L'humour québécois dans tous ses états

Tribune libre

Depuis les événements qui ont entouré l’affaire Rozon, le monde de l’humour est perturbé par toutes sortes de perceptions qui sont véhiculées sur le rôle des humoristes dont la mission première a pourtant toujours consisté à faire rire le public.


Or, aux dires de Julie Dufort, professeure du cours «Humour et société» à l'École nationale de l'humour, rien n'empêche un humoriste d'être engagé dans la société et de remplir sa profession. «On est loin de faire juste une blague en faisant l'humour. On fait bien plus que ça quand on rit de Gilbert Rozon, par exemple. On fait bien plus que générer des rires quand on fait une blague sur les différences entre les hommes et les femmes», explique-t-elle.


Toutefois, il m’apparaît essentiel de consulter aussi le spectateur sur ses attentes lorsqu’il paie son billet pour assister au spectacle d’un (une) humoriste. Jusqu’où tolèrera-t-il la mesquinerie d’un humoriste eu égard à des personnes souffrant d’un handicap physique ou ayant subi une agression sexuelle? Des « blagues » qui, à mes yeux, dépassent les bornes de l’éthique.


En bref, quoique conscient que l’humoriste vive dans une société ouverte aux situations touchant l’actualité, notamment dans les médias sociaux, je demeure perplexe sur les attaques personnelles étalées par certains humoristes comme appât, une manœuvre qui outrepasse dangereusement les limites d’un humour respectueux des personnes visées dans leur monologue.



Henri Marineau

Québec


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Henri Marineau1204 articles

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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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1 commentaire

  • Yves Corbeil Répondre

    19 décembre 2017

    Tant que tu vends des billets, tu demeure confortable avec la ligne de conduite que tu t'es donné en temps que comique.


    La même chose s'applique avec nos politiciens, tant que les gens continuent à voter pour eux, pourquoi changeraient-ils quoi que ce soit. À l'instant, j'entends Fournier la vierge offensé qui livre son fiel. Si c'était vraiment des mensonges et de la diffamation incommensurable comme il prétend, comment se fait-il qu'il n'est pas intenté de poursuite dès le début. Maintenant qu'on la blanchit comme plusieurs choses qu'on blanchit dans ce gouvernement, poursuivra-t-il, à suivre.


    On s'indigne pour beaucoup de choses, plusieurs choses avec de très fortes raisons, mais je serai toujours étonné que l'on ne s'insurge pas plus que cela pour la situation des laissés pour contre de notre société, les vieux, les enfants vulnérables, les gens en détresses de toutes sortes, les femmes, les immigrants qu'on reçoient mais qu'on laissent à eux même au niveau de l'intégration et de l'arrimage à notre société. Il y a tellement de non sens dans le fonctionnement de l'état qu'une chatte n'y retrouverait pas ses petits.


    La société du spectacle tire-t-elle à sa fin ou nous allons continué à vivre toutes ces incohérences qui s'accentuent sa cesse. On se plaint, mais on ne se plaint pas pour les bonnes choses, non en faîtes, on a un GROS problèmes de prioritées dans nos plaintes et ceux qui gouvernent, le font exactement comme des vendeurs de tickets de spectacles.


    Finalement, nous devons avoir ce que l'on mérite car on aspire pas à plus en groupe, on aspire à plus individuellement, ah là, nous sommes exigeant mais pour ce qui est du plan collectif...ça existe-tu encore le collectif ici.