La fluoration nuisible de l'eau à Trois-Rivières

Le jars et l'oie

Tribune libre

Suite au vote sur la fluoration qui a eu lieu ce 3 février au Conseil de
Ville de Trois-Rivières, je tiens à remercier et féliciter les sept
conseillers qui ont eu le courage et surtout l’honnêteté de voter
contre la fluoration en respect de la volonté de leurs concitoyens
qu’ils ont consultés et écoutés.
Quant aux neuf conseillers qui ont voté pour la fluoration, un vote qui a
eu lieu sous la direction du jars en chef de l’Hôtel de Ville et sous
l’aile bienveillante de la mère oie de la Direction de santé publique
(DSP), on peut se demander, et leur demander, s’ils ont voté avec
l’appui réel de leurs commettants ou sous des pressions autres que leur
propre devoir de représentation des gens qui les ont élus. Il serait fort
préoccupant qu’une décision de cette importance et autant controversée
leur ait été dictée par une instance non élue comme la DSP plutôt que
par leurs concitoyens eux-mêmes. Après tout, à part les promoteurs de la
fluoration eux-mêmes, on n’a vu aucun citoyen applaudir à l’annonce
du résultat du vote.
Le conseiller J.-F. Aubin a eu le courage d’expliquer sa position à
haute voix en dépit de l’adversité ambiante, et pour cela il a mon
respect, même si à aucun moment il n’a mentionné l’appui des
citoyens de son district. Sa sincérité était évidente.
On peut comprendre dans quel tourbillon d’avis opposés et de
références incompatibles tous les conseillers ont été projetés (et le
seront encore) sur ce sujet d’intérêt public. On peut aussi croire
qu’ils ont fait leur choix de bonne foi. Mais on aurait aussi apprécié
entendre de la bouche de chacun-e sa véritable motivation et son
cheminement personnel dans cette prise de décision.
Deux anomalies de taille caractérisent plus particulièrement les motifs
exprimés par M. Aubin et par le maire et sans doute partagés par quelques
uns de leurs collègues.
Primo. Lorsqu’ils déclarent qu’il faut trancher, rien n’est plus
faux. Aucun élément juridique, technique ou éthique n’obligeait le
Conseil à trancher la question. Le Maire et le Conseil avaient déclaré
avec raison que la décision revenait au Gouvernement. Lorsque celui-ci a
eu l’irresponsabilité de renvoyer la décision aux conseillers
municipaux, le devoir de ceux-ci était de refuser cette responsabilité
décisionnelle imposée abusivement, comme d’autres municipalités
l’ont fait. Un tel contexte de doute et de controverse justifiait à lui
seul de ne pas se compromettre dans cette décision et d’en rendre la
responsabilité à ceux-là même qui s’en sont débarrassée sur le dos
des élus municipaux.
La seule raison de trancher était que le maire, qui d’habitude ne s’en
laisse pas imposer par le gouvernement, souhaite imposer la fluoration pour
des motifs nébuleux, ceci en dépit de l’opposition citoyenne et en
refusant catégoriquement toute consultation publique sur le sujet, comme
c’est son habitude bien connue lorsqu’il sait que les citoyens ne
seront pas d’accord avec lui. Sinon, il aurait pu accepter la proposition
qui lui fut faite d’ajouter une consultation publique aux bulletins de
vote lors des élections municipales, ce qui aurait vraiment tranché la
question.
Secundo. Dans le doute, ils justifient leur décision en s’en remettant
à la santé publique (DSP), comme s’ils considéraient celle-ci unique
source d’information disponible alors qu’ils savent très bien que de
nombreuses autres sources plus que crédibles sont parfaitement
accessibles. Tous les conseillers le savent puisque, au cas où ils n’y
auraient pas eu accès, je leur ai expédié avec extraits des
références précises à certains mémoires produits par des sommités
internationales bardées de diplômes et d’expertises qui n’ont rien à
envier à celles de la Directrice de la santé publique, Mme Isabelle
Goupil-Sormany. (1)
D’ailleurs, on peut se demander pourquoi celle-ci ne se permet aucune
critique à l’égard de ces sommités et de leur avis que la fluoration
est inefficace, nuisible et même illégale. Elle sait très bien que si
elle se permettait une sortie publique contre ces scientifiques et
professionnels, elle se ferait aussitôt ramasser par eux comme du poisson
