Le miroir aux alouettes

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C'est sans espoir pour Legault et la CAQ





Pour suivre François Legault, il faudrait inventer un GPS politique! La liberté de changer d’idée est certes un droit fondamental. Ses «repositionnements» successifs sur la question nationale donnent néanmoins le torticolis.


Après son arrivée au Parti québécois, en 1998, l’ambitieux ex-patron d’Air Transat fut tour à tour un souverainiste patient et un indépendantiste pressé. Cofondateur de la Coalition avenir Québec (CAQ) en 2011 avec le libéral Charles Sirois, il se disait désormais «ni souverainiste ni fédéraliste».


En 2012, il annonçait au contraire qu’il voterait Non à tout autre référendum. En mars 2014, il refusait pourtant de se dire «fédéraliste», appelant plutôt à la fin des «vieux débats» constitutionnels d’ici à ce que le Québec soit plus riche.


Avril 2014, nouvelle pirouette: M. Legault se dit «autonomiste» et inspiré par l’ex-Union nationale. Son «nouveau» projet: «battre» les libéraux et dénoncer le «pays imaginaire» du PQ en fédérant le vote «nationaliste» sous la CAQ.


Sur la planète caquiste


Réunis en conseil général en fin de semaine, les caquistes ont officialisé ce dernier repositionnement de leur parti. Ce «nouveau projet nationaliste» n’a cependant rien de nouveau.


C’est en fait une courtepointe de certaines revendications dites traditionnelles du Québec visant à élargir ses pouvoirs au sein du Canada. Quelques pièces du défunt accord du lac Meech, du Rapport Allaire et de l’ADQ première mouture y sont récupérées. Y compris même une «reconnaissance constitutionnelle pleine et entière» du Québec.


Le chef caquiste répète comme un mantra que son projet se fera par «étapes». Qu’il est aussi «pragmatique», «volontariste» et «ancré dans le réel». La réalité n’est toutefois plus au rendez-vous pour lui.


Même si les francophones sont encore nombreux à rêver d’une «troisième voie», les échecs de Meech et de Charlottetown combinés à la victoire du Non en 1995 ont clos ce chapitre pour de bon.


Le problème n’est pas tant que le «fruit» de la grande réconciliation n’est «pas mûr», mais qu’il s’est désagrégé au fil de ces moments clés.


Échec programmé


Si les libéraux sous Daniel Johnson fils, Jean Charest et Philippe Couillard n’ont rien demandé de substantiel à Ottawa, c’est qu’ils le savent.


Même l’option souverainiste qui, pendant longtemps, avait servi d’épouvantail face à Ottawa ne fait plus peur dans les coulisses du pouvoir.


Bref, il n’y a pas la moindre nécessité politique pour le premier ministre fédéral, quel qu’il soit, d’accommoder une quelconque liste de revendications venant du Québec.


Quand M. Legault pointe, comme tant d’autres, l’existence de cette double impasse chez les souverainistes et les fédéralistes québécois, son problème est que ce même constat condamne aussi à l’échec son propre «projet» nationaliste. Et nul doute qu’il le sait.


François Legault cherche cependant une manière de garder son parti à flot d’ici l’élection de 2018.


Son «projet» est avant tout une tentative de marauder chez des électeurs libéraux et péquistes déçus par cette double impasse sclérosante.


Ce n’est pourtant pas en leur proposant un miroir aux alouettes que le chef de la CAQ contribuera à la dénouer.




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