Le nombre d'appels est en hausse chez Suicide Action Montréal

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Des conséquences sociales dramatiques


Après avoir connu un léger déclin au début de la période de confinement, le nombre d'appels reçus par Suicide Action Montréal (SAM) est en hausse depuis une semaine.


« Je pense que la situation de confinement extraordinaire qui a été annoncée a fait en sorte que les gens ont moins manifesté leur besoin d'aide, a expliqué son directeur général, Luc Vallerand.


« Mais avec l'annonce [...] de mises à pied importantes, ça a amené un peu plus de détresse et [...] on devrait au moins observer un retour au même nombre d'appels que dans les mois précédents, qui était autour de 75 par 24 heures, sinon même dépasser un peu. »


Le nombre d'appels logés à SAM a glissé d'environ 10 % entre le 13 mars et le 25 mars, a précisé M. Vallerand, avant de repartir à la hausse.


« Le fait de se retrouver à la maison peut faire en sorte que les gens ont eu un moins grand réflexe de demander de l'aide [...], et ça c'est arrivé aussi à l'époque du verglas en 1998 », a-t-il dit.


« Dans les deux premières semaines, on avait observé qu'il y avait moins de demandes d'aide, par contre à la fin du premier mois de la crise du verglas, on avait constaté un rehaussement des demandes d'aide en situation de détresse psychosociale. On appréhende ça aussi pour les deux prochaines semaines. »


Lors de crises comme celle que nous traversons actuellement, a-t-il ajouté, les gens pourront avoir naturellement tendance à se replier sur eux-mêmes et à ne pas demander d'aide par peur de déranger ou de manifester leurs difficultés personnelles.


« Ça se pourrait que le contexte fasse en sorte que les gens aient plus de détresse, a prévenu M. Vallerand. Le message qu'on envoie aux gens c'est, n'hésitez pas à demander de l'aide, ne restez pas isolés, n'hésitez pas à utiliser les services d'aide comme Suicide Action Montréal ou la ligne 1-866-APPELLE qui est toujours disponible, à la grandeur du Québec, 24 heures sur 24, sept jours sur sept. »


Des milliers de Québécois vivent actuellement d'un chèque à l'autre, a-t-il souligné, ce qui est un grand facteur de stress; les mesures de soutien annoncées par les gouvernements pourraient toutefois «rassurer beaucoup de monde» selon lui.


« Il y a quand même des gens qui malgré le travail, malgré les mesures d'aide, vivent une détresse personnelle qui était déjà préexistante avant l'arrivée de la COVID-19 », a rappelé M. Vallerand.


Jeunes et parents aussi


Les adolescents et leurs parents semblent aussi avoir besoin d'un peu d'aide en cette période de confinement, a confié une porte-parole des services Tel-jeunes et LigneParents, où on constate une hausse de l'achalandage d'environ 30 % par jour depuis deux semaines.


Contrairement à ce qu'on pourrait croire, a dit Myriam Day-Asselin, qui est coordonnatrice des contenus et des partenariats, ce congé scolaire forcé n'a pas que du bon pour des jeunes qui se retrouvent notamment privés de la structure que leur fournissent habituellement l'école ou même leurs activités parascolaires.


L'école est aussi un «filet de sécurité pour plusieurs», comme les jeunes qui profitent de suivis psychologiques et qui en sont soudainement privés, a rappelé Mme Asselin.


Et c'est sans parler des jeunes qui vivent des situations familiales difficiles - et qui pouvaient y échapper le temps d'une journée de cours - et de l'angoisse liée, par exemple, à la manière dont se déroulera la transition du secondaire au cégep par exemple.


« [Les] stratégies [des ados] pour se changer les idées, pour aller mieux, pour gérer leur anxiété [...] sont chamboulées et ils doivent en trouver des nouvelles, a dit Mme Asselin. C'est toute une adaptation pour un adolescent. »


Leurs parents, qui étaient déjà «au bout du rouleau avec leur propre stress», doivent maintenant gérer non seulement la discipline et les conflits au sein de la fratrie, mais aussi des adolescents qui ne comprennent peut-être pas entièrement pourquoi ils ne peuvent plus sortir.


« Les parents doivent lâcher l'anxiété de performance, d'être un excellent parent, se pardonner, se donner des chances, choisir leurs combats aussi, a conclu Mme Asselin. C'est un apprentissage que les parents ont à faire même dans une situation normale, mais d'autant plus quand c'est une situation exceptionnelle comme maintenant. »


 

 

Besoin d’aide ? N’hésitez pas à appeler la Ligne québécoise de prévention du suicide : 1 866 APPELLE (1 866 277-3553)


Sur internet:


https://suicideactionmontreal.org/


https://www.teljeunes.com/Accueil


https://www.ligneparents.com/LigneParents