La relance d'une bonne idée

L'institut sur l'indépendance de PKP

Après un fiasco et quelques couacs

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La promesse de Pierre-Karl Péladeau de créer un laboratoire d'idées (traduction française de think tank), qui prendrait la forme d'un Institut scientifique et appliqué sur l'indépendance est une idée au potentiel considérable. À partir des quelques phrases prononcées, trop peu, je vais prendre sa promesse au sérieux et reconnaître que PKP veut s'enligner ici pour éviter les cafouillages du passé et relancer cette pas si nouvelle idée sur des bases de béton.

Il sera donc bientôt possible de discuter de tous les sujets qui sont au cœur de l'indépendance du Québec sans avoir l'impression de marcher dans un champ de mines. Cet Institut permettra de libérer la parole dans un espace idoine, à l'écart des esclandres et de l'esbroufe parlementaire lorsqu'il s'agit d'indépendance. Comme tout débat constructif sur la question se trouve effectivement verrouillé à l'Assemblée nationale par les jusqu'au boutistes du fédéralisme, qui font obstruction à la moindre évocation de l'idée, PKP fait donc un pas de coté. Connaît-il le judo? Il introduit avec sa proposition ce que j'estime être le bloc organisationnel qui manque au dispositif de l'indépendance.

Contrairement aux études antérieures sur l'avenir du Québec, Bélanger-Campeau (1991) et la mise à jour de ces dites études en 2002 par le gouvernement Landry, cette nouvelle mouture serait cette fois-ci indépendante de l'État. Et, de surcroît, il faut l'espérer, indépendante du Parti québécois, qui en serait cependant le principal créateur. Indépendant du PQ, l'Institut s'attirerait plus facilement des apports de l'extérieur, profitant des travaux de personnes favorables à l'indépendance mais qui ne sont pas forcément en phase avec l'intendance provinciale vue par le PQ. Ce serait donc la mise en œuvre d'un projet rassembleur centré sur la préparation de l'indépendance, un projet tout à fait inédit qui pourrait rassembler, dans ma vison des choses, quelques centaines de personnes, voire des milliers de participants dans le scénario le plus favorable.

Tant que le Québec sera une province, son gouvernement aura une mission provinciale à laquelle il est tenu de s'astreindre. Même en gouvernant dans le meilleur intérêt du Québec, les initiatives les meilleures restent limitées par le manque de pouvoirs. En créant une structure parallèle vouée à la préparation de l'indépendance, comme le promet Pierre-Karl Péladeau, on procède en quelque sorte au découplage souhaitable de la mission de gouvernance limitée de celle du chantier de l'indépendance.

Autre bénéfice. Si l'initiative de PKP prend forme avec suffisamment de vitalité, elle pourrait venir ralentir l'efficacité de la propagande fédéraliste contre le PQ et sa prise du pouvoir éventuelle. Les libéraux ne montent-ils pas aux barricades chaque fois qu'un député et à plus forte raison le chef de l'Opposition évoque ici ou là les avantages de la souveraineté? Les élus péquistes ne se font-ils pas suspectés constamment d'utiliser en sous-mains ou de façon illégitime, parce qu'ils n'en ont pas le mandat, les ressources de l'État pour mousser la séparation du Québec? Ces accusations ne cesseront évidemment pas.

Mais désormais, chaque député aura la possibilité de se retrancher derrière les travaux de l'Institut, qui aura pour mission de soupeser diverses options et hypothèses, sans les contraintes, les auto-censures et les petites manœuvres inhérentes à la lutte parlementaire. L'Institut publiera des travaux et des études qui traiteront de la transition indépendantiste dans tous les domaines sans que cela n'ait jamais besoin d'être endossé ou dénoncé par la députation du Parti québécois ou par le parti lui-même. Les élus auront désormais l'opportunité de réserver leur opinion sur le fond, au choix de la meilleure tactique, question de ne pas donner de grain à moudre aux libéraux.

Les députés auront d'autant raison de référer les libéraux aux travaux l'Institut que ce dernier produira du contenu de qualité. Si le travail est bien fait, l'Institut pourrait occuper une place de grande importance dans l'avenir du Québec. Il prendra cette place avec d'autant plus de facilité que ceux qui le mettront au monde éviteront les écueils du passé.

Les écueils du passé

Dans un texte paru sur Vigile en mars 2002, écrit dans la foulée du fiasco de la mise à jour des études de la commission Bélanger-Campeau, un texte que l'on peut encore trouver ici, je mettais en évidence la perversion de la cause par le financement de l'État et plaidais en faveur de l'engagement des intellectuels pour les bonnes raisons.

