Société québécoise

Le franco-québécois, la « langue de chez nous  »

Tribune libre

 


 


Un phénomène curieux se produit lorsque certains Québécois se sentent mal à l’aise en présence de Français lorsqu’ils entament une conversion avec un cousin français, On a souvent l’impression que les Québécois vivent un complexe d’infériorité eu égard au français de France.

Et pourtant, par rapport à certains mots ou expressions, les Québécois n’ont rien à envier aux Français. À titre d’exemples, les Québécois font leur magasinage, exécutent leur arrêt au coin des rues si nécessaire, gare leur voiture dans un stationnement, profitent de leur fin de semaine ou se rendent à la pharmacie. Or, de leur côté, les Français font leur shopping, leur stop, utilise le parking pour garer leur voiture, profitent de leur week-end ou se rendent au drugstore.

Sur un autre plan, enclavé dans un environnement anglophone, le franco-québécois a toujours été une langue sous influence des Britanniques d’abord, puis de nos voisins du Sud par la suite, d’où la surabondance d’anglicismes qui l’habitent. Toutefois, depuis la révolution tranquille au début des années ’60, la création du ministère de l’Éducation, qui permettait à tous les petits québécois de fréquenter l’école, a contribué grandement à épurer le parler français au Québec.

Les québécismes constituent une mine de mots qui donnent une couleur particulière au franco-québécois, notamment venant de l’amérindien ou tout simplement créés ici, tels « Canada » qui signifie village, « Québec », passage étroit, et « Saguenay », d’où sort l’eau en amérindien, et « achaler » pour contrarier, « magané » pour abîmé, « achigan », « ouananiche ».   

J’avais coutume, lorsque j’enseignais le français en troisième secondaire, d’intégrer un module sur l’histoire du franco-québécois, et, à ma grande surprise les élèves manifestaient beaucoup d’intérêt pour cette courte incursion dans la langue de chez nous, Dans ces circonstances, j’invite les enseignants à faire de même. Somme toute, on défend toujours plus adéquatement ce que l’on connaît.

Et que dire des poètes de chez nous, tels Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Robert Charlebois, etc… qui ont traversé l’Atlantique pour aller chanter notre langue. À cet effet, je me souviens avoir fait entendre Le p’tit bonheur de Félix Leclerc à des élèves de première secondaire, et, surprise, la plupart connaissaient les paroles de la chanson.

Enfin, qui de mieux qu’Yves Duteil pour louer La langue de chez nous, « C'est une langue belle à qui sait la défendre Elle offre les trésors de richesses infinies Les mots qui nous manquaient pour pouvoir nous comprendre Et la force qu'il faut pour vivre en harmonie »


Henri Marineau, Québec


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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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