pourri. Alors, de concert avec le maire, elle préfère tirer sur les
camelots et considérer avec mépris les personnes qui se donnent la peine
de s’impliquer bénévolement dans ce débat qui leur appartient en tant
que citoyens.
Ce dernier point n’est pas surprenant, quand on sait que la directrice
déclarait récemment dans Le Nouvelliste de Trois-Rivières qu’en
démocratie, seuls les élus peuvent se prononcer, ce qui ne l’empêche
pas de s’octroyer à elle-même le droit de le faire. Pour elle comme
pour le petit caporal Lévesque (2), en démocratie, le droit et le rôle
du citoyen consistent à voter une fois aux quatre ans; le reste du temps,
fermez votre trappe et laissez les élites faire ce que bon leur semble.
Examinons cette décision de plus près. La version officielle nous dit que
l’objectif de la fluoration est d’atteindre les moins nantis de notre
communauté, donc une cible relativement circonscrite en nombre. Or, le
coût de la fluoration de l’eau de Trois-Rivières est actuellement
évalué à plus de 600 000$ subventionnés par le MSSS et donc payés par
les taxes de tous les Québécois même non fluorés, plus quelque 50 000$
par an à même les taxes des trifluviens eux-mêmes, aspect dont le maire
se garde bien de parler. (3) La DSP elle-même évalue le taux
d’efficacité de la mesure de 20 à 40%. N’importe quel gestionnaire
d’entreprise qui ferait un investissement de cette ampleur avec un taux
d’efficacité au prorata aussi dérisoire perdrait son boulot
sur-le-champ. Pas au Conseil de Ville de Trois-Rivières!
En plus de s’auto-proclamer spécialiste de la démocratie, la madame non
élue se fait aussi spécialiste en droit en nous faisant la leçon sur la
nécessité pour les opposants de faire changer les lois s’ils veulent
faire valoir leur point de vue, alors qu’elle-même incite les
conseillers à transgresser plusieurs lois et règlements fixés justement
par des législateurs qui, eux, sont élus. (4) Mais cela, le jars et la
mère oie n’en parlent pas à la population. Et ce sont de tels
personnages qui viennent nous traiter de menteurs et de démagogues!!!
Et ce n’est pas tout, la papesse de la santé publique est aussi une
spécialiste de l’écologie proclamant que les fluorures ne nuisent pas
à l’environnement. Les vrais experts, comme Les Amis de la Terre (5),
dont la crédibilité et la réputation internationales sont incontestables
et qui développent depuis des décennies une capacité d’investigation
et d’analyse scientifiques fortement documentée, et le Réseau
Environnement Québec (6), qui existe depuis cinquante ans et est le plus
important regroupement de spécialistes en environnement au Québec
représentant plus de 2700 membres issus de tous les milieux, deux
organismes qui se sont prononcés contre la fluoration, peuvent aller se
faire voir, notre docteure ès-démagogie a parlé.
La directrice pousse le cynisme jusqu’à déclarer qu’elle et ses
complices répondent présents lorsqu’il y a besoin d’information et de
vulgarisation. Voilà donc la DSP qui proclame son monopole de la
connaissance et de l’éducation populaire! Imbue de sa personne, bien
obnubilée dans sa bulle de prétention et de suffisance, madame n’a
pas encore réalisé que les citoyens ont bien d’autres sources que son
puits sans fond de savoir pour s’abreuver de connaissances. Elle ne sait
pas encore que le web et les réseaux sociaux ont été inventés et
qu’il suffit de taper fluoration sur Google pour obtenir des dizaines de
milliers de liens informatifs, sans compter tous les organismes réputés
qui en parlent et tous les livres et les articles qui en traitent de façon
extrêmement documentée et référencée et qu’un citoyen ordinaire peut
lire, comprendre, analyser et critiquer.
Mais comme le disait le petit maire du peuple : « Nous, on se fie à des
experts! » Et bien sûr, le nombrilisme qui est l’une de ses marques de
commerce l’incite à ne tenir compte que des experts locaux. C’est
qu’il aime bien se démarquer, le maire! Hé bien, démarqué, il risque
de l’être avant longtemps! Si l’on suit la courbe d’opposition et de
désengagement des municipalités envers cette follerie de fluoration,
d’ici une couple d’années, si fluoration il y a, Trois-Rivières
