Devant le Congrès US, Macron critique le nationalisme et appelle à «réinventer le multilatéralisme»

Le discours mondialiste de Macron : un appel au nouvel ordre mondial libéral

Au lendemain de sa rencontre avec le président américain Donald Trump, le président français a longuement encensé la relation entre Paris et Washington devant un Congrès enthousiaste, tout en évoquant des divergences sur certains dossiers.



Ce 25 avril, pour le dernier jour de sa visite d'Etat à Washington, Emmanuel Macron s'est exprimé devant le Congrès des Etats-Unis qui lui a réservé une ovation de trois minutes à son arrivée. Dans un discours en anglais très applaudi, il a plaidé pour la construction d'un nouvel ordre mondial reposant sur le multilatéralisme, tout en dénonçant le nationalisme. Il a par ailleurs évoqué des thèmes comme l'écologie, la relation avec l'Iran ou encore les fake news. Le président français a conclu par un message dans la langue de Molière : «Vive les Etats-Unis [...] vive la République, vive la France, vive notre amitié !»



Plaidoyer pour le multilatéralisme 



Devant les parlementaires américains, Emmanuel Macron a longuement évoqué les relations historiques qui lient la France et les Etats-Unis, plaidant pour «des valeurs occidentales» face aux «nouvelles menaces», parmi lesquelles il a cité le terrorisme, mais également le nationalisme.




Les droits de l'homme sont la seule valeur pour construire ce nouvel ordre mondial




«Nous pouvons choisir l'isolement et le nationalisme [...] mais en fermant les portes au monde, nous ne l'empêcherons pas d'évoluer», a-t-il déclaré louant le rôle d'organisations internationales comme l'ONU et l'OTAN. «Personnellement je ne partage pas [...] toutes les illusions du nationalisme», a-t-il ajouté. 



«Les droits de l'homme sont la seule valeur pour construire ce nouvel ordre mondial», a-t-il martelé tout en appelant au renforcement du multilatéralisme.




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Economie, environnement : Emmanuel Macron appelle implicitement les Etats-Unis à changer de politique



Le locataire de l'Elysée a ensuite livré sa vision de ce que devrait être l'économie mondiale. «Une guerre commerciale [...] ne correspond pas à notre histoire, à notre implication commune en matière de sécurité», a-t-il affirmé. Une déclaration en forme de critique adressée à Donald Trump.




Je suis sûr qu’un jour les Etats-Unis reviendront vers nous et rejoindront l’accord de Paris




Autre sujet de divergence entre Paris et Washington, l'environnement a longuement été abordé par Emmanuel Macron. Ce dernier a appelé son homologue américain à réintégrer le cercle des pays qui ont signé l'accord sur le climat lors de la COP 21 : «Je suis sûr qu'un jour les Etats-Unis reviendront vers nous et rejoindront l’accord de Paris. Je suis sûr que nous pourrons travailler ensemble pour atteindre avec vous les ambitions du pacte sur l’environnement.»



Les Fake news au menu du prochain G7 ? 



Le chef de l'Etat est aussi revenu sur le phénomène des rumeurs ou fausses informations : «Pour protéger nos démocraties, nous devons lutter contre le virus grandissant des fake news, qui expose nos peuples à des peurs irrationnelles et à des risques imaginaires.»



«Et je voudrais attribuer un copyright pour [la notion de] fake news, particulièrement ici», a-t-il poursuivi, avant d'ajouter : «Lorsqu'on joue avec l'information, on vise les fondements de notre démocratie.»



«Je souhaite que cet élément soit au cœur du programme du G7, parce que cela menace nos droits et nos valeurs», a-t-il ajouté.



Nucléaire iranien : les positions de Paris et Washington de moins en moins éloignées 



Emmanuel Macron a enfin évoqué l'épineuse question du nucléaire iranien, assurant : «La France ne quittera pas l'accord sur le nucléaire iranien.» Il a ensuite ajouté que «l'Iran ne devra[it] jamais posséder l'arme nucléaire». 



La veille, en conférence de presse depuis Washington, le dirigeant français avait aussi affirmé qu'il souhaitait «travailler» avec Donald Trump sur un nouveau texte, le président américain ayant qualifié l'accord actuel d'«horrible».