«Dès l'époque de Bélanger-Campeau, je m'étais tout de suite accordé avec le raisonnement que faisait Jacques Dufresne (philosophe et directeur de l'Agora) qui se demandait si des intellectuels déjà bien traités par l'État, duquel ils reçoivent la sécurité économique et des avantages sociaux au-dessus de la moyenne, devaient être de nouveau payés généreusement pour aligner des faits et des données qui, dans bien des cas, ne constituent que des ré-écritures des recherches qu'ils font déjà de toute façon dans le cadre de leur mandat de professeur d'université. La question se pose avec une pertinence accrue depuis 1995, puisque des intellectuels peuvent recevoir, en plus des sommes provenant de Québec, des sommes tout aussi substantielles du fédéral pour remanier les mêmes données en les présentant, au besoin, sous un jour différent. 

Nous sommes ici au coeur de la question nationale considérée comme un contentieux Canada-Québec, soit un dysfonctionnement administratif, dont la solution se passe allègrement de la participation populaire, laquelle n'étant sollicitée que pour voter aux élections et aux référendums, l'essentiel se déroulant au niveau de la superstructure étatique.»


«Supposant que la question du Québec déborde le cadre d'un contentieux entre deux gouvernements, Jacques Dufresne poursuivait son raisonnement en se demandant si la lutte du Québec pour sa souveraineté n'était pas piégée justement parce qu'aucun des intellectuels, éclaireurs de la nation, n'avait refusé à l'époque d'être payé 100$ ou 200 $ de l'heure pour aller témoigner à la commission Bélanger-Campeau. La conclusion étant que si les intellectuels ne peuvent volontairement et avec enthousiasme témoigner pour leur pays, nous sommes en face d'un contentieux "Québec-Canada", entretenu par les fonds publics mais non en face d'une lutte d'émancipation des Québécois. Corollaire, il n'y a pas d'élite intellectuelle constituée en corps patriotique. Les intellectuels ne voueraient allégeance qu'à celui qui les paie le plus généreusement. S'inscrivant dans cette dynamique, le Québec sera toujours perdant.»

On se souviendra que le gouvernement du Parti québécois, dirigé par Bernard Landry, ne put jamais tirer profit de la mise à jour des dites études. Jean-Pierre Charbonneau, le ministre responsable du projet avait déclaré ne pas croire utile de les lire compte tenu du contexte non-référendaire, le directeur du projet, l'universitaire Claude Corbo, s'était excusé pour cause de maladie, bref un dépôt officiel sans explications et sans commentaires, ce qui était en fait un enterrement de première. C'est à la suite de cet échec que je proposais, vu le contexte, que les sommes inutilisées au budget du projet soient prises pour relancer la préparation à l'indépendance en comptant sur le bénévolat et en s'appuyant sur la structure existante et permanente des Intellectuels pour la souveraineté (IPSO). Peu de temps après, l'historien Bruno Deshaies tenta, sans succès, avec de trop petits moyens de lancer l'Académie de l'indépendance.

«On aurait pu préparer une mise en scène appropriée pour rendre public avec toute la visibilité et tout l'effet médiatique nécessaire les études sur la souveraineté. C'est une question de planification et une question de volonté. Or, ce qui manque, c'est la volonté et la volonté peut difficilement se manifester devant une masse de milliers de pages d'études dont la plupart sont inutilisables pour la souveraineté parce qu'élaborées dans un contexte académique détaché de l'engagement. Ces études ne sont pas parcourues par un souffle visant à faire aboutir la cause nationale. Il y a d'ailleurs si peu de souffle que M. Corbo, ayant empoché ses émoluments, trouve un prétexte pour ne pas faire face au public. C'est une fin gênante pour ces études, l'investissement de 600 000 $ ressemble à un gaspillage et fait mal paraître le gouvernement. 

Il est malheureux que l'un des rares investissements de l'État en faveur de la souveraineté depuis 1995 n'ait servi qu'à encourager le parasitisme sur la question.

Il n'aura fallu que 24 heures à Stéphan Larouche, politologue membre du Rassemblement pour l'indépendance du Québec (RIQ) pour contredire, gratuitement, l'étude de Woehrling, payée chèrement, qui, elle, conclut à la nécessité de deux référendums. 

L'État devrait investir dans la souveraineté, c'est évident. Mais investir dans la souveraineté ce n'est pas de trouver des suppléments de revenus pour les bien nantis. Le rôle de l'État à cet égard devrait être surtout celui d'un levier. Le centre d'où partent des initiatives capables de mobiliser la population dans la lutte pour la libération du Québec.

Il y a des milliers de personnes, dont des intellectuels, qui ne demandent pas mieux que de contribuer bénévolement par leur talent à faire naître le pays du Québec. C'est là que se trouve le capital des meilleures ressources que le gouvernement du Parti québécois devrait s'efforcer de mettre en jeu et c'est sur ce terrain que le fédéral serait incapable de suivre. 

