiques à Québec.
Les choses pourraient aller vite dans les prochains mois. La clé de toute l'opération repose entre les mains du gouvernement fédéral. La Ville de Québec et le gouvernement Charest se sont déjà compromis publiquement. Comme la candidature de Québec pour l'obtention des Jeux olympiques de 2026 semble se dessiner sérieusement, hommes d'affaires et politiciens tentent de faire converger leurs intérêts et ceux de la population dans un projet porteur.
Les Nordiques de Québec, bientôt sur vos écrans plasma...


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