Où sont passées les traditions des Fêtes?

Je me souviens…

Tribune libre

La période des Fêtes fait toujours surgir en moi une triste mélancolie du « bon vieux temps » pendant lequel les traditions contribuaient à donner un sens à nos rencontres familiales.

Je me souviens de la soirée du 24 décembre qui était dédiée à la décoration de l’arbre de Noël, enguirlandé de courants lumineux, une boule à la fois, un glaçon à la fois, pour finalement nous asseoir et contempler notre chef-d’oeuvre, l’arbre scintillant.

Je me souviens que mon grand-père venait me réveiller après que les adultes soient revenus de la Messe de minuit. Quelques années plus tard, quand j’ai atteint l’âge d’aller à la Messe de minuit, je me souviens de la douce mélodie des chants grégoriens entonnés par les Soeurs du Saint-Sacrement.

Je me souviens de la joie de mon père lorsqu’il remettait les cadeaux à chacun des enfants un à un, et que nous attendions tous que le récipiendaire le déballe avant que mon père continue la distribution qui se terminait toujours par un cadeau spécial de mon père à ma mère.

Je me souviens des réveillons copieux qui garnissaient la table de victuailles traditionnelles, la dinde, le ragoût de boulettes, les pommes de terre pilées, la tourtière, le maïs en crème, les atocas et finalement la délicieuse recette de farce de ma mère, Enfin, la traditionnelle bûche de Noël faisait son apparition sur la table au grand plaisir de toute la joyeuse tablée.

Je me souviens avec émotion de la traditionnelle bénédiction paternelle où le « chef de famille » bénissait solennellement sa femme et ses enfants pour la nouvelle année. Et, comme à chaque année, je me souviens que ma mère laissait tomber quelques larmes.

Je me souviens des soirées du Jour de l’An en compagnie des oncles, des tantes, des cousins et cousines lors desquelles nous dansions les rigodons traditionnels. Je me souviens que, plus tard dans la soirée, nous nous rendions dans la famille de ma mère mon oncle Paul nous chantait des chansons à répondre et mon oncle Félix, mon parrain, nous égayait avec sa musique à bouche en claquant des pieds.

Je me souviens du 6 janvier, la soirée des Rois mages, en présence de mon oncle Gérard, un frère de ma mère venu spécialement de Montréal avec ma tante Françoise pour clore la période des fêtes avec nous. Je me souviens de la galette des Rois qui couronnaient comme roi et reine de la soirée ceux qui avaient eu la chance de découvrir le pois et la fève dans leur morceau de galette.

Aujourd’hui, les traditions sont malheureusement disparues avec les souvenirs, et les nouvelles générations ne pourront plus bénéficier de cet extraordinaire privilège de...se souvenir de ces traditions familiales!


Henri Marineau, Québec


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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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