Les sommes prévues pour la mise à jour des études pour la souveraineté n'ayant pas été toutes utilisées, il est encore temps d'agir autrement. Voici un exemple de l'utilisation des 200 000 $ ou 400 000 $ qui restent en vue de susciter un vaste et rafraîchissant brassage d'idées et de produire des études qui pointent vers de solutions.

Le gouvernement pourrait donner un montant forfaitaire de 400 000$ à un organisme comme les Intellectuels pour la souveraineté (IPSO), en vue de couvrir les frais d'administration et de production seulement. Les IPSO deviendraient mandataires du gouvernement et auraient pour tâche de réunir les intellectuels souverainistes. Tous les intellectuels travailleraient dans un esprit volontaire et ouvertement patriotique. Les études qui en sortiraient, sans aucunement renoncer à la rigueur, ne seraient pas simplement faites pour décrire les obstacles qui se dressent devant la souveraineté mais surtout comment les renverser ou les contourner.

Le travail des IPSO pourrait comporter des assemblées publiques, et d'autres activités, de façon à susciter le débat et à garder bien en vie l'idée de la souveraineté. 

L'avantage d'une telle entreprise est évident : constitution d'un corps d'intellectuels patriotes, brassage permanent d'idées dans la population sur la souveraineté, tout cela réalisé à très peu de frais. Il faut que le gouvernement facilite le passage du projet souverainiste entre les mains des Québécois. »

Mission et organisation des travaux de l'institut

Les travaux de l'Institut devront se pencher sur l'opérabilité du transfert des pouvoirs ministériels fédéraux, des missions et programmes de ces ministères en regard de l'intérêt du Québec. L'opérabilité du transfert des institutions ou d'une partie d'entre elles ainsi que le transfert des fonctionnaires et des employés des sociétés fédérales.

L'Institut devra scruter les politiques actuelles et les engagements du Canada de façon dynamique, c'est-à-dire à partir de l'intérêt du Québec en toute chose et de sa volonté de se hisser à un niveau qui surpasse celui du Canada dans tous les domaines où il est possible de l'envisager, de le prévoir et de le planifier. Les travaux de l'Institut devront certes considérer le Canada comme un partenaire pour l'avenir, mais placer le Québec à coté de lui, indépendamment de lui, comme un concurrent, comme un pays différent et ami qui sera encore lié à lui, mais dont le destin sera qualitativement autre chose.

L'organisation :

L'Institut sera financé par les contributions privées et non par l'État

L'Institut pourrait aussi encourager la participation des membres inscrits en reliant tous les intéressés à travers une plate forme internet.

Les chefs de mission ou les chefs de projet de l'Institut viendront par conviction et non motivés par l'appât du gain.

Nombre de missions et de chefs de mission avec leur équipe et autres bénévoles prêts à participer : Un total de 20 à 25 missions, à maturité, ce qui correspondrait aux ministères du futur Québec indépendant.

La création des missions serait faite selon les priorités suivantes :

1- Ministères fédéraux dont les activités sont à rapatrier ou à créer (ministères provinciaux inexistants) : Défense, relations extérieures...

2- Ministères provinciaux qui devront intégrer des missions antérieurement de compétence fédérale : santé, éducation, fonction publique, finance, revenu, industrie et commerce...

3- Ministères provinciaux qui seront relativement peu touchés : culture...

Note : Les études de Bélanger-Campeau, celles mises à jour comme les autres, représentent un fond de références à partir duquel il sera possible de puiser le meilleur, mais les travaux de l'Institut ne prendraient nullement ces études pour point de départ de leur activité et n'en reproduiraient pas la structure de travail.

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Gilles Verrier117 articles

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Entrepreneur à la retraite, intellectuel et autodidacte. Je tiens de mon père un intérêt précoce pour les affaires publiques. On peut communiquer avec moi et commenter mon blogue : http://gilles-verrier.blogspot.ca





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5 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    15 février 2015

