NATIONALISME

Duplessis, le défenseur du Québec

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Le plus grand premier ministre de notre histoire

Les Québécois connaissent mal leur histoire. 


On s’en consolera en se disant qu’ils ne sont pas les seuls, dans une époque qui hésite entre l’amnésie et la haine du passé. 


Ils en comprennent néanmoins les grandes lignes. Ils se souviennent de la Conquête, des Patriotes, de l’emprise de l’Église, de la Révolution tranquille, de René Lévesque. 


Et ils se souviennent, pour le meilleur et pour le pire, de Maurice Duplessis, le premier ministre associé à ce qu’on appelle encore la Grande Noirceur. C’est le grand méchant de notre histoire. Le repoussoir des dernières décennies. Mais est-il temps de réviser notre jugement à son sujet ?


Héritage


On peut croire que c’est l’avis de l’historien Pierre Berthelot, qui vient de publier un ouvrage exceptionnel, remarquablement écrit et documenté, accessible et fouillé, ayant pour titre Duplessis est encore en vie


Berthelot pose une question intéressante : de quelle manière les Québécois se sont-ils représenté Maurice Duplessis depuis sa mort, en 1959 ? De quelle manière son souvenir, dans la mémoire collective, a-t-il évolué ? À travers son étude, il raconte la vie et l’œuvre politique de celui qui dirigea le Québec de 1936 à 1939 et de 1944 à 1959. 


De son vivant, l’homme était certes contesté, mais très populaire. Comment est-il devenu un symbole aussi négatif ? 


Comme le note Berthelot, Duplessis a connu deux biographes majeurs, Robert Rumilly et Conrad Black. 


Mais c’est probablement Denys Arcand, à la fin des années 1970, dans la série télévisée qu’il lui a consacrée, qui l’a le mieux compris. 


Duplessis y apparaissait dans ses contrastes. Cynique, certes, mais authentiquement nationaliste. Très attaché au Québec, mais enfermé dans le passé avec une vision un peu poussiéreuse de son destin. Autoritaire, mais attaché aux gens ordinaires. 


Berthelot le note, on trouve dans cette série une scène poignante, où Duplessis, sur son lit d’hôpital, discute de l’avenir de notre peuple avec Adélard Godbout, alors premier ministre. C’est une scène d’anthologie belle à pleurer. Elle est facile à trouver sur YouTube. Si vous avez 15 minutes, aujourd’hui, prenez le temps de l’écouter. 


Nationaliste


On en arrive à cette idée simple. S’il n’y a certainement pas lieu d’idéaliser Duplessis sur le mode nostalgique, et s’il ne faut pas oublier les carences et les pages noires de son régime, on ne saurait non plus le maudire sans nuances. 


Alors qu’Ottawa voulait tout centraliser, il a su défendre l’autonomie du Québec et même la renforcer en lui donnant une assise fiscale. 


Il a compris que le Québec n’était pas qu’une province, mais l’État national de notre peuple. Il a d’ailleurs donné au Québec son drapeau, en concrétisant politiquement le combat que menait alors le député René Chaloult. 


Duplessis fut un défenseur du Québec, tout simplement, avec ses grandeurs et ses limites.


Berthelot, avec son beau livre, nous apprend cet art de la nuance dans l’évaluation de notre propre histoire. Et nous invite à nous réconcilier avec elle. 



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