Espagne: le parti de Rajoy condamné dans un mégaprocès pour corruption

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Ce n'est pas au Québec que le parti au pouvoir serait condamné pour méga-corruption...

Le Parti populaire du chef du gouvernement de Mariano Rajoy a été condamné pour avoir bénéficié d’un « financement illégal », à l’issue d’un procès géant pour corruption, qui a infligé un total de 351 ans de prison aux prévenus, parmi lesquels d’anciens responsables du PP.


Vingt-neuf personnes ont été condamnées pour corruption, détournement de fonds publics ou encore blanchiment d’argent, dont l’ancien trésorier du parti Luis Barcenas, puni de 33 ans de prison. Le jugement publié jeudi signe l’épilogue d’un des très nombreux scandales de corruption qui ont affecté le parti conservateur et contribué à lui faire perdre la majorité au Parlement fin 2015.


Dans cette affaire baptisée « Gurtel » par la police (« courroie » en allemand, jeu de mots sur le nom du principal prévenu Francisco Correa), la justice a disséqué tout un système de versement de pots-de-vin à des élus et à des responsables du PP en échange de juteux contrats publics entre 1999 et 2005, dans différentes régions.


Le PP a immédiatement annoncé dans un communiqué qu’il ferait appel de la décision de l’Audience nationale, qui le condamne à rembourser plus de 370 708 $ pour avoir participé « à titre lucratif » à ce système tentaculaire.


Pour le haut tribunal, les faits ont « rapporté des bénéfices quantifiables au PP, consistant en un financement illégal d’activités de plusieurs meetings politiques ».


Il a aussi accrédité que le parti disposait bien d’une « caisse noire », « une structure financière et comptable parallèle à l’officielle », ce que le PP a toujours nié farouchement.


Pendant l’enquête, Luis Barcenas, qui a également écopé d’une amende de 66 millions de dollars, avait soutenu devant le juge qu’il avait lui-même remis mensuellement, sans témoin, aux plus hauts dirigeants du PP, des milliers d’euros « en billets de 500 » tirés de la caisse noire.


L’affaire est restée célèbre pour un fameux sms — « Luis, sois fort » — que M. Rajoy avait amèrement regretté d’avoir envoyé en 2013 à Barcenas, quand ce dernier venait d’être mis en cause pour avoir caché des dizaines de millions d’euros en Suisse et d’autres fonds dans des sociétés écrans.


En juillet 2017, M. Rajoy avait été, dans le cadre de cette affaire, le premier chef du gouvernement en exercice à comparaître comme témoin devant un tribunal espagnol. Il avait alors assuré ne s’être « jamais » occupé de « question de comptabilité ».


Rajoy minimise


Jeudi, Rajoy a minimisé la portée des scandales de corruption impliquant son parti. « Il est évident que le PP représente beaucoup plus que 10 ou 15 cas isolés », a-t-il dit, sans pouvoir nier que cela faisait « beaucoup de mal » à la formation qu’il préside depuis 14 ans.


La peine la plus lourde — 51 ans et 11 mois de prison — a été infligée au dirigeant du réseau, l’homme d’affaires Francisco Correa, qui avait reconnu avoir offert d’importants cadeaux à des fonctionnaires et élus pour qu’ils attribuent des marchés à des entreprises « amies ».


À un an des élections municipales, régionales et européennes de mai 2019, et deux ans des législatives, le parti libéral Ciudadanos, qui a le vent en poupe dans les sondages, a profité de cette condamnation pour passer à l’offensive.


Il y aura « un avant et un après la condamnation Gurtel dans la relation de Ciudadanos avec le gouvernement », a lancé son dirigeant, Albert Rivera, sous-entendant qu’il pourrait retirer son soutien au gouvernement, dont il a voté mercredi le budget.


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