Politique québécoise

La taxe orange tourne au bleu

Comme si c’était hier...

Tribune libre



Lors du débat des chefs de Radio Canada, l’animateur Patrice Roy a questionné d’entrée de jeu le co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois (GND), sur sa taxe pour les véhicules plus polluants, un Dodge Grand Caravan, par exemple, se voyant imposer une surtaxe de 7 000$.

Il n’en fallait pas davantage pour que le premier ministre sortant, François Legault, n’accuse GND de vivre «au pays des merveilles» avec son plan pour réduire les GES de 55% d’ici 2030, ce à quoi GND répliqua en accusant François Legault de «désinformer» les Québécois lorsqu’il critique ses propositions et l’exhortant à cesser de « sortir les décorations d’Halloween» pour effrayer les Québécois.

Or quelque dix jours après la campagne au cours de laquelle François Legault n’a cessé de ridiculiser la « taxe orange » de QS, on apprend que le ministère des Transports songe à implanter une taxe sur les véhicules plus polluants, tels les VUS.

De deux choses l’une, ou le gouvernement Legault avait planifié de ridiculiser GND lors de la campagne électorale pour reprendre l’idée de taxer les véhicules plus polluants à son compte après son élection, ou il enrobera sa taxe bleue d’une garniture qui la fera paraître différente de la taxe orange.

En ce qui me concerne, j’opterais plutôt pour le deuxième scénario dans lequel il est facile de changer quelques mots pour transformer l’idée originale en une nouvelle idée… surtout pour de politiciens aguerris comme Pierre Fitzgibbon et François Legault.

Comme si c’était hier...

Le temps passe, les souvenirs s’entassent dans ma mémoire qui n’en finit plus de sélectionner ceux qu’elle souhaite conserver si bien que je perds le contrôle de mes souvenirs. « Tiens, celui-la, je m’en souviens comme si c’était hier »., « Un autre, je ne m’en souviens plus ». Il me semble même quelquefois que j’ai conservé dans un tiroir secret les vieux souvenirs alors que les plus récents ont fondu comme neige au soleil.

Plus je vieillis, plus j’aime prendre plaisir à voyager dans mes souvenirs d’enfance du temps où tout ce qui m’entourait emplissait mon existence, telle cette promenade en brouette avec mon grand-père qui me servait de pilote ou ce matin-là où mon père avait décidé de m’emmener à la pêche seul avec lui, ou ces Noëls où toute la famille attendait l’arrivée du Père Noël pour la remise des cadeaux. Dans ces moments-là, j’étais comblé de bonheur. C’est probablement en raison de ce bonheur qui m’envahissait ces jours-là qu’ils ont su résister à l’érosion du temps. Mon enfance regorge de souvenirs impérissables.

Avec le temps, ma capacité d’émerveillement s’est estompée, mon coeur d’enfant s’est terré pour faire place à mon coeur d’adulte, dans un monde où la spontanéité de l’enfant, sa belle naïveté a laissé la place à un monde où la performance représentait l’idéal de vie au détriment d’une vie idéale.

Mes souvenirs d’enfance incarnent des trésors que je conserve précieusement dans ma mémoire. Ils peuvent se comparer à un album de photos que je ne me lasse jamais de regarder avec un brin de nostalgie. Pendant un cours instant, ces souvenirs me ramènent à la féerie du passé, comme si c’était hier...


Henri Marineau, Québec


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Henri Marineau2037 articles

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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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1 commentaire

  • Normand Bélair Répondre

    17 octobre 2022

    Merci pour «Comme si c'était hier»...très beau...