L'implantation du dossier médical électronique risque d'être retardé

Santé - dossier électronique


Rioux Soucy, Louise-Maude - Reporté maintes fois déjà dans le passé, le projet-pilote visant à tester l'implantation d'un dossier médical électronique au Québec pourrait bien accuser de nouveaux délais. Les omnipraticiens et les médecins spécialistes ont en effet été invités par leur fédération respective à ne pas s'engager plus avant dans ce projet complexe à moins d'engagements formels de la part du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).
Le premier projet d'expérimentation devait techniquement être lancé la semaine prochaine dans cinq cliniques de la région de la Capitale-Nationale. Un avis d'intention sur les conditions de mise en oeuvre du Dossier de santé du Québec a même déjà été publié à ce sujet. Celui-ci a toutefois suscité beaucoup d'interrogations chez les médecins visés, et certains ont même remis en question la volonté du MSSS de signer une entente les engageant personnellement.
Pour la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) comme la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), leurs questionnements justifient pleinement un holà. Le contexte juridique entourant un tel dossier est en effet trop complexe pour qu'il ne soit pas assorti de garanties, a expliqué hier le directeur des communications de la FMOQ, le Dr Jacques Ricard. «Il y a des obligations rattachées à ces contrats-là qui nous questionnent, et nous voulons rencontrer le ministère pour en examiner les tenants et les aboutissants.»
Par exemple, il est précisé dans le texte d'entente que le ministère peut résilier son contrat, mais pas le médecin. Tout cela s'ajoute au fait que les fédérations ont manifesté à plusieurs reprises leur désir d'être consultées. Sans succès. Il y a pourtant «lieu de négocier les modalités de compensation pour les professionnels, mais également des mesures propres à assurer la réussite de cet ambitieux projet», lit-on dans une lettre conjointe envoyée à tous les médecins québécois.
Les deux fédérations ne remettent pas en cause la pertinence de mettre en branle un système informatisé des dossiers de santé. «Au contraire, il s'agit d'un pas important à franchir, a rappelé hier le Dr Ricard. Mais faisons-le avec prudence. Prenons le temps de réfléchir et, surtout, ne répétons pas l'erreur des groupes de médecine familiale qui ont été une expérience décevante pour nos membres qui avaient alors été écartés de la réflexion.»
La FMOQ entend rencontrer le MSSS prochainement pour discuter de l'implantation du dossier de santé. Au bureau du ministre de la Santé, Philippe Couillard, on se dit déjà prêt «à négocier un compromis». «S'il y a des détails qui nous ont échappé, nous sommes prêts à en discuter. Autrement, les patients seront invités à prendre part au projet-pilote dès la semaine prochaine, comme prévu», a précisé son attachée de presse, Marie-Ève Bédard, qui estime par ailleurs que le «démarrage du projet ne devrait pas être compromis» par ce revirement de dernière minute.


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