portera le double chapeau du ridicule d’être la seule ville fluorée au
Québec et de l’odieux de faire payer sa fluoration par l’ensemble des
Québécois-e-s.
La directrice affirme : « Nous pourrions démontrer qu’il y a consensus
», sous-entendu : croyez-moi sur parole! Alors qu’attend-elle pour le
démontrer? Tout ce que cette déclaration démontre, c’est sa
déconnexion totale d’avec la base citoyenne et d’avec la tranche de
population dont elle prétend défendre le droit à la santé par la
fluoration : les laissés pour compte par le système de santé pour ce qui
est de leur santé bucco-dentaire, dont les pauvres, les enfants, les
personnes handicapées et les aînés.
À croire que pour elle, être démuni financièrement, être handicapé,
être aîné, être parent de jeunes enfants, ça équivaut à être sans
jugement. À ce compte-là, étant moi-même un aîné qui fut père de
deux enfants, ayant eu une mère et une compagne gravement handicapées, et
faisant moi-même partie des citoyens vivant sous le seuil de pauvreté et
n’ayant pas les moyens de se pourvoir en soins dentaires de haut niveau,
je suis en droit de dire à mes frères et sœurs de la dèche
intellectuelle ciblés par la DSP : dormons en paix, le Roi Arthur et sa
bonne fée Je sais tout ont décidé de prendre notre santé en mains. Ils
ne nous ont pas consultés, mais n’en soyons pas offusqués, après tout
ne sommes-nous pas que de pauvres hères ignares que leur grand savoir
autorise à infantiliser en nous imposant une mesure controversée que nous
ne leur avons pas demandée!
Et si on se posait les questions suivantes : les personnes ciblées
ont-elles envie de la boire leur eau fluorée? Et advenant que non,
auront-elles les moyens de s’acheter de l’eau embouteillée pour boire
et cuisiner? Et si elles étaient contre la fluoration tout court, n’en
déplaise aux fluocrates? Et si on les consultait???
Ce qu’il y a de plus crassement démagogique dans la démarche de la DSP
et de l’Ordre des dentistes, c’est qu’en plus du monopole de la
vérité, ils s’arrogent le monopole de la compassion. À l’appui de
leur volonté de nous fluorer collectivement, on les a vus ces derniers
temps brandir des photos de dentitions pourries de pauvres enfants et
vieillards et leurs témoignages professionnels au sujet de ces souffrances
inadmissibles, comme si le débat portait sur la reconnaissance de ce
malheureux état de fait plutôt que sur les moyens d’y remédier,
notamment en agissant en amont sur les causes elles-mêmes de la carie
dentaire et en rendant plus accessibles les soins dentaires. Et bien sûr,
ceci suggère l’idée que la fluoration est le seul moyen d’y parvenir
et que les opposants sont, au mieux, des inconscients irresponsables ou, au
pire, des crétins insensibles au sort de leurs concitoyens.
Or, les citoyens qui s’opposent à cette aberration sont au contraire des
personnes impliquées dans ce dossier par soucis du bien-être collectif
autant que personnel. Des personnes qui ont le courage de dévoiler à
leurs concitoyens et aux élus qu’il existe d’autres moyens socialement
plus acceptables que cette méthode controversée pour enrayer efficacement
et consensuellement leurs maux bucco-dentaires, des citoyens qui croient
que leur devoir en démocratie ne se réduit pas à voter une fois aux
quatre ans et à donner carte blanche aux élus et aux élites non élues
pour les infantiliser et décider à leur place ce qui est bon ou mal pour
eux.
J’invite les conseillers qui ont voté pour la fluoration à
véritablement approfondir le dossier et à refaire leurs devoirs afin
d’infléchir cette décision vers la volonté citoyenne qui est de ne pas
se faire fluorer.


Laissez un commentaire



2 commentaires

  • Stéphane Sauvé Répondre

    14 février 2014

    La réalité qui dépasse la fiction, c'est tout ce que je peux dire pour le moment. La décision de ce con-seil municipal m'a renversé...
    A suivre...

  • Archives de Vigile Répondre

    14 février 2014

    Je ne me souviens pas d'une fois où l'opposition citoyenne a fait reculer ce maire bien appuyé sur le Système.
    Comme je l'ai déjà dit, au Québec, ce sont les chambres de commerce qui choisissent le maire qui leur convient et non les citoyens.