Le polygame politique

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Et si au fond, tous les partis politiques se ressemblaient sur les valeurs sociétales ?


L’omniprésent entrepreneur Alexandre Taillefer entreprend son nouveau « projet ». Flanqué du premier ministre Philippe Couillard, il confirmait hier qu’il présidera la campagne électorale du Parti libéral du Québec (PLQ).


L’impression, on ne s’en sort pas, est qu’il vient de s’acheter des parts partisanes dans une éventuelle course au leadership si les libéraux perdaient la prochaine élection.


Ce qui étonne le plus est la nonchalance avec laquelle M. Taillefer, jusqu’à récemment, a aussi flirté de près avec le Parti québécois et la Coalition avenir Québec. La polygamie politique a beau être dans l’air du temps, pour un homme qui préside maintenant la campagne d’un parti, ça manque de sérieux.


Superficialité


Hormis pour ceux ou celles qui traversent la clôture partisane parce qu’ils croient vraiment pouvoir mieux incarner leurs vraies valeurs, cette mode de polygamie politique n’est en fait que le énième signe d’une superficialité de la pensée qu’on fait passer pour des « convictions » dont on change néanmoins sans broncher.


Se disant « progressiste », Alexandre Taillefer pousse même l’enveloppe jusqu’à qualifier les « valeurs » de Philippe Couillard de « progressistes ». Son diagnostic est malheureusement déconnecté de la réalité.


Mantra


M. Taillefer aura beau en faire son mantra du matin, personne n’est dupe de cette étiquette trompeuse. Philippe Couillard, c’est Monsieur Austérité et non pas Monsieur Justice sociale. Alexandre Taillefer devrait avoir la délicatesse de prêter aux Québécois l’intelligence de le savoir. Après tout, ils en ont subi les conséquences.


Or, l’électorat étant en quête accélérée de « changement », avec l’arrivée d’Alexandre Taillefer, M. Couillard jure qu’un vent de grand renouveau soufflera sur le PLQ. Les départs se multipliant, les comtés vacants ne lui manqueront sûrement pas pour le prouver.


Remarquez qu’à cette enseigne, on ne sait toujours pas non plus de quoi le premier ministre parle lorsqu’il annonce aussi l’arrivée d’un « nouveau Québec » sous sa gouverne – une expression, avouons-le, un tantinet orwellienne...