La FFQ et la prostitution

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La FFQ - dirigée par un homme - est pro-voile et pro-prostitution : une position libérale reposant sur le « choix » des femmes...

Je suis resté sans voix à l’annonce de la décision de la Fédération des femmes du Québec de reconnaître la prostitution comme forme d’agentivité pour les femmes. C’est là un bel exemple d’un concept étendu jusqu’à ses extrêmes, jusqu’à l’absurde, c’est-à-dire au point de prétendre à l’envers de sa cause. S’enferrer dans une langue de bois en tentant de faire gober par la pensée rationnelle une idée aussi contraire aux intérêts des femmes montre à quel point le mouvement féministe, dans ses composantes intellectuelles, évolue en retrait de la réalité quotidienne des choses.


De Salomé à Lily St-Cyr, des sérails aux bars de danseuses, des bouges aux maisons closes, des souteneurs aux Madames, les femmes dansent et se prostituent depuis des millénaires pour le seul plaisir des hommes en deçà de leur dignité humaine. Cette dignité humaine qu’a tenté de ressusciter la première Déclaration des droits de l’homme ainsi que l’unique Déclaration des droits de la femme (Olympe de Gouge, 1791) est la grande absente de cette décision de la FFQ. Cautionner aussi outrancièrement le crochet du boucher sur lequel ces congressistes ont rependu les femmes aux coins des rues et sur les scènes, marchandise à vendre aux plus offrants, est un affront à ces mères seules obligées à la prostitution de fin de mois, à ces mineures pratiquant dans les salons de massage, à ces femmes dansant sous la contrainte du crime organisé. Qu’elles les rencontrent et leur expliquent les vertus de leur agentivité, elles qui pensent du fond de leurs bureaux, en marge de la turpitude de la rue.


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