Des p’tites natures au PLQ

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Le PLQ est peu habitué aux débats d'idées


Au Parti libéral du Québec, on découvre quelques députés, et non les moindres, dont l’épiderme politique est particulièrement mince. Des petites natures au PLQ ? Qui l’eût cru ? Et la course à la chefferie débute à peine...


Le clan de la candidate Dominique Anglade somme en effet déjà le clan de son adversaire Alexandre Cusson de ne plus se livrer à des « attaques personnelles ». Minute papillon. Des « attaques personnelles » ? Voyons donc.


Le problème, selon les pro-Anglade, est que la députée Marwah Rizqy, un des rares appuis de M. Cusson au caucus, aurait accusé Mme Anglade de verser dans le « déni » sur le sujet épineux de l’éthique. Rappelons que M. Cusson entend placer l’éthique au centre de sa campagne.


Mme Rizqy a donc rappelé une remarque de Mme Anglade, avouons-le, pour le moins étonnante : « Quand on se promène au Québec, personne ne nous parle d’éthique ». Très dur à croire. Le PLQ, on le sait, porte encore les stigmates de l’ère Charest en matière d’éthique. Le nier est un sport périlleux.


Stigmates


Ces stigmates sont tels que la publication d’extraits troublants de l’enquête Mâchurer sur le financement illégal du PLQ a obligé l’ex-premier ministre libéral Jean Charest à se désister de la course à la chefferie conservatrice pour laquelle il était pourtant fin prêt.


Dans un tel contexte, l’usage du mot « déni » pour qualifier le refus de le reconnaître ne constitue pas une « attaque personnelle ». C’est un constat. Point. Les députés Marie Montpetit et Carlos Leitao du clan Anglade ont néanmoins qualifié les remarques de Mme Rizqy d’« attaques personnelles ».


Surtout, ils lui ont demandé de changer de ton et de « faire preuve de retenue ». Or, ceci est une course à la chefferie. Qui plus est, jusqu’à maintenant, une course à deux. Qu’il y ait des désaccords et des critiques musclées entre candidats tombe sous le sens de l’exercice.


Les membres, après tout, devront choisir. Pour choisir, le choix doit être réel. Pour qu’il soit réel, les candidats doivent se distinguer. C’est la nature même de la joute. Ce qui se dit étant question de jugement et de mesure.


Séquelles


Parce qu’elles creusent des cicatrices profondes au sein d’un même parti, l’important est d’éviter les attaques perfides de nature véritablement personnelle. En cela, l’exemple le plus spectaculaire de ce qu’il ne faut PAS faire est sans nul doute le suivant.


En 2016, la course à la direction du PQ avait gravement dérapé. Le candidat Jean-François Lisée avait faussement lié son rival Alexandre Cloutier à l’appui non sollicité d’un imam hautement controversé. Le coup était pernicieux et les séquelles, douloureuses.


En comparaison, la sortie de Marwah Rizqy sent presque la rose. Les libéraux éliront leur nouvelle ou leur nouveau chef le 31 mai. D’ici là, au lieu de verser dans la censure maladroite face à la moindre critique venant d’un camp adverse, il serait sage de méditer les dures leçons du « moment » Lisée.