Les maires de la Creuse ont voté des actions romptant avec l'État

Géopolitique - Empire et ses médiamensonges


C’est à l’unanimité, hier matin, que les maires et adjoints de la Creuse ont voté un plan d’actions de rupture avec l’État,de mobilisation de leurs administrés et de médiatisation hors Creuse pour exiger la réouverture du service de radiothérapie.
C’est dans un atmosphère « révolutionnaire » que 400 à 500 élus (Maire et Adjoints) étaient présents lors de cette assemblée générale extraordinaire de l’ADM dans la grande salle de la Mairie de Gueret hier matin, samedi 10 juillet.
De tout le département, de Droite comme de Gauche, ils ont réclamé ensemble la réouverture du service de radiothérapie de l’hôpital de Gueret.
Sur ce seul ordre du jour, le bureau va avoir trois expressions, parcourant tout le champ politique : le président, Michel Vergnier (PS), les vice-présidents Pierre Brignolas (UMP) et Claude Guerrier (PCF).
Le plan d’actions : rupture, mobilisation, médiatisation… démission :
1. Recours au Conseil d’État.
Dès lundi, les avocats de Michel Vergnier – agissant aussi pour l’ADM (association des maires et adjoints des élus des 260 communes creusoises) – déposeront un recours auprès de Conseil d’Etat pour faire casser la décision du président du tribunal administratif de Limoges qui, le 29 juin, a rejeté le référé en suspension de fermeture. Les avocats veulent arguer que le juge a rendu une décision sur le fond et non sur l’urgence. Voté à l’unanimité.
2. Prise de contact avec les élus de la Coordination des hôpitaux de proximité.
L’objectif est d’inscrire la Creuse dans un mouvement national des élus (à distinguer de l’action que les collectifs de services publics pourraient engager) sans perdre de vue que l’objectif reste creuso-creusois : la réouverture de la radiothérapie. Voté à l’unanimité.
3. Création d’une cellule de veille pour les patients.
Équipée, prochainement, d’un numéro vert, cette Cellule enregistrera les plaintes de tous les patients qui n’auront pas bénéficié dans un délai convenable – et indispensable à leur guérison – d’un traitement de radiothérapie.
Rappelons que l’idéal est de fournir, au moins trois semaines après la découverte d’un cancer, les rayons nécessaires.
La Cellule, composée de quatre maires, dont le président de l’ADM, Michel Vergnier?; du Dr Loufti et de René Jeansannetas, de la Ligue contre le cancer de la Creuse, et auquel devraient être invités à se joindre les Dr. Slaouti (CMN de Sainte-Feyre) et Capella (CH de Guéret) accompagnera ensuite les malades qui le souhaitent pour déposer une plainte auprès de la Cour de justice de la République (apte à juger les ministres) pour mise en danger de la vie d’autrui contre Roselyne Bachelot. Voté à l’unanimité.
4. Mobilisation des Creusois.
L’ADM va faire imprimer 100.000 cartes qui seront envoyées dans chaque chef-lieu de canton, charge à tous les maires et leur conseil municipaux de les faires remplir dans leur commune « jusque dans le plus petit hameau ».
L’objectif est d’au moins rassembler 50.000 signatures de Creusois avant le mois de septembre afin de les amener au ministère de la Santé. Il a aussi été décidé de créer un site Internet afin d’informer le plus largement possible sur le sujet de la radiothérapie, de sa fermeture et de l’action des maires, et d’inscrire l’adresse du site sur ces cartes. Voté à l’unanimité
5. Rupture avec l’État.
Les maires ont voté, après un débat qui a clairement mis à jour les risques que cela représente pour eux, la rupture avec l’État. Concrètement, ils ne siégeront plus – ni individuellement ni collectivement – dans aucune des réunions ou commissions appelées par le préfet, ils n’inviteront plus le préfet aux leurs, ne renverront plus des documents tels que les sondages ou enquêtes de l’État et n’expédieront plus leurs délibérations au contrôle de légalité en préfecture. « Attention, nous votons cela contre la préfecture, pas contre le préfet en tant qu’homme, pas contre Hugues Moutouh ». Mesure applicable jusqu’à ce que le service de radiothérapie rouvre. Voté à l’unanimité.
6. Banderoles.
Sur proposition de la salle, toutes les communes de la Creuse afficheront à l’entrée de leur bourg une banderole sur laquelle sera imprimée : « Pour la réouverture du service de radiothérapie de la Creuse ». Voté à l’unanimité moins 6 voix (la banderole est à la charge de la commune).
7. Démission collective.
Après plusieurs demandes de la salle, un ultimatum est lancé à l’État : si le service n’est pas rouvert en septembre, dans la deuxième quinzaine de ce mois, les maires tiendront une autre assemblée générale extraordinaire et mettront au vote une démission collective de tous leurs conseils municipaux. Voté à l’unanimité.
Les élus creusois des 260 communes, toutes couleurs politiques confondues, s’opposent depuis des mois à la décision du ministère de la Santé de fermer ce service de radiothérapie, imposant aux patients de se rendre à Limoges ou Montluçon, à une heure de route de Guéret, pour suivre leur traitement.
La décision de fermeture, effective depuis le 30 juin, avait été prise en décembre 2009. Ce service traitait 200 patients par an, quand les autorités sanitaires estiment à 600 le nombre minimum de patients qu’un centre doit traiter annuellement.
D’après Michel Vergnier, l’installation de l’appareil de radiothérapie remonte à trois ans, pour un coût de 2,5 millions d’euros.
Un projet de continuité du service par la biais d’un partenariat public-privé avait été rejeté par le ministère.
Vipère


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