    Le projet d'un institut indépendant du PQ, financé hors des instances politiques (gouvernement et parti) dont la mission consiste à définir, à l'aide de spécialistes en la matière, les contours de l'indépendance du Québec, les voies qui y mènent et les actions qui s'ensuivront, dont la création d'une république de langue française et laïque, est de loin le plus mobilisateur des cinquante dernière années.
    J'ai hâte d'y investir et d'y contribuer bénévolement parce que l'objectif recherché est de créer le Québec plutôt que de refaire le Canada comme en 1980 et en 1995, à défaut de quoi il fallait créer le Québec sans que le peuple québécois sache les contours de cette création. Si le peuple tranche, il lui faut connaître dans quoi il s'investit. L'Institut le révélera et montrera ce que ça signifie. Alors le peuple québécois saura mieux ce qu'implique l'indépendance et pourra en toute connaissance décider d'assumer son indépendance, à défaut de quoi il se dira dépendant.
    D'ici là, il y a beaucoup à faire : la délimitation du territoire, la monnaie utilisée lors de la transition, le régime politique et sa mise en opération, le transfert (succession) des pouvoirs et des responsabilités, les transferts de personnel, les ententes internationales et la présence du Québec sur la scène internationale, les rapports avec les Autochtones, les alignements économiques sans négliger les ententes entre les partis indépendantistes et bien d'autres sujets, dont ceux des communications, de l'éducation, de la santé et des programmes sociaux en vigueur.
    Pour plusieurs sujets directement reliés à l'accession au statut d'État souverain membre des Nations Unies, il existe des règles reconnues à l'échelle internationale et des modalités particulières pour neutraliser les tensions. Il faudra que cet institut les rendre publiques et signale comment elles pourraient être mises en application.
    Somme toute, la proposition de PKP est le levier qui permettra de sortir, comme le signalent messieurs Verrier, Pomerleau et Haché, d'un enfermement provincial et des lignes de parti pour concevoir le pays du Québec en recourant à des spécialistes dont la contribution sera de révéler comment concrètement se constitue un pays et comment cette constitution implique des applications précises. Voilà qui permettra de centrer le débat sur du concret.

  • Jean-Claude Pomerleau Répondre

    15 février 2015

    Un ajout.
    L'institut permettra de définir une doctrine politique claire ( La doctrine fait naître l'unité de penser : Sun Tzu).
    Cette doctrine politique claire a fait défaut depuis le début du mouvement. C'est ce qui explique qu'on ait abandonné l'État comme moyen (le levier de la Révolution tranquille) pour partir à la quête d'un pays imaginaire, fantasmé par des intellectuels déconnectés de la réalité politique la plus élémentaire : les rapports de force en présence.
    Un retour à la realpolitik, il faut l'espérer.
    JCPomerleau

  • Jean-Claude Pomerleau Répondre

    14 février 2015

    Il importe de bien nommer la chose :
    institut de recherche scientifique et appliquée sur l'indépendance du Québec
    Il ne s'agit pas d'une « idée » mais bien d'un engagement qui deviendra effectif dès que PKP aura accédé à la direction du Parti Québécois.
    En quoi ce projet ce distingue des études ponctuelles du passé sur la souveraineté.
    Le postulat de départ ; ne plus penser le projet en référence à une province mais bien à celui d'un ÉTAT. Ce que l'élite souverainiste n'a jamais fait dans son histoire; confondant l'État et son statut (province). D'où « le souverainisme de province ».
    Les points forts de ce changement de paradigme :
    - Sortir le projet du registre de l'Idéal. Et penser et appliquer les exigences du projet de changement de statut de l'État dans le contexte de la realpolitik.
    - La permanence de la démarche pour définir la problématique de notre État en contexte et en langage statutaire ayant une portée stratégique et tactique.
    - Et surtout, l'ajout suivant au sujet de la recherche qui nous change du discours verbal : « la recherche appliquée.», qui mène au passage à l'ACTE.
    Depuis 40 ans le projet souverainisme n'a jamais sorti du cadre du provincialisme intériorisé par les élites du mouvement. Avec PKP on sort de ce cadre pour penser le changement de statut de l'État en terme, j'ose espérer, de géopolitique : discipline qui fait de l'État l'objet premier de son étude.
    JCPomerleau

  • Marcel Haché Répondre

    14 février 2015

    Bravo, bravo Gilles Verrier.
    Vous décrivez parfaitement comme pourrait s’opérer un Redressement National. Évidemment, cela suppose que le P.Q. ne s’en aille pas s’écraser lui-même, et bêtement, sur le Mur de l’opinion public à la première occasion comme à la prochaine élection.
    Il n’est pas nécessaire, en effet, que ce que vous décrivez ici fasse partie de la plate-forme électorale du P.Q…comme il n’est pas nécessaire non plus que le P.Q. fasse de la prochaine élection une élection référendaire s’il est d’abord en conquête du Pouvoir. Élémentaire il me semble, chaque chose en son temps…

  • Gilles Verrier Répondre

    14 février 2015

    «Les écueils du passé
    Dans un texte paru sur Vigile en mars 2002, écrit dans la foulée du fiasco de la mise à jour des études de la commission Bélanger-Campeau, un texte que l’on peut encore trouver ici...» :
    http://www.vigile.net/archives/ds-souv/docs2/02-3-31-verrier.html
    __________
    Article qui rappelle le fiasco de la mise à jour des études pilotées depuis le gouvernement - version 2002 :
    http://www.vigile.net/archives/ds-souv/docs/02-3-28-tva.html
    __________
    Autre tentative de remise à jour d'études sans fournir de cadre organisationnel permanent, lacune qui serait désormais corrigée par l'Institut :
    http://www.vigile.net/Le-PQ-met-a-jour-148-etudes